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L’Europe a rendez-vous avec son destin…Un excellent article de Jacques Sapir.
9 février 2015, 0 h 01 min
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Moscou, Munich et Minsk

8 février 2015

Par Jacques Sapir

 sapir

Le processus de négociations sur l’Ukraine, dont la visite à Moscou de Mme Merkel et de M. François Hollande le 6 février a été un épisode, est clairement appelé à continuer. Ces deux dirigeants ont prévu de se rencontrer, le mercredi 11 février, à Minsk avec le Président Poutine et le Président de l’Ukraine, M. Poroshenko. Les responsables des Républiques de Donetsk et de Lougansk seront aussi de la partie. On peut donc s’attendre à une négociation enfin sérieuse. Mais que la route est longue qui va de Moscou à Munich et de Munich à Minsk. Cette route nous renvoie aux pires moments de la Guerre Froide, que l’on croyait défunte.

Un parfum de guerre froide ?

Car c’est dans une situation très dégradée que cette négociation va s’engager. Pourtant, il est bon qu’elle s’engage. L’urgence humanitaire dans le Donbass l’exige, et la situation désespérée des troupes de Kiev l’impose. Mais, rien ne dit qu’elle aboutisse. Pour cela, il faudra que le Président Poroshenko fasse des concessions substantielles, qui pourraient le mettre en difficulté dès son retour à Kiev. Et rien ne dit qu’il soit de l’intérêt des Etats-Unis que les combats s’arrêtent.

Le Président François Hollande a dit, samedi 7 février à Tulle, une chose juste : la seule alternative serait la guerre, ou plus exactement la poursuite de cette guerre civile que Kiev camoufle sous le nom « d’Opération Anti-Terroristes ». On ne peut qu’adhérer à ce constat. Le sommet sur la sécurité, qui s’est tenu lui aussi le samedi 7 février à Munich, a cependant bien montré à quel point nous en sommes arrivés. Très clairement, une partie des journalistes américains et britanniques présents ont tout cherché pour ressusciter un climat de guerre froide. Dans une atmosphère délétère, faite d’accusations insensées, on a plus cherché à mettre la Russie en accusation qu’à avancer vers un accord. Le « show » pathétique du Président ukrainien, M. Poroshenko, agitant des « passeports » russes, a participé de cette atmosphère délétère. Pourtant, dans son allocution, le Ministre Russe des Affaires Etrangères, M. Sergueï Lavrov, a dit des choses importantes, qu’il faut écouter et surtout entendre, même si l’on ne partage pas son point de vue.

Autisme occidental.

Un des points qui ressort de cette conférence est l’autisme des dirigeants occidentaux au discours tenus par les responsables russes depuis 2007. La presse occidentale peut évoquer un soi-disant autisme de Vladimir Poutine. On sait bien qui, en réalité, se refuse à entendre l’autre. Vladimir Poutine s’est exprimé avec constance sur la désintégration du cadre de sécurité résultant de la politique américaine, telle qu’elle était menée depuis 1995-1996. Jamais on a pris ces propos au sérieux. La crise actuelle en résulte dans une large mesure.

La vision politique de l’environnement international du XXIème siècle qui caractérise Vladimir Poutine et ses conseillers est nettement plus pessimiste que celle de ses prédécesseurs. Elle tire le bilan de l’intervention de l’OTAN au Kosovo et de l’intervention américaine en Irak en 2003. Si l’on reprend son discours de Munich, prononcé le 10 février 2007, et qui est un document fondateur de la politique étrangère russe, on remarque qu’il y fait le constat suivant :

« Le monde unipolaire proposé après la guerre froide ne s’est pas non plus réalisé. Certes, l’histoire de l’humanité a connu des périodes d’unipolarité et d’aspiration à la domination mondiale. L’histoire de l’humanité en a vu de toutes sortes. Qu’est ce qu’un monde unipolaire? Malgré toutes les tentatives d’embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu’une seule chose: c’est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision. C’est le monde d’un unique maître, d’un unique souverain. En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu’au souverain lui-même, qui se détruira de l’intérieur.

  Bien entendu, cela n’a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c’est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité. A propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre. J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner: contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine ».

Ce pessimisme incite donc le pouvoir russe à prendre ses précautions et à se prémunir contre ce qu’il appelle « l’aventurisme » des Etats-Unis. Cela le conduit aussi à souhaiter une réhabilitation rapide des capacités technologiques et industrielles du secteur des industries à fort contenu technologique et de l’armement. En fait, de là date la priorité dont bénéficient ces secteurs. La politique économique devient alors pour une part déterminée par l’analyse de la situation internationale. Comme pour la Chine on peut constater ici aussi que les décisions économiques sont dictées par une analyse politique. En Russie aussi, depuis 2000, la politique est au poste de commandes. Il faudra bien un jour se résoudre à l’admettre.

L’urgence d’un réel cessez-le-feu.

Mais, pour l’instant, les esprits sont focalisés sur la négociation en cours. Il faut donc en comprendre les blocages, qu’ils soient immédiats ou de plus long terme. Le premier porte sur les conditions d’un cessez-le-feu dont l’urgence s’impose. L’idée de revenir aux accords de Minsk, si elle peut se comprendre d’un strict point de vue diplomatique, est absurde sur le terrain. Ces accords n’ont jamais été appliqués et ne pouvaient l’être. Les positions des forces insurgées… [Poursuivre la lecture]

Publié par : http://russeurope.hypotheses.org



ABM: l’Europe, première perdante du projet (Poutine)
25 novembre 2008, 8 h 21 min
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SAINT-PÉTERSBOURG, 24 novembre – RIA Novosti.

L’Europe sera la première perdante du déploiement du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, a estimé lundi à Saint-Pétersbourg le premier ministre russe Vladimir Poutine.

« On ne sait pas qui sortira vainqueur de ces actions, mais il est clair que le monde dans son ensemble et l’Europe en premier lieu vont perdre », a-t-il affirmé lors d’une conférence internationale sur le droit humanitaire.

« Quels que soient les arguments avancés par nos partenaires américains, ce projet vise à corrompre le potentiel stratégique de la Russie, et nous ne pouvons pas ne pas réagir de manière adéquate », a-t-il constaté.

Dans le même temps, M. Poutine a souligné que la Russie était prête à renoncer aux mesures de rétorsion si la nouvelle administration américaine s’abstenait de déployer le bouclier antimissile en Europe.

Les Etats-Unis envisagent de déployer en Europe de l’Est des éléments de leur bouclier antimissile pour parer à d’éventuelles attaques venant d’Iran ou de Corée du Nord. Ils comptent ainsi installer un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne. Moscou, se sentant menacé, a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers ce projet malgré les tentatives américaines pour rassurer la Russie.

Le 5 novembre, dans un message adressé à l’Assemblée fédérale (parlement), le président russe Dmitri Medvedev a dévoilé son plan de riposte, annonçant le déploiement de missiles de théâtre Iskander dans l’enclave de Kaliningrad, sur la mer Baltique coincée entre la Pologne et la Lituanie, et la mobilisation des moyens de lutte électronique en vue de neutraliser le bouclier antimissile américain.

Source : Novosti



Rivalités militaires en Asie La Chine affirme ses ambitions navales

Dans la fureur des bombardements caucasiens, les rapports internationaux semblent se redessiner : affirmation de la Russie, qui n’hésite plus à montrer ses muscles, discours martiaux de l’administration de M. George W. Bush mais incapacité à prêter main-forte aux dirigeants géorgiens (lire « Quand les “grands” jouent en Ossétie »), velléités de l’Union européenne de jouer un rôle dans cette crise… Pourtant, les grands équilibres géopolitiques ne se modifient que lentement. Malgré leurs difficultés en Irak et en Afghanistan, les Etats-Unis conservent des capacités militaires bien supérieures à celles du reste du monde. C’est particulièrement vrai dans le domaine naval (lire « Les présidents changent, l’empire américain demeure »). Mais, là encore, ils doivent désormais compter avec d’autres acteurs, dont la Chine, qui a intégré le club très fermé des huit pays possédant les plus grandes flottes mondiales. Quel contraste avec les années 1950, où seule une aide de l’Union soviétique permit à Pékin de faire renaître une petite marine côtière ! La Chine, puissance continentale autocentrée depuis des millénaires, se métamorphose-t-elle pour autant en thalassocratie globale, comme l’annoncent les rapports américains ?

Par Olivier Zajec

Produite par la Télévision centrale de Chine (China Central Television, CCTV), une série documentaire a connu un succès retentissant en Chine, en 2006 : Daguo Juequi (« L’ascension des grandes puissances ») (1). S’appuyant sur des entretiens menés avec des historiens et des dirigeants internationaux (dont l’ex-président français Valéry Giscard d’Estaing), et suffisamment rigoureuse pour avoir été diffusée Lire la suite



Considérable bouleversement discrètement en cours (lu sur dedefensa.org)

Considérable bouleversement discrètement en cours

14 novembre 2008 — Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington…

Voici la réponse de Medvedev:

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

Nos lecteurs comprendront aussitôt que l’intérêt principal de cette réponse, pour nous, est, plus que dans le contenu des propositions de Medvedev, cette précision concernant ces mêmes propositions, qui nous paraît essentielle: «…je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise.» Cette idée de coopération et de proximité de pensée démontrée par la nécessité de cette coopération a été confirmée par le même Medvedev hier à son arrivée à Nice, pour le sommet Russie-UE. Il a estimé que la Russie et l’Union européenne allaient pouvoir «parler d’une seule voix» au sommet de ce week-end, aux USA, sur la crise financière. (Egalement, cette déclaration du n°2 du ministère Lire la suite




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