Electronx's Blog


« L’explosion de la dette mondiale ! »
10 février 2015, 6 h 00 min
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Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Voici une petite photo illustrant comment dire… l’endettement mondial officiel, car il y a également tout ce qui n’est pas comptabilisé ou mis « hors bilan »!!

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Le crépuscule du dollar, par Robert Fisk
7 octobre 2009, 19 h 54 min
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Le grand reporter Robert Fisk, correspondant de The Independent au Moyen Orient depuis de nombreuses années, fait état de réunions « secrètes » rassemblant les pays du Golfe, les BRIC, le Japon – mais aussi la France, selon lui – afin de définir un nouveau système de facturation pétrolière abandonnant le dollar comme monnaie de référence. Publié hier, cet article a provoqué une certaine nervosité sur les marchés des changes et de l’or, bien que de nombreuses informations reprises ici soient déjà du domaine public. Si la date limite prévue pour la mise en œuvre de cette nouvelle règle du jeu pétrolière est encore éloignée de neuf ans – autant dire une éternité pour les marchés spéculatifs – ces informations viennent cependant renforcer un sentiment général largement partagé. Le mouvement de dédollarisation, que tous les pays frappés par la crise financière « Made in USA » considèrent désormais comme une protection indispensable, est bel et bien engagé. Et les USA vont voir se déliter peu à peu l’ « exorbitant privilège » qui leur permettait de régler leurs déficits sans autre contrepartie que du papier vert.

Par Robert Fisk, The Independent, 6 octobre 2009

Les pays Arabes du Golfe Persique planifient – avec la Chine, la Russie, le Japon et la France – de mettre fin à la facturation du pétrole en dollars, et vont utiliser à la place un panier de monnaies, dont le yen japonais et le yuan chinois, l’euro, l’or et la nouvelle devise commune que doivent adopter les nations appartenant au Conseil de Coopération du Golfe, incluant l’Arabie Saoudite, Abu Dhabi, le Koweït et le Qatar. C’est là un tournant majeur sur le plan financier pour le Moyen Orient.

Des réunions secrètes ont déjà eu lieu, auxquelles participaient les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de Russie, de Chine, du Japon et du Brésil, afin d’élaborer ce projet qui aura pour conséquence que le cours du pétrole ne sera plus exprimé en dollars.

Ces plans, confirmés à The Independent par des sources des milieux bancaires du Golfe et de Hong Kong, pourraient expliquer la hausse soudaine du cours de l’or, mais ils annoncent également une transformation en profondeur sur le marché du dollar dans les neuf ans à venir.

Les Américains, qui savent que des réunions ont eu lieu – bien qu’ils n’aient pas encore appris les détails – vont sûrement lutter contre ces manoeuvres internationales auxquelles participent des alliés jusque-là fidèles comme le Japon et les pays Arabes du Golfe. Parallèlement à ces rencontres, Sun Bigan, l’ancien envoyé spécial chinois au Moyen-Orient, a mis en garde contre le risque d’aggraver les différends entre la Chine et les Etats-Unis dans leur Lire la suite



Daniele Ganser : « Le président Sarkozy a accepté la domination des États-Unis » par Sandro Cruz
5 avril 2009, 4 h 06 min
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Alors que l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’OTAN le 1er avril 2009 et que l’Alliance célèbrera son soixantenaire à Kehl, les 3 et 4 avril, le Réseau Voltaire a demandé au professeur Daniele Ganser son appréciation de cette organisation. Pour ce spécialiste mondialement reconnu de l’histoire de l’OTAN, l’Alliance n’a plus de vocation défensive depuis la fin de l’URSS et se résume désormais à la suzeraineté états-unienne sur l’Europe.

Présentation du Professeur Ganser :

Historien suisse spécialisé dans l’histoire contemporaine et les relations internationales depuis 1945, Daniele Ganser enseigne à l’université de Bâle. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence sur les réseaux Stay-Behind, Les Armées secrètes de l’OTAN, disponible en de nombreuses langues dont le français. Ses travaux actuels portent sur la prétendue « guerre contre la terreur » et le pic pétrolier. Il a été nvité à maintes reprises par le Parlement et la télévision nationale suisses pour partager son expertise en matière de politiques étrangère et de sécurité.Question : Professeur Ganser, la France vient de réintégrer officiellement le commandement militaire de l’OTAN après plus de 40 ans d’absence. Charles de Gaulle avait pris la décision de retirer son pays de l’organisation en mars 1966 au début de la Guerre froide. Le général avait du reste protesté non pas contre l’OTAN, mais contre la domination des États-Unis en son sein, c’est à dire qu’il ne voulait pas mettre les forces armées françaises sous la direction d’un général US.
Comment analysez-vous ce retour de la France dans l’OTAN et que se cache-t-il derrière, car l’OTAN est toujours un instrument de la domination militaire états-unienne ?

Daniel Ganser : Pour moi, c’est un signe que la France, ou au moins le président Sarkozy et la majorité du parlement français, ont accepté la domination des États-Unis dans les affaires du monde et de l’OTAN en particulier. Je ne saurais me prononcer à propos de la population française, si elle apprécie cette position dominante des États-Unis, ou si elle est prête à accepter une telle position de subordination, mais je sais que la population Suisse n’accepterait pas cela [1].

Cela me fait penser à la bande dessinée d’Astérix et Obélix. Pour suivre cette métaphore, M. Sarkozy a maintenant Lire la suite



Un plan Geithner désespérant, par Paul Krugman
23 mars 2009, 19 h 27 min
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« Quel terrible gâchis ! » Commentant le plan Geithner, Krugman ne dissimule ni sa colère ni sa déception. Voici pourquoi : en se refusant à prendre le contrôle du système bancaire pour solder les comptes et répartir les pertes entre actionnaires et créanciers des banques, le gouvernement américain est dans l’impasse. Pour débarrasser les banques de leurs actifs douteux, préalable indispensable à la reprise de l’activité du crédit, sans pour autant les condamner à la faillite, ne reste alors que la solution de surpayer ce mauvais papier. A cette fin, le plan Geithner offre aux candidats au rachat de ce papier un modèle de financement les mettant à l’abri de tout risque de perte. Face, ils gagnent, pile le contribuable perd. Parfaitement immoral, puisqu’au nom de l’impératif du maintien des structures, il conduit à absoudre les responsables du désastre, ce plan est par ailleurs sans doute promis à l’échec pour plusieurs raisons. D’une part à cause de la masse des créances douteuses, qui va croissante au fur et à mesure que la crise s’aggrave et excède chaque jour un peu plus la capacité du budget américain, c’est à dire la crédibilité de la devise US. D’autre part il ne restaurera pas la confiance dans le système bancaire, parce qu’il laisse en place à la tête des établissements des équipes dirigeantes discréditées qui ont fait preuve de leur incompétence mais qui, fortes du soutien implicite des mécanismes mis en place, pourront se livrer à tous les paris les plus dangereux dans l’espoir de forcer le destin – sans même parler de la tentation de se servir à pleines mains tant que l’occasion leur en est encore offerte.

Par Paul Krugman, 21 mars

Les détails du plan Geithner ont été révélés par la presse. C’est exactement le type de plan qui avait été largement analysé il y a quelques semaines – et laissait à désirer. La logique des zombies a prévalu.

L’administration Obama fait maintenant sienne l’idée selon laquelle il n’y aurait fondamentalement aucun problème dans le système financier – que ce que à quoi nous sommes confrontés serait l’équivalent d’une panique bancaire pour un établissement tout à fait sain. Pour reprendre la formule de Tim Duy, il n’y aurait pas d’actifs douteux, simplement des actifs « incompris », mal évalués. Et si nous parvenions à faire comprendre aux investisseurs ce que sont réellement ces actifs jugés douteux, c’est à dire pourvus d’une valeur bien supérieure à ce que quiconque est prêt Lire la suite



Chaos préparatoire, éventuellement prémonitoire
17 mars 2009, 0 h 17 min
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14 mars 2009 — Les ministres (du trésor) se réunissent pour préparer le G20. En effet, le G20 est pour bientôt, deux grosses semaines. Les nouvelles ne sont pas exaltantes; de sérieuses oppositions existent, voire se renforcent, notamment entre les USA et les Européens, au sein de cette belle “famille occidentale”. En plus, de petits incidents malheureux alourdissent l’atmosphère. Gordon Brown se débat comme un beau diable pour faire de “son” G20 une réussite, ou, au moins, une apparence de réussite, de façon à se renforcer, au moins, chez lui, à Londres.

Les dernières nouvelles confirment ces appréciations générales pour le moins sceptiques, parfois crépusculaires puisque c’est le sort du monde qui est en jeu, indeed. Les Américains ne semblent pas s’intéresser vraiment aux ambitions de Gordon Brown de sauver le monde par l’intermédiaire de cette réunion du G20 qu’il prépare. Voici ce qu’en dit, en quelques mots, The Independent du 14 mars: «Gordon Brown’s hopes of hammering out a detailed rescue plan for the global economy are fading… […] The growing list of problems facing the Prime Minister were underlined when the White House appeared to write off the prospect of achieving a concrete deal at the summit. President Barack Obama’s spokesman, Robert Gibbs, predicted: “We are not going to negotiate some specific economic percentage or commitment.”»

Pour le reste, pour ce qui a chaotiquement précédé, un excellent article du Financial Times, du 13 mars, fait l’affaire. Il nous résume la situation tactique, c’est-à-dire un chaos Lire la suite



Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale
2 mars 2009, 20 h 51 min
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– Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) –

Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d’accélération, d’impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu’à aujourd’hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l’incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d’un an à en traiter les conséquences au lieu de s’attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l’ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l’ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les Lire la suite



Hervé Kempf : « Ce que nous vivons n’est pas la crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. »

Ce sont deux livres en forme de constats sans appel, certitude que notre monde est mort et qu’il s’agit d’en construire un nouveau. Deux ouvrages analysant les contradictions sociales et écologiques d’un capitalisme qui, à force d’invoquer la croissance et la consommation, sombre et disparaît. Avec « Comment les riches détruisent la planète » et « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », Hervé Kempf signe la plus belles des épitaphes à un système moribond. Il en parle ici.

« Le capitalisme est le racket légitime organisé par la classe dominante. »
Al Capone, cité par Hervé Kempf.

[1]

Prophète des temps modernes, il écrivait fin 2006 :

« Résumons. Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. Les amorces possibles pourraient s’allumer dans l’économie arrivant à saturation et se heurtant aux limites de la biosphère :

  • Un arrêt de la croissance de l’économie américaine, minée par ses trois déficits géants – de la balance commerciale, du budget, de l’endettement interne. Comme un toxicomane qui ne tient debout qu’à doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, titubent avant l’affaissement ;
  • Un fort freinage de la croissance chinoise – sachant qu’il est impossible qu’elle tienne très durablement à un rythme de croissance annuel très élevé. »

Touché-coulé. Mais si ce n’était que cela, sentir venir le froid de la crise et savoir l’annoncer au détour de quelques pages… Hervé Kempf ne serait qu’un analyste de plus, heureusement tombé juste quand tous se plantaient. Intérêt limité.
L’ambition de l’auteur est heureusement beaucoup plus large. En deux ouvrages incroyablement percutants, viatiques publiés à deux années de différence, l’homme se paye le luxe d’étendre le capitalisme pour le compte, KO debout et laissé pour mort dans un coin du ring. Rien de moins.

Reprenons. L’auteur est spécialiste des questions environnementales, infatigable contempteur des errements environnementaux de notre société depuis la catastrophe de Tchernobyl. Journaliste au Monde et tenancier du site Reporterre, il a publié en janvier 2007 Comment les riches détruisent la planète [2],  livre aussi bref que dense, liant les crises sociales et écologiques pour mieux illustrer l’échec du capitalisme. A grands renforts de chiffres, d’extraits de lecture et d’impressions de voyages et de reportages, il démontre mieux que nul autre l’impasse du système, incapable d’assurer à tous un juste développement comme de garantir la survie des générations futures. Devenu fou, le capitalisme court à sa perte, détruit les citoyens comme il dévore la biosphère, ne profitant qu’à quelques-uns, cette « oligarchie » qui « n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie ». Désastre ? Non : en digne représentant de la mouvance altermondialiste – courant de pensée trop vite enterré et qui revient au pas de charge à la faveur de la crise – , Hervé Kempf chante les alternatives, appelle au sursaut citoyen, veut croire à notre capacité à changer le monde. Et nous aussi.

L’espoir ? Il s’affine dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, paru il y a quelques jours [3].  S’il revient sur le champ de ruine laissé par le capitalisme, monde sans valeurs – sinon celles d’un individu se croyant tellement roi qu’il ne voit plus combien il est seul et sa vie sans intérêt – et sans avenir, s’il réduit à néant le mirage de la croissance verte – cautère sur une jambe de bois qui voudrait nous faire croire qu’on peut sauver le monde sans en bouleverser ses assises – , s’il affirme toujours combien l’urgence de la crise écologique ne nous laisse d’autre choix que de modifier profondément notre rapport à la consommation, Hervé Kempf ne cède ni au catastrophisme ni au pessimisme. Au contraire : il donne à voir combien les prochaines années, celles de la construction des alternatives, seront aussi exaltantes que dangereuses. Un immense enjeu.

« Est-il possible d’aller vers la sobriété sans passer par des secousses violentes ? Pouvons-nous éviter que les gouvernements capitalistes imposent une réponse autoritaire en tentant une ’relance’ aussi dommageable écologiquement qu’inutile ? Je ne sais pas. Face aux sombres perspectives, l’heure des hommes et des femmes de coeur, capables de faire luire les lumières de l’avenir, a sonné. »

Ces deux livres, chacun devrait s’y plonger tant ils sont implacables, efficaces, aussi synthétiques que faciles d’accès. Et puis aussi – tant qu’on y est – , lire cet entretien qu’Hervé Kempf nous a accordé, voici quelques semaines, dans un café de Nation. Hop :

Comment les riches détruisent la planète est sorti en janvier 2007. Avec clairvoyance, vous y annonciez en filigrane la crise à venir. Les faits vous ont donné raison…

Entre autres… Mais je voudrais d’abord revenir sur le mot crise. C’est un terme qui laisse à penser que nous devons passer un mauvais moment avant de retrouver l’équilibre dans le système actuel. Ce n’est pas le cas et il faut essayer de ne pas utiliser ce mot : ce que nous vivons n’est pas qu’une crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. Ce n’est pas la crise financière de 1929, ni celle de 1987 ou de 1998, ni la bulle spéculative de 2000… ces comparaisons laissent penser qu’aujourd’hui aussi, le système, après avoir tangué, se rétablira presqu’inchangé. Mais il faut au contraire considérer la situation que nous vivons comme la manifestation Lire la suite