Electronx's Blog


Lettre ouverte aux spectateurs citoyens
10 avril 2009, 20 h 39 min
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Des artistes s’élèvent contre la loi Création et Internet, qu’ils jugent purement répressive, et appelent à un changement des mentalités.

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Par Chantal Akerman, Christophe Honoré, Jean-Pierre Limosin, Zina Modiano, Gaël Morel, Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Yann Gonzalez, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni, Agathe Berman et Paulo Branco.

Artistes et producteurs engagés, nous nous sommes dévoués tout au long de notre carrière à la promotion d’un cinéma différent, un cinéma ouvert et exigeant.

Vous avez fait vivre nos œuvres, les portant, les reconnaissant ou les rejetant. Tout au long de notre carrière, nous avons poursuivi la même ambition  : diffuser notre travail et le partager avec vous. Tout au long de notre carrière, mille obstacles se sont présentés à nous, qu’ils aient été techniques, matériels ou économiques.

Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre une révolution numérique qui nous permettra, dans un futur très proche, de lever nombre de ces obstacles et d’ouvrir notre cinéma à toutes et à tous.

Aujourd’hui, certains craignent cette révolution et craignent pour leur monopole. La loi Création et Internet répond à une angoisse légitime, que nous partageons  : celle de voir les œuvres dévalorisées et ­dégradées par leur diffusion piratée sur ­Internet.

Pourtant, cette loi, qui prétend se poser en défenseur de la création, ne fait qu’instaurer un mécanisme de sanctions à la constitutionnalité douteuse et au fonctionnement fumeux.

Fruit d’un lobbying massif, fondée sur la présomption de culpabilité, la loi Création et Internet crée l’Hadopi, une haute autorité contrôlée par l’exécutif et qui pourra, sans qu’aucune preuve fiable ne soit apportée et sans qu’aucun recours gracieux ne soit possible, couper durant une durée extensible à l’infini la connexion Internet d’un usager.

Pis, et contrairement à ce qui a été écrit ici et là, aucune disposition législative ne prévoit que cette procédure se substitue aux pour­suites pénales et civiles, faisant de la double peine une réalité envisageable.

Alors que le Parlement européen vient, pour la troisième fois en quelques mois et à la quasi-unanimité, de qualifier l’accès à Internet de droit fondamental, alors qu’aux Etats-Unis le modèle de riposte « graduée » se fissure et que le reste du monde met l’accent sur la poursuite de ceux qui font commerce du piratage, le gouvernement français s’obstine à voir dans les utilisateurs, dans les spectateurs, des enfants immatures à l’origine de tous les maux de l’industrie ­cinématographique.

Démagogique, techniquement inappli­cable, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive, cette loi est aussi un rendez-vous manqué. Ne prévoyant aucune forme de rétribution nouvelle Lire la suite



Wii Speak : Nintendo invente l’accessoire avec DRM
18 novembre 2008, 19 h 17 min
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Guillaume Champeau – publié le Mardi 18 Novembre 2008 à 11h58 sur http://www.numerama.com/

On connaissait les DRM sur les jeux vidéo, déjà détestés des joueurs. Nintendo invente les DRM sur les accessoires. Le micro Wii Speak qui permet de discuter de vive voix avec ses amis et adversaires sur la console de Nintendo est en effet fourni avec une clé unique qui permet de télécharger la chaîne Wii Speak. Sans cette clé de 16 caractères, il n’est pas possible d’installer la chaîne. Or le code fourni avec l’accessoire n’est accepté qu’une seule fois.

Il n’est donc pas possible d’installer à nouveau la chaîne Wii Speak sur une autre console avec le même code, ce qui rend la revente de l’accessoire peu attractive pour le marché de l’occasion. Toutefois le problème se limite pour le moment à la seule chaîne Wii Speak, qui permet aux joueurs de se rassembler pour discuter en dehors des sessions de jeu. Le jeu Animal Crossing sur la Wii, qui exploite le microphone, n’exige pas le code pour autoriser l’utilisation de l’accessoire.

Nintendo ouvre cependant la boîte de Pandore, et pourrait donner des idées aux éditeurs de jeux comme Guitar Hero ou Rock Band, qui exigent des accessoires coûteux. Sous prétexte de lutter contre le piratage, les éditeurs pourraient associer un accessoire matériel impossible à reproduire à une copie du jeu qui deviendrait inutilisable sans son accessoire… invendable d’occasion.

Ce ne serait pas le premier coup porté au marché de l’occasion puisque déjà l’ensemble des jeux pour PC de la gamme Games for Windows sont fournis avec un code unique qui, concrètement, interdit leur revente dans les grandes chaînes de jeux d’occasion traditionnelles (Micromania, Game, …). De même, la volonté des éditeurs de dématérialiser les jeux vidéo pour les vendre sous forme de téléchargement sous DRM participe à cette destruction progressive du marché du jeu vidéo d’occasion. Il faudra toutefois trouver un équilibre pour que la diminution du nombre de jeux vidéo d’occasion n’entraîne pas, mécaniquement, une diminution du nombre de jeux neufs écoulés.

Comme pour les voitures neuves dont les ventes sont dynamisées par l’existence d’un marché de seconde main organisé par les concessionnaires eux-mêmes, le marché du jeu vidéo ne se développera que s’il existe pour le joueur la possibilité de revendre à moins cher les jeux qu’il a acheté au prix fort.