Electronx's Blog


Fin de parcours
18 avril 2009, 3 h 25 min
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16 avril 2009 — William S. Lind nous est connu. Il fait partie d’un groupe de stratèges essentiellement US dont le réformisme radical conduirait plutôt, pour une définition, au mot de “révolutionnaire”. C’est un des paradoxes où conduit le contexte actuel de crise du système, qui conjugue lui-même le paradoxe central d’être une crise systémique fondamentale caractérisée par la paralysie et l’enfermement; paradoxe complet puisqu’une crise, qui devrait donner le mouvement très rapide et désordonné jusqu’au mouvement du désordre complet qu’est l’hystérie, est ici définie par son exact contraire: l’immobilisme jusqu’à la paralysie. Fort logiquement, William Lind est conduit à être un “réformiste révolutionnaire”, – une expression qui est presque un oxymore de type politique, – dont l’enseignement n’a aucune chance d’être entendu bien qu’il soit notablement écouté.

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Dans un article (ce 15 avril 2009, sur Defense & the National Interest, ce 16 avril 2009 sur Antiwar.com), qui est le 300ème d’une série de commentaires qu’il a baptisée “On War”, Lind fait une sorte de bilan en s’essayant à une sorte de prospective.

Il nous parle donc des générations successives de la guerre, jusqu’à sa fameuse “guerre de 4ème génération” (G4G). La définition de la G4G est en constante évolution et devrait finalement s’avérer, à notre sens, comme le type de guerre caractérisant la crise systémique en cours, ou crise de notre civilisation; c’est-à-dire, la “guerre” (guillemets ô combien nécessaires) caractérisant la résistance des situations et des dynamiques structurantes contre l’action des forces déstructurantes, qui est la marque de l’activisme prédateur du système. Dans ce cadre, l’enjeu est la légitimité et non la “victoire”, – un de ces termes militaires qui, avec l’autre terme militaire de “défaite”, est en train de se vider totalement de sa substance, – ou mieux encore, ou pire c’est selon, un terme qui est d’ores et déjà totalement vidé de sa substance avec une crise qui interdit désormais de raisonner en termes de conquête, de compétitions et d’affrontements identifiés.

(On pourrait dire que si tel ou tel dirigeant, – Obama pour ne pas le nommer puisque cette référence est actuellement à l’esprit de tous, après d’autres et peut-être avant une autre, – se révoltait d’une façon ou l’autre contre le système, s’il tentait de devenir un “American Gorbatchev” pour suivre notre suggestion, il s’agirait selon notre interprétation d’une phase caractéristique de la G4G. On comprend bien les enjeux: cela n’impliquerait nullement une “victoire”, – Gorbatchev a échoué par rapport à ce qu’il voulait réaliser; peu nous importerait “victoire” ou “défaite” de l’homme, de ses idées, de ses conceptions, etc.; il nous importe seulement de savoir si son acte, voulu ou pas, volontaire ou non qu’importe, participerait ou non, d’une manière importante, voire décisive, à la poussée décisive vers la déstabilisation et la déstructuration du système. Dans ce cas, l’homme aurait, par inadvertance, contribué à une dynamique qui lui est vastement supérieur. C’est ce qu’il faut attendre et espérer d’Obama, et nullement qu’il “sauve” le système, – avec FDR, on a déjà donné, et l’on voit le résultat…)

Quelle est la perspective de Lind? Pour lui, l’establishment US, qui est au cœur de la crise, sinon le cœur même de la crise par sa position de serviteur privilégié du système, n’a aucune chance ni aucune volonté de changer. L’observation de Lind emprunte aux termes militaires qu’il affectionne, mais nous croyons qu’il ne faut les Lire la suite



Daniele Ganser : « Le président Sarkozy a accepté la domination des États-Unis » par Sandro Cruz
5 avril 2009, 4 h 06 min
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Alors que l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’OTAN le 1er avril 2009 et que l’Alliance célèbrera son soixantenaire à Kehl, les 3 et 4 avril, le Réseau Voltaire a demandé au professeur Daniele Ganser son appréciation de cette organisation. Pour ce spécialiste mondialement reconnu de l’histoire de l’OTAN, l’Alliance n’a plus de vocation défensive depuis la fin de l’URSS et se résume désormais à la suzeraineté états-unienne sur l’Europe.

Présentation du Professeur Ganser :

Historien suisse spécialisé dans l’histoire contemporaine et les relations internationales depuis 1945, Daniele Ganser enseigne à l’université de Bâle. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence sur les réseaux Stay-Behind, Les Armées secrètes de l’OTAN, disponible en de nombreuses langues dont le français. Ses travaux actuels portent sur la prétendue « guerre contre la terreur » et le pic pétrolier. Il a été nvité à maintes reprises par le Parlement et la télévision nationale suisses pour partager son expertise en matière de politiques étrangère et de sécurité.Question : Professeur Ganser, la France vient de réintégrer officiellement le commandement militaire de l’OTAN après plus de 40 ans d’absence. Charles de Gaulle avait pris la décision de retirer son pays de l’organisation en mars 1966 au début de la Guerre froide. Le général avait du reste protesté non pas contre l’OTAN, mais contre la domination des États-Unis en son sein, c’est à dire qu’il ne voulait pas mettre les forces armées françaises sous la direction d’un général US.
Comment analysez-vous ce retour de la France dans l’OTAN et que se cache-t-il derrière, car l’OTAN est toujours un instrument de la domination militaire états-unienne ?

Daniel Ganser : Pour moi, c’est un signe que la France, ou au moins le président Sarkozy et la majorité du parlement français, ont accepté la domination des États-Unis dans les affaires du monde et de l’OTAN en particulier. Je ne saurais me prononcer à propos de la population française, si elle apprécie cette position dominante des États-Unis, ou si elle est prête à accepter une telle position de subordination, mais je sais que la population Suisse n’accepterait pas cela [1].

Cela me fait penser à la bande dessinée d’Astérix et Obélix. Pour suivre cette métaphore, M. Sarkozy a maintenant Lire la suite



L’information au futur II
5 janvier 2009, 6 h 44 min
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–>L’information au futur I
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Rappelons d’abord quelques fondamentaux

Qu’est-ce qu’informer  ? Étymologiquement « mettre en forme »  : donner cohérence et lisibilité à des éléments qui prennent sens pour quelqu’un. Donc faire savoir que…, rendre compréhensible. En ce sens, nous n’arrêtons pas d’informer  : nous émettons une multitude de signaux, y compris par notre corps depuis notre tenue vestimentaire jusqu’à notre sourire ou nos poches sous les yeux. Et même notre mutisme et notre refus de nous exprimer peuvent précisément avoir pour sens que nous refusons la communication. Donc ils informent.

Informer a donc une multiplicité de dimensions  : expression d’un état ou relation de faits ou  opinions, simple enregistrement d’un aspect de la réalité ou acte de volonté destiné notamment à changer le comportement d’autrui, information/action, information/suggestion, proclamation, …

Pour notre part nous avons souvent décrit le processus d’information délibérée et organisée (celui qui nous intéresse ici) comme une triple lutte  :

– contre le temps  : survivre à l’effacement et à l’oubli (en organisant, d’ailleurs l’effacement et l’oubli de ce qui est inutile ou insignifiant), perdurer, transmettre

– contre la distance  : atteindre, toucher ses destinataires, communiquer

– contre d’autres informations concurrentes  : propager, retenir l’attention, convaincre…

Quand nous parlons d’un média spécifique, comme le cinéma ou la télévision, nous songeons à des  phénomènes dont le résultat est que le contenu du cerveau de A est passé plus ou moins bien dans celui de B, C et ainsi de suite. Un média demande  :

  • un support destiné à enregistrer les signaux
  • des dispositifs de reproduction et de transport
  • des codes qui associent un sens à un signal mais aussi les codes culturels
  • des modes de traitement, l’ensemble des opérations qu’effectuent des acteurs munis d’instrument pour faire du fameux contenu du cerveau de A en messages que recevront ses destinataires

Si l’on remonte en amont, un média suppose des institutions, des groupes qui régissent son fonctionnement, des professions, des financements…

En aval : des auditeurs, lecteurs ou spectateurs qui se rassemblent dans des salles ou restent chez eux. Tel sens (ouïe vue) prédomine, tel instrument de réception est nécessaire, telle capacité d’interprétation apprise (alphabétisme, culture cinématographique, conventions culturelles)… Ils suivent le message de bout en bout comme au spectacle, ou dans l’ordre qu’ils veulent,  peuvent le modifier, y répliquer…

Chacune de ces composantes varie suivant les époques et la technologie et chacune induit un certain rapport de Lire la suite



Que restera-t-il de la puissance américaine en 2025 ?
21 novembre 2008, 12 h 35 min
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Un soldat américain épuisé dans un bunker en Afghanistan, en septembre 2007.

AP/TIM HETHERINGTON

Un soldat américain épuisé dans un bunker en Afghanistan, en septembre 2007.

C‘est déjà le livre de chevet de Barack Obama. Dans un rapport publié tous les quatre ans et intitulé « Global Trends 2025 – a Transformed World », le Conseil national du renseignement américain (National Intelligence Council, NIC) prend acte de la probable perte de puissance des Etats-Unis, qui ne pourront plus agir de manière unilatérale. De même, l’UE se transformera en géant incapable de transformer sa puissance économique en influence globale. Surtout, il redoute que « des armes nucléaires soient utilisées du fait de la prolifération de la technologie et de la possibilité de procéder à des frappes limitées ».

« Dans un proche avenir, le monde sera menacé par un risque de conflit accru pour le contrôle des ressources comme l’eau et l’alimentation et continuera à être hanté par des Etats voyous et des terroristes qui auront plus facilement accès à l’arme nucléaire », a averti le NIC.

Les experts s’inquiètent particulièrement de la situation au Moyen-Orient, où plusieurs pays envisagent d’acquérir des technologies pouvant permettre de produire l’arme atomique. Certains pays ainsi que des mouvements terroristes risquent de se hasarder à des frappes nucléaires à l’horizon de 2025, selon un rapport publié jeudi par les services de renseignement américains.

« Au cours des quinze à vingt ans qui viennent, plusieurs puissances régionales pourraient intensifier leurs efforts en ce sens et envisager activement de se procurer des armes nucléaires », s’alarme le rapport, qui compte 121 pages. L’équilibre de la terreur, qui prévalait dans le monde durant la guerre froide, ne se répèterait pas forcément dans ce contexte. Au contraire, l’arme nucléaire pourrait donner à ses détenteurs un sentiment de confiance qui risque de les amener à livrer des guerres classiques ou à commettre des actes de terrorisme.

« Le risque de vol ou de détournement de technologie, de matériaux et d’armes nucléaires risque d’augmenter, de même que le potentiel d’utilisation illégale de l’atome », selon le rapport. Le terrorisme sera toujours une menace en 2025, même si le réseau Al-Qaida pourrait avoir disparu du fait de ses faiblesses : objectifs stratégiques irréalisables, incapacité de susciter un soutien populaire, actes d’autodestruction, estiment les experts américains. La stratégie antiterroriste devra s’attacher à comprendre comment et pourquoi une autre organisation pourrait prendre le relais d’Al-Qaida, selon eux.

A propos des guerres où sont actuellement engagées les troupes américaines, le rapport prédit que le pouvoir en Irak comme en Afghanistan pourrait encore faire l’objet de luttes en 2025. A la surface du globe, « les écarts croissants dans les taux de natalité, entre les riches et les pauvres et l’impact inégal du changement climatique pourraient exacerber les tensions », prévoient les spécialistes du renseignement. La mafia pourrait s’emparer d’au moins un Etat d’Europe centrale, ajoutent-ils.

Le rapport comporte cependant quelques bonnes nouvelles. En 2025, le pétrole pourrait déjà être remplacé ou en passe de l’être, plusieurs places financières pourraient faire office d’amortisseurs de crise et la péninsule coréenne devrait être réunifiée sous une forme ou une autre.



Le plaisir solitaire de l’auto-délation. (ou comment je me suis dénoncé à mon propre ministère)

Préambule & Rappel des faits
Le 15 Octobre 2008 paraissait au Journal Officiel de la république, un appel d’offre concernant une « veille d’opinion » pour les ministères de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’appel d’offre est composé de deux « lots » d’un coût global de 220.000 euros pour 2009 (100.000 pour l’Education, 120.000 pour l’Enseignement supérieur et la Recherche).Dans ledit appel d’offre on eut notamment lire :

  • « 5.1.2 Sources surveillées : La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.) Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées. Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés. »

Mais également :

  • Point 5.1.1. Objectifs. Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à:
  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
  • repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.
  • Rapprocher ces informations et les interpréter
  • Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
  • Alerter et préconiser en conséquence »

Il n’en fallait pas plus pour que je me fende d’un très officiel courrier à notre Ministre, que je reproduis ci-dessous. Si le coeur vous en dit et après lecture, je vous invite naturellement à en faire de même.
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Madame la Ministre, chère Valérie,

J’ai bien pris connaissance de votre appel d’offre du 15 Octobre. M’efforçant d’être en tout point un citoyen Lire la suite