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Konrad Lorenz
2 décembre 2008, 13 h 35 min
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Konrad Lorenz

Éthologiste autrichien.

Konrad Lorenz aura été l’un des savants les plus aimés de son siècle. Parce qu’il savait parler aux gens comme il savait parler avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, (c’est le titre de l’un de ses livres les plus célèbres). Parce qu’à la fin de sa vie, il a complété les observations et les analyses du savant par les réflexions d’un sage, mais peut-être, avant tout, parce qu’on le représentait toujours en pleine nature, penché sur une nichée d’oies sauvages ou jouant avec des choucas. Le public ne pouvait qu’être rassuré par cette image d’un grand biologiste si manifestement intéressé par les manifestations concrètes de la vie.

Dans la vie d’un tel chercheur, la science est une présence amicale et, inversement, les petits gestes de l’existence quotidienne ont une coloration qui les rattache au monde de la science. Lorenz arrivait souvent avec quelques minutes de retard à ses cours de l’Institut Max Planck. Ce trajet, qu’il faisait à pied bien sûr, était un sentier de la vie. Tel matin il prolongeait sa conversation avec la boulangère, tel autre matin son attention était retenue par un écureuil. Route sinueuse! Les êtres vivants ignorent la ligne droite. Il n’y a qu’à voir la forme des raccourcis que les gens adoptent spontanément dans les parcs.

Ayant étudié la carte de la ville de Munich, les étudiants de Lorenz proposèrent au maître un trajet plus rationnel, comportant moins de points de vie. Lorenz respecta l’horaire, mais ce fut pour son malheur et celui des étudiants: il devint de plus en plus maussade jusqu’à ce qu’il revienne à son premier trajet. Il venait de vivre ce qu’il avait si souvent observé chez ses oies.
Lorenz s’est beaucoup intéressé aux comportements sociaux des animaux, aux rites plus particulièrement. Il a ainsi appris que l’oie sauvage, son animal préféré, peut tomber en dépression si on modifie une seule de ses habitudes, fût-elle insignifiante et inutile en apparence. Quand les rites ont une signification manifeste pour l’individu et une grande importance pour l’espèce, en être privé est pour l’oie une mort avant la mort.

Ainsi en est-il des rites d’accouplement chez les oiseaux et en particulier chez les oies, dont la fidélité en amour est exemplaire. Une oie cendrée privée de cérémonial tombe en dépression.

Respecter des rites, n’est-ce pas essentiel aussi chez les humains? N’est-ce pas le signe distinctif des civilisations et des institutions vivantes? Que devient la conversation sans les Lire la suite

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