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La justice donne raison à l’homme qui accuse la Française des jeux de tricherie
26 novembre 2008, 22 h 21 min
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Selon Robert Riblet, il n'existe qu'un seul "gros lot" par rouleau de 150 tickets à gratter. Une fois ce ticket vendu, les suivants sont perdants à coup sûr, ce qui induit une discrimination entre joueurs.

AFP/LOIC VENANCE

Selon Robert Riblet, il n’existe qu’un seul gros lot par rouleau de 150 tickets à gratter. Une fois ce ticket vendu, les suivants sont perdants à coup sûr.

La Française des jeux (FDJ) a perdu, mercredi 26 novembre, le procès en diffamation qu’elle avait intenté à Robert Riblet, un ingénieur à la retraite qui dénonce le manque d’intégrité des jeux de grattage en France. En quelques années, ce sexagénaire est devenu le cauchemar de la FDJ. Selon lui, l’opérateur n’aurait pas hésité à lui proposer 450 000 euros pour acheter son silence, ce que la FDJ dément. L’histoire est d’autant plus sérieuse pour la FDJ qu’une instruction est en cours à Nanterre pour « escroquerie et abus de confiance », à la suite d’une plainte de M. Riblet.

A Paris, le retraité était poursuivi pour avoir déclaré en février 2006, sur Europe 1 ainsi que dans des entretiens au Journal du dimanche (JDD) et à 20 Minutes, que les joueurs étaient « victimes de discriminations », certains d’entre eux « grattant parfois sans avoir aucune chance de gagner ». A ses yeux, la Française des jeux est responsable d’une « tricherie organisée ». Jugeant ces propos « diffamatoires » et « blessants à l’égard des neuf cents collaborateurs, trente-neuf mille détaillants et vingt-neuf millions de joueurs » de France, la FDJ avait assigné M. Riblet en justice.

UN GROS LOT PAR CARNET DE 150 TICKETS

Mercredi, la 17e chambre correctionnelle a relaxé M. Riblet, tant dans le dossier Europe 1 que dans le dossier JDD et 20 Minutes. Le tribunal lui a accordé le bénéfice de la bonne foi, estimant que le propos, « pour vif qu’il soit, ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d’expression dans une telle controverse ». Le tribunal relève même que l’ensemble des éléments de preuve apportés par M. Riblet « confère un assez large crédit aux faits objectifs » qu’il a relevés.

Selon Robert Riblet, dans chaque carnet de tickets, dont la valeur totale est de 150 euros, il y a environ 50 euros (soit environ un tiers) de petits lots afin de maintenir l’addiction des joueurs, les deux tiers restant étant perdants. M. Riblet reproche ainsi à la FDJ de court-circuiter le hasard en proposant des gains qui n’ont rien d’aléatoire. Lors de l’audience du 22 octobre, deux buralistes ont témoigné avoir constaté que seul un lot significatif était présent par livret. Certains accros du jeu au courant de la faille – voire certains buralistes – augmentaient ainsi leurs chances de gagner en ne piochant que dans les livrets n’ayant pas encore fourni le précieux ticket. A l’inverse, une fois le gros lot du carnet parti, les clients suivants n’auraient plus la moindre chance de toucher un gain important jusqu’à épuisement du rouleau.

En 2007, les jeux de grattage ont représenté 36 % du chiffre d’affaires de la FDJ, soit 3,441 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires global de 9,306 milliards d’euros. Contactée, la Française des jeux n’avait pas encore réagi mercredi en fin d’après-midi.

Source : lemonde.fr



Wii Speak : Nintendo invente l’accessoire avec DRM
18 novembre 2008, 19 h 17 min
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Guillaume Champeau – publié le Mardi 18 Novembre 2008 à 11h58 sur http://www.numerama.com/

On connaissait les DRM sur les jeux vidéo, déjà détestés des joueurs. Nintendo invente les DRM sur les accessoires. Le micro Wii Speak qui permet de discuter de vive voix avec ses amis et adversaires sur la console de Nintendo est en effet fourni avec une clé unique qui permet de télécharger la chaîne Wii Speak. Sans cette clé de 16 caractères, il n’est pas possible d’installer la chaîne. Or le code fourni avec l’accessoire n’est accepté qu’une seule fois.

Il n’est donc pas possible d’installer à nouveau la chaîne Wii Speak sur une autre console avec le même code, ce qui rend la revente de l’accessoire peu attractive pour le marché de l’occasion. Toutefois le problème se limite pour le moment à la seule chaîne Wii Speak, qui permet aux joueurs de se rassembler pour discuter en dehors des sessions de jeu. Le jeu Animal Crossing sur la Wii, qui exploite le microphone, n’exige pas le code pour autoriser l’utilisation de l’accessoire.

Nintendo ouvre cependant la boîte de Pandore, et pourrait donner des idées aux éditeurs de jeux comme Guitar Hero ou Rock Band, qui exigent des accessoires coûteux. Sous prétexte de lutter contre le piratage, les éditeurs pourraient associer un accessoire matériel impossible à reproduire à une copie du jeu qui deviendrait inutilisable sans son accessoire… invendable d’occasion.

Ce ne serait pas le premier coup porté au marché de l’occasion puisque déjà l’ensemble des jeux pour PC de la gamme Games for Windows sont fournis avec un code unique qui, concrètement, interdit leur revente dans les grandes chaînes de jeux d’occasion traditionnelles (Micromania, Game, …). De même, la volonté des éditeurs de dématérialiser les jeux vidéo pour les vendre sous forme de téléchargement sous DRM participe à cette destruction progressive du marché du jeu vidéo d’occasion. Il faudra toutefois trouver un équilibre pour que la diminution du nombre de jeux vidéo d’occasion n’entraîne pas, mécaniquement, une diminution du nombre de jeux neufs écoulés.

Comme pour les voitures neuves dont les ventes sont dynamisées par l’existence d’un marché de seconde main organisé par les concessionnaires eux-mêmes, le marché du jeu vidéo ne se développera que s’il existe pour le joueur la possibilité de revendre à moins cher les jeux qu’il a acheté au prix fort.