Electronx's Blog


Peut-on s’attendre à une refondation du système financier international ? (France Culture, Audio, avec Paul Jorion)
19 novembre 2008, 12 h 00 min
Filed under: économie, politique | Mots-clés: , , , , ,

Le G20 réuni dimanche dernier à Washington à la demande de Nicolas Sarkozy et Gordon Brown a-t-il accouché d’une souris ? On nous avait annoncé un remake de Bretton Woods dans le domaine financier, avec en prime la refondation, la moralisation – et pourquoi pas l’auto-dissolution du capitalisme, sur le modèle du dépôt de bilan du système communiste en URSS à la fin des années 80….

On nous avait promis en tous cas une nouvelle architecture financière, dotée de règles de fonctionnement plus strictes et supervisée par des arbitres internationaux dotés de pouvoirs contraignants. Les Etats devaient s’engager à fermer les paradis fiscaux qui permettent à leurs établissements financiers d’échapper à toute réglementation.

Il était question de doter la finance mondiale d’un Grand Superviseur international – avec – pourquoi pas ? – le grand retour du FMI dans ce rôle, un FMI désormais doté de moyens et de compétences s’imposant aux banquiers comme aux Etats. On nous avait même laisser entrevoir un accord international sur les marges de fluctuation acceptables des prix du pétrole et du gaz. La relance de l’économie mondiale allait passer par la concertation des politiques budgétaires…

Au final – comme disent les journalistes – au final, donc, la réunion de Washington débouche sur une série d’incantations plus ou moins rituelles, l’annonce de « grands chantiers » et une invitation faite aux banques de rendre enfin publiques le niveau réel de leurs pertes…

Tout cela est-il suffisant pour éviter une récession mondiale ?

Invités

- Paul Jorion au téléphone. Anthropologue Sociologue Professeur invité à UCLA

- Philippe Martin. Professeur à l’école d’Economie de Paris et à Paris 1

- Jean Marc Vittori. Editorialiste au quotidien Les Echos

- Jérôme Sgard. Directeur de recherche à Sciences -Po Ceri Professeur associé à Paris Dauphine

Fichier audio

Source : contreinfo.info / france Culture

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Radar 16 novembre 2008 (lu sur contreinfo.info)
17 novembre 2008, 23 h 42 min
Filed under: économie, Infos, politique | Mots-clés: , , , ,

Radar 16 novembre 2008 : L’économie US au guichet de l’Etat providence
Mise à jour : 2008-11-16 16:40:20

L’ampleur des pertes de la finance, plus proches de 2 000 milliards que des 1 000, selon Roubini, dépassera sous peu les capacités de refinancement de l’Etat US.

La file ininterrompue des établissements qui viennent mendier des subventions pour survivre s’allonge de jour en jour, et plus encore, s’étend désormais aux autres secteurs d’activités, ceux de l’économie dite « réelle ».

Le TARP, le plan Paulson, est mort né, de l’aveu même de celui qui fut son initiateur. Il n’est plus désormais question de racheter les actifs toxiques, mais de refinancer les banques, et au delà les entreprises dont la survie est menacée pat l’effondrement de leurs bilans et de leurs activités.

Le dégrisement provoqué par le processus de désinflation des actifs, dont la valeur était artificiellement gonflée par l’apport du crédit et des capitaux flottants, a mis en branle un douloureux mouvement de retour au réel se traduisant par la destruction d’actifs devenus créances irrecouvrables. La liquidation amorcée l’an dernier prend un élan dévastateur, et personne aujourd’hui ne peut dire jusqu’où sera dévalée cette pente déflationniste.

Mais comme l’affirme Roubini, le pire est vraisemblablement devant nous, pas derrière.

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Bureau de l’Etat providence pour les entreprises.

Ouais, c’est juste provisoire. Le marché libre est plus efficace sans intervention du gouvernement. Prends ton tour mon vieux !…

110 banques sollicitent 170 milliards du Trésor

Au moins 110 banques ont sollicité un renflouement du Trésor US, pour un montant total supérieur à 170 milliards.

Cette estimation ne prend pas en compte la demande de l’assureur Hartford, ni celle d’American Express qui a annoncé qu’elle allait se transformer en banque afin d’obtenir 3,4 milliards de dollars.

Freddie Mac demande 13,8 milliards au Trésor US

Freddie Mac, l’organisme semi public chargé du refinancement des prêts immobiliers accordés par les banques, demande au Trésor US 13,8 milliards après avoir enregistré 25,3 milliards de pertes ce trimestre. (FT Alphaville note que ce montant est équivalent au PIB de la Jamaïque)

En septembre, l’Etat a accordé sa garantie à hauteur de 100 milliards à chacune des deux agences Freddie et Fannie.

Les réserves en dollars accumulées par les banques centrales étrangères pour défendre leurs monnaies sont typiquement constituées de bons du Trésor et des titres émis par les GSE Fannie et Freddie.

L’abandon des GSE est un luxe que l’Etat US ne peut plus se permettre. Il serait équivalent à un défaut de paiement sur la dette US. Fannie et Freddie ont émis de l’ordre de 5000 milliards de titres, soit un montant comparable à celui des bons du Trésor US en circulation. En transformant en septembre le soutien implicite à ces organismes en soutien explicite, la dette US a de fait été multipliée par deux.

Quatre assureurs US tentent de bénéficier des fonds publics

Quatre compagnies d’assurances ont sollicité l’autorisation de se porter acquéreuses de banques, ce qui leur permettrait de bénéficier du plan de soutien au système bancaire.

Tous banquiers ! Tel semble être le mot d’ordre de toutes les entreprises américaines. De American Express aux assureurs, toutes les entreprises tentent désespérément de se transformer en établissement bancaire ou de mettre la main sur une banque pour pouvoir prendre place dans la file d’attente du « Corporate Welfare State »

General Electric obtient la garantie du gouvernement sur sa dette

General Electric Co. said the U.S. government agreed to insure as much as $139 billion in debt for lending arm GE Capital Corp., the second time in a month it has turned to a federal program designed to help companies during a global credit crunch.

Granting GE Capital, which isn’t a bank, access to a new Federal Deposit Insurance Corp. program may reassure investors and help the unit compete with banks that already have government protection behind their debt…

Chrysler appelle à l’aide le Trésor

Chrysler, the company with the biggest U.S. sales slide among major automakers, is in crisis and needs federal aid, Chief Executive Officer Robert Nardelli said.

« It would be very difficult to make it through this unprecedented downturn’’ without help, he said today …. The automaker « cannot assume we are going to get financial assistance’’ and may have to close two more assembly plants, Nardelli said…..

Chrysler has announced the elimination of 35,000 jobs since February 2007…..

« This is not about losing a company,’’ Nardelli said. « This is about potentially losing an industry. Because of the interdependence of the supplier network, the railroads, truckers, the impact goes much further.’’

He estimated that the livelihoods of « about 1 million people’’ depend on Chrysler staying in business.

La ville de San José demande à bénéfécier du TARP

Le maire de la ville de San José veut bénéficier du plan Paulson (TARP). La ville fait face à 1,6 milliards de dépenses prévues au titre du paiement des retraites de ses employés, pour lesquels elle n’a aucune réserve.

Le gouvernement US apporte sa garantie aux cartes de fidélité du commerce de détail

(Cela a l’air d’un gag, et pourtant…)

Le FDIC l’organisme garantissant les dépôts bancaires, assure désormais les ‘Stored Value Cards’.

Les Stored Value Card, ce sont les cartes prépayées de téléphone ou les cartes de fidélité des commerces de détail.

La FDIC annonce que : Under the new opinion, the funds will be “deposits” to the extent that the funds have been placed at an insured depository institution.

C’est à dire que les montants disponibles sur ces cartes seront désormais considérés comme bénéficiant de la même garantie que des dépôts bancaires. A quelle limite ? 250 000 dollars.

Ce qui devrait tout de même rassurer la clientèle des commerce de luxe de la cinquième avenue, commente perfidement FT Alphaville.

Roubini : le pire est devant nous (extraits)

(JPG) —The U.S. will experience its most severe recession since World War II, much worse and longer and deeper than even the 1974-1975 and 1980-1982 recessions. The recession will continue until at least the end of 2009 for a cumulative gross domestic product drop of over 4% ; the unemployment rate will likely reach 9%.

— a U-shaped 18- to 24-month recession is now a certainty, and the probability of a worse, multi-year L-shaped recession (as in Japan in the 1990s) is still small but rising.

— Obama will inherit an economic and financial mess worse than anything the U.S. has faced in decades : the most severe recession in 50 years ; the worst financial and banking crisis since the Great Depression ; a ballooning fiscal deficit that may be as high as a trillion dollars in 2009 and 2010 ; a huge current account deficit ; a financial system that is in a severe crisis and where deleveraging is still occurring at a very rapid pace, thus causing a worsening of the credit crunch ; a household sector where millions of households are insolvent, into negative equity territory and on the verge of losing their homes ; a serious risk of deflation as the slack in goods, labor and commodity markets becomes deeper ; the risk that we will end in a deflationary liquidity trap as the Fed is fast approaching the zero-bound constraint for the Fed funds rate ; the risk of a severe debt deflation as the real value of nominal liabilities will rise, given price deflation, while the value of financial assets is still plunging.

— The world economy will experience a severe recession : Output will sharply contract in the Eurozone, the U.K. and the rest of Europe, as well as in Canada, Japan and Australia/New Zealand. There is also a risk of a hard landing in emerging market economies.

— the S&P 500 index could fall to 720 (i.e. about 20% below current levels). If the P/E falls to 10—as is possible in a severe recession—the S&P could be down to 600, or 35% below current levels.

— Credit losses will be well above $1 trillion and closer to $2 trillion, as such losses will spread from subprime to near-prime and prime mortgages and home equity loans (and the related securitized products) ; to commercial real estate, to credit cards, auto loans and student loans ; to leveraged loans and LBOs, to muni bonds, corporate bonds, industrial and commercial loans and credit default swaps.

— Sooner rather than later, a TARP-2 will become necessary, as the recapitalization needs of U.S. financial institutions will likely be well above $1 trillion.

Patrimoines négatifs à San Francisco (Bay Area)

Pourcentages de foyers endettés pour un montant supérieur à la valeur de leur bien.

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Hans Magnus : le grand désastre des fonds de pension

Hans Magnus, économiste en chef à UBS, met en garde contre les effets de la crise sur les fonds de pension. Ceux-ci ont perdu 2 000 milliards de dollars en moins d’un an avec la chute des bourses. La moitié des salariés des pays développés n’ont pas d’épargne, et de nombreux foyers américains comptaient sur la revente de leur bien immobilier pour financer leur retraite.

La transformation en profondeur de la pyramide des ages pose de nombreux problèmes. Mais l’idée que les fonds de pensions privés puissent apporter une réponse relève de l’illusion. La chasse au rendement à laquelle se livrent les fonds de pensions a pour effet de peser sur les salaires et les capacités d’investissement des entreprises, c’est à dire de contracter la demande et l’activité. En tentant d’assurer le revenu de leurs mandants, ils réduisent la richesse produite, et alimentent les flambées spéculatives – et leurs contrecoups, les krachs boursiers, qui ruinent les épargants.

Recession en Europe

France, le bon numéro

La France échappe à la récession

- France : +0.1% (évite la recession, champion d’Europe)
- Pays Bas : Croissance 0 (deux trimestres successifs)
- Autriche : -0.1% (première contraction du PIB depuis 1993)
- Espagne : -0.2% t (pas encore officiellement en récession, mais en route)
- GB : -0.5% (première contraction du PIB depuis 1992, croissance 0 au trimestre précédent)
- Allemagne : -0.5% (recession, deuxième contraction du PIB)
- Italie : -0.5% (recession, deuxième contraction du PIB)

Moyenne Zone Euro : -0.2% (première récession)

Donnez moi un bon déflateur et je vous ferai un bon PIB

Dont acte. Premier de la classe, d’un cheveu, bravo. Il faut cependant se souvenir de ce qu’est un PIB. Une évaluation de l’activité économique, mesurée par les revenus ou les dépenses. C’est à dire, en simplifiant, par exemple en sommant toutes les factures émises durant la période. Le chiffre alors obtenu est le nominal, au prix courant. Reste à tenir compte de l’inflation, qui en gonflant les prix gonfle aussi artificiellement les volumes mesurés, sans rapport avec le niveau d’activité réel. Il faut donc, pour avoir une évaluation à mesure constante, soustraire l’inflation constatée. Ce coefficient minorant, qui permet d’obtenir le PIB réel, débarassé du biais inflationniste de la mesure des prix, s’appelle le déflateur – l’inverse de l’inflation.

Moins l’inflation mesurée est forte, moins le PIB nominal sera déflaté et plus le PIB réel – corrigé de l’inflation – sera élevé.

Dans les chiffres publiés par l’INSEE, la différence entre PIB réel et nominal est loin d’être négligeable. En prix actuel, le PIB du quatrième trimestre est de 489,45 milliards. En prix corrigés de l’inflation et des variations saisonnières, exprimé sur la base des prix de 2007, il est de 412,53 milliards.

Quelles sont les valeurs d’inflation qu’a utilisées l’INSEE pour calculer ce PIB inespéré ? Celles-ci :

Le prix du PIB décélère au troisième trimestre de 2008 (+0,3 % après +0,5 %) : le prix des dépenses de consommation des ménages ralentit un peu (+0,6 % après +0,8 %) et celui de la Formation Brute de Capital Fixe plus nettement (+0,4 % après +1,6 %). Le prix des exportations diminue (-0,3 % après +0,0 %), tandis que celui des importations décélère nettement (+0,5 % après +1,6 %).

A priori, aucune raison de suspecter que le thermomètre ait été modifié d’un trimestre sur l’autre. Mais il faut tout de même se souvenir qu’une infime variation dans la mesure de l’inflation est toujours à même de produire un miracle, surtout quand la tête de classement se joue au dixième de point.

Source : INSEE

Macro économie pour tous, par le professeur Krugman : comment calculer le montant d’un plan de relance

Le PIB l’année prochaine avoisinera les 15 000 milliards, donc 1% du PIB = 150 milliards. Le taux « naturel » (les guillemets sont de la rédaction) de chômage est de, disons 5%, peut-être moins. Selon la loi d’Okun (ndlr : qui propose une méthode de calcul chiffrant la relation entre variation du niveau d’emploi et du PIB), chaque pourcent de chômage au delà de 5% se traduit par une diminution du PIB de 2% en dessous de son potentiel.

Nous en sommes à 6,5% de chômage, soit une diminution de 3% du PIB. Mais ces chiffres augmentent rapidement. Goldman prévoit 8,5% de chômage, soit 7% en dessous du potentiel du PIB. Souvenons nous, si le plan de relance est surdimentionné, c’est moins grave que s’il est sous dimensionné.

Quel est le multiplicateur ? (Ndlr : multiplicateur Keynésien. Chaque euro injecté dans l’économie crée un surplus d’activité supérieur à cet euro. Sur un euro de revenu, une partie sera dépensée, une partie sera épargnée. Au fur et à mesure des transactions – des échanges, des dépenses des uns qui sont les revenus des autres, la quantité réinjectée dans l’activité diminuera petit à petit. Le multiplicateur, peut être vu comme la valeur moyenne de ce surplus d’activité, compte tenu des pertes dues à l’épargne et à l’amortissement.) Meilleur, nous l’éspérons que lors de la première relance de 2008. Mais on aurait du mal a justifier une estimation du multiplicateur aussi élevée que 2.

Tenant compte de tout ceci, j’en conclus que le plan de relance devrait être au moins de 4% du PIB, soit 600 milliards.

Krugman nous fournit une règle simple, que chacun peut mémoriser, pour apprécier l’adéquation des plans de relance gouvernementaux.

Résumons : chaque point de chômage supplémentaire se traduit par une baisse de 2% du PIB. Pour la compenser, il faut une relance dont le montant soit égal à : baisse du PIB/multiplicateur.

Dans son exemple, Krugman évalue le multiplicateur à 1,75, avec 7%/1,75 égalent 4%, soit 600 milliards puisque chaque point vaut 150 milliards.

Le multiplicateur choisi par Krugman est plutôt généreux. En France, une valeur de 1,5 serait sans doute plus proche de la réalité. Le point de PIB français vaudra cette année près de 20 milliards d’euros. A vos calculettes, citoyens !

Trichet : pas de crédit crunch

Le 6 novembre, JC Trichet déclarait : « We see no credit crunch, certainly not when you look at the figures that have been published… »

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Bank of America : le crunch est là

Bank of America, 11 novembre : A genuine credit crunch, i.e., an exogenous contraction in credit supply, was hard to substantiate in the Eurozone until the summer. However, the picture is now changing for the worse with the data for credit origination and corporate debt issuance for September, when the credit market turmoil intensified spectacularly. In the three months to September, the flow of new loans to the corporate sector fell to €334bn in annualized terms, the lowest level since October 2005

Evans-Pritchard : l’enfer de la déflation

Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir, écrit Dante dans la Divine Comédie, et pour Evans-Pritchard, cet avertissement peut aussi s’appliquer à la déflation.

La déflation se traduit par une baisse généralisée des prix et des revenus. Ce qui signifie que les dettes, dont la valeur nominale ne bouge pas, augmentent relativement aux revenus. C’est le piège parfait. Les débiteurs sont étranglés et acculés à la faillite. La dépression menace.

C’est ce processus qui a été à l’oeuvre dans l’Amérique des années 1930.

Tous les banquiers centraux du monde sont terrorisés à cette idée. C’est la raison pour laquelle même les plus sévèrement anti inflationnistes d’entre eux font en sorte de garder toujours sous le pied 2% d’inflation, comme marge de sécurité, au cas où.

Comment éviter la déflation ? En injectant des liquidités dans l’économie. Comment ? En baissant les taux, pour relancer la machine du crédit. Et si les banques, malgré cela, ne distribuent pas de crédit ? Baisser encore les taux. Et quand on atteint le zéro pourcent (Les USA ont pratiquement atteint cette limite) ? C’est la fin de la politique de relance monétaire.

Une fois touchée cette limite, la seule façon d’injecter du liquide pour doper l’activité c’est d’augmenter encore les dépenses de l’Etat – soit par le déficit- à condition de pouvoir emprunter – soit par la planche à billet.

Mais en zone de prix négatifs, baissiers, la relance de l’activité est extrêmement difficile à obtenir. Pourquoi dépenser aujourd’hui alors que le bien coûtera moins cher demain ? Pourquoi investir, puisque le pouvoir d’achat relatif s’accroit par la baisse des prix ? Lorsque ces comportements se répandent, ils induisent une économie à électro-encéphalogramme plat.

Les autorités japonaises se sont battues pendant dix ans avant de parvenir à ranimer un peu une économie tombée dans ce piège de la langueur déflationniste après l’éclatement de la bulle spéculative et immobilière au début des années 1990. Et si la société japonaise n’a pas implosée grâce au fort matelas d’épargne dont elle disposait, on a cependant vu des SDF apparaître à Tokyo, chose auparavant impensable au pays de l’emploi à vie.

Le problème supplémentaire, aujourd’hui, avec un processus déflationniste à l’oeuvre dans le monde entier, c’est qu’il n’existe aucun point stable où se raccrocher. Les tendances régionales à la déflation risquent de se renforcer les unes les autres.

Ken Clarke : l’économie britannique au bord de d’une « crise catastrophique »

Mr Clarke, 68, said the British economy is headed for a « catastrophic crisis » that will be « far worse than anything that has occurred in my lifetime ».

« There will be a very serious recession next year, » he said in an interview with Telegraph TV. « I think the big problem in 2009 will be the catastrophic fall in consumer spending demand, spending in shops will get worse. »

Mr Clarke, who as Chancellor of the Exchequer between 1993 and 1997 led Britain’s recovery from Black Wednesday, called for a temporary cut in VAT to boost spending.

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La Livre en danger

William Buiter (FT) : How likely is a sterling crisis or : is London really Reykjavik-on-Thames ?

With the pound sterling dropping like a stone against most other currencies and credit default swap rates on long-term UK sovereign debt beginning to edge up, this is a good time to revisit a suggestion I made earlier on a number of occasions, that there is a non-trivial risk of the UK becoming the next Iceland.

The risk of a triple crisis – a banking crisis, a currency crisis and a sovereign debt default crisis – is always there for countries that are afflicted with the inconsistent quartet identified by Anne Sibert and myself in our work on Iceland : (1) a small country with (2) a large internationally exposed banking sector, (3) a currency that is not a global reserve currency and (4) limited fiscal capacity. (…)

In the worst case, we could see a run on the banks, on the public debt and on sterling all at the same time. This is not the most likely outcome yet, in my view. But it is a distinct possibility.(…)

Buiter compare la situation de la Grande Bretagne et de l’Islande.

Les actifs des banques britanniques représentent 4,5 fois le PIB du pays (9 fois en Islande). Dans ces actifs, la part libellée en monnaie étrangère atteint 2,5 fois le PIB.

Lors d’un bank run, une panique bancaire, l’Etat peut théoriquement intervenir pratiquement sans limite pour financer le retrait des dépots. Mais si ceux-ci sont libellés en devise étrangère, le soutien aux banques requiert, une fois épuisées les réserves, de se fournir ces devises sur les marchés internationnaux, ce qui se traduit par une vente massive de la monnaie nationale. Et c’est le piège. La monnaie baisse, les dettes en devise étrangères sont de moins en moins remboursables, etc…

La Grande Bretagne n’est pas l’Islande, et elle obtiendrait le soutien des grandes banques centrales qui pourraient lui prêter les devises requises. Mais la taille de son système bancaire n’en reste pas moins une source de fragilisation potentielle, comme c’est le cas pour la Suisse.

Vive la planche à billet

Gavyn Davies, ancien conseiller du Trésor Britannique recommande froidement le recours à la planche à billets.

The tax cuts do not have to be financed by selling bonds. They can be financed by asking the Bank of England to offer an overdraft to the government, which is a polite way of saying by printing money. If you think about this as a process in which the central bank prints bank notes (essentially at zero cost) and gives them to the government to hand out in tax reductions, you would not be wrong in any meaningful way. This is a crazy and dangerous procedure when inflation is threatened – but it is the most powerful way of fighting deflation that economists have invented. Perhaps it will become necessary.

En France, le groupe de réflexion Chômage et Monnaie, affirme depuis des années, dans l’indifférence générale, que les dépenses de l’Etat destinées à l’investissement pourraient être financées par une émission monétaire contrôlée, afin de combattre le chômage.

Et voilà que ce type de solution, tenue pour hérétique, jamais évoquée par les médias, (mais qui a pourtant fait l’objet d’une proposition de loi soutenue par 40 parlementaires en juillet 1981) est tranquillement recommandée par ce haut fonctionnaire anglais.

Lorsque les recettes jugées hier détestables deviennent subitement parfaitement licites afin d’aider les banques, que conclure sur la hiérarchie de nos urgences ?

Les Saoudiens achètent de l’or

Les achats d’or en Arabie Saoudite ont atteint 3,5 milliards de dollars en deux semaines.

Manifestations en Islande après l’échec du gouvernement à obtenir un prêt du FMI

Les Islandais manifestent ce samedi en protestation contre l’incapacité du gouvernement d’obtenir un prêt de 6 milliards du FMI. Les manifestants pourraient être 20 000, soit 6% de la population.

Selon les projections, le PIB pourrait se contracter de 8,3% en 2009. « Chaque jour qui passe les perspectives s’assombrissent », constate un analyste danois.

De nombreux commerçants de détail ne peuvent continuer à travailler que grâce au crédit que continuent de leur accorder leurs fournisseurs.

Avec la chute de la devise nationale dont la valeur a été divisée par deux contre l’euro, l’inflation a atteint 15,9% en octobre.

Le FMI conditionne l’octroi d’un prêt de 2 milliards à la concrétisation de l’engagement d’autres pays pour accorder eux aussi des fonds à l’Islande.

L’Angleterre et le Danemark exigent que le gouvernement rembourse 8,2 milliards de dollars, soit près de 100% du PIB, en dédommagement des dépôts de leurs citoyens dans les banques islandaises.

En comparaison, après la première guerre mondiale, les alliés avaient demandé à l’Allemagne une réparation représentant 85% de son PIB.

D’autres pays ont été mieux traités par le FMI. L’Ukraine a reçu un prêt de 16 milliards et la Hongrie a déjà utilisé 4,9 milliards sur la ligne de crédit qui lui a été accordée.

Lettre d’Islande

Robert Jackson décrit le traumatisme subi par cette petite nation, et transcrit le discours par lequel le premier ministre a informé ses concitoyens que le ciel venait de leur tomber sur la tête.

“Fellow countrymen … If there was ever a time when the Icelandic nation needed to stand together and show fortitude in the face of adversity, then this is the moment. I urge you all to guard that which is most important in the life of every one of us, to protect those values which will survive the storm now beginning. I urge families to talk together and not to allow anxiety to get the upper hand, even though the outlook is grim for many. We need to explain to our children that the world is not on the edge of a precipice, and we all need to find an inner courage to look to the future … Thus with Icelandic optimism, fortitude and solidarity as weapons, we will ride out the storm.

“God bless Iceland.”

Le vrai scandale, vu d’Islande

Cet éditorialiste de Ice News exprime son amertume après l’abandon par les pays qu’il croyait ses alliés.

But right now, the REAL scandal is how a country surrounded for decades by close friends and allies is being hung out to dry at the only time in the republic’s history that it really, really needs help from its friends. In these emotionally charged times, Icelanders are angry and upset that the world seems to be happy to watch them return to the Stone Age.

Japon : la précarité pousse le 3ème âge au crime

Les plus de 60 ans sont responsables de 18,9% des délits constatés, contre 3,1% en 1978.

Le vol est le délit le plus fréquent. « Les personnes âgées ont recourt au vol à l’étalage car ils sont de plus en plus nombreux à manquer de ressources et du soutien de leurs enfants », observe un sociologue.

20% de la population japonaise est âgée de 65 ans et plus, deux fois plus qu’aux USA et trois fois plus qu’en Chine. Ce chiffre pourrait attendre 40% en 2050, selon l’institut d’études démographiques.

Le gouvernement s’est engagé à réduire de 2,3 milliards les dépenses sociales chaque année durant 5 ans à partir de 2006, pour attendre un budget en équilibre en 2011. Ce plan d’économie a entraîné un renchérissement de l’assurance sociale pour les patients âgés.

1,1 millions de foyers dépendaient de l’assistance sociale en 2007, en augmentation de 300 000 depuis 2001.

Humour : les nouveaux travailleurs journaliers

Radar 11 novembre 2008 : General Motors joue sa survie
Mise à jour : 2008-11-11 21:18:12

General Motors en chute libre

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Les centaines de milliards qui ont été injectés dans les systèmes bancaires, ne sont parvenus pour le moment qu’à ramener le TED spread sous les 2%, alors qu’une valeur « normale » serait de l’ordre de 0,5%.

On peut sans doute sourire aux propos de René Ricol avertissant qu’il allait dénoncer – menace suprême ! – à Nicolas Sarkozy les banques qui refuseraient d’octroyer des crédits. Ils manifestent le désarroi d’autorités qui, si elles sont parvenues à interrompre la chute vers les abysses, ne savent toujours pas comment elles parviendront à relancer la machine économique et financière, tant les dégâts sont importants.

Cette première phase aigue de la crise financière semble derrière nous. Mais ce n’était pourtant que le prologue de ce qui s’annonce aujourd’hui. La pire récession jamais vue depuis les années 1980, avec son lot de faillites, de chômage et de misére sociale.

Et ce deuxième round est abordé avec un lourd handicap.

Brad Setser notait récemment la naissance d’un club très fermé. Celui des banques centrales dont le bilan excède les 2000 milliards, constitué par la Chine et les USA.

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Il a pourtant commis un oubli de taille : la BCE et l’ensemble de l’Eurosystème a atteint un bilan consolidé de 2 031 milliards au 31 octobre, dont 839 sous forme de prêts accordés aux banques.

La Fed et la BCE, les deux quartiers généraux de l’opération de sauvetage désespérée de l’économie et de la finance mondiale sont chargées à ras-bord de créances douteuses déposées en gage des refinancements qui se traduisent déjà côté US par une augmentation de la dette de plus de 900 milliards en deux mois.

Le risque est grand de ne pouvoir soutenir encore longtemps ce rythme effréné de la valse des centaines de milliards engloutis dans les renflouements pour soutenir le cours d’actifs dévalués et invendables et venir en aide aux entreprises de l’économie réelle étranglées par la dette et l’effondrement de leur chiffre d’affaire, comme l’illustre la situation de General Motors qui a annoncé qu’elle serait à court de trésorerie avant la fin de l’année à défaut d’un soutien de l’Etat.

En l’absence de la mise en place d’une solution extraordinaire de refinancement à coup de Droits de Tirage Spéciaux – sorte de super monnaie qu’imprimerait le FMI – ne resterait alors face au coup de ciseau de la déflation des actifs et du ralentissement économique que l’arme ultime de liquidation de la dette, l’inflation généralisée.

GM sur la corde raide

General Motors Corp., burning cash as U.S. sales slide, is being pushed closer to bankruptcy as it waits to learn whether the auto industry will win a new round of government loans.

The shares slid for a fifth day on concern the biggest U.S. automaker won’t have enough cash to make it through the end of the year. Only federal aid could prevent a collapse, and reorganizing in court may not be possible because the credit crunch has dried up financing, analysts said. (…)

Fannie Mae : bientôt zéro capital

L’Agence garantie par l’Etat qui rachète les emprunts hypothécaires émis par les banques a perdu 29 milliards durant le 3ème trimestre 2008.

Sur les 44 milliards de valeur nette déclarée en décembre 2007, il n’en restait fin septembre que 9,4. Mais sur cette somme la moitié correspond à un crédit d’impôt, dénué de valeur en l’absence de bénéfices.

Une entreprise propriétaire de centres commerciaux en quasi faillite

Ailing mall owner General Growth Properties Inc. warned Monday in a government filing that its failure to refinance or extend $1 billion in debt due this month could trigger default on billions of dollars in debt and its ability to continue operations would be in « substantial doubt. » … General Growth has $900 million in debt coming due Nov. 28 on two luxury malls on the Las Vegas strip. It has another $58 million in bonds due on Dec. 1.

Un cas d’école : une entreprise n’arrive pas à refinancer une dette à court terme, et sa faillite détruirait la valeur des milliards d’obligations qu’elle a émise.

Voilà le schéma cauchemardesque auquel aucune banque centrale, aucun Etat ne peut faire face. L’économie ces dernières années carburait à un octane élevé de crédit qui ne sera plus disponible. Cette phase de désintoxication, se déroulant au milieu de la plus sévère contraction d’activité depuis des dizaines d’années, risque de se transformer en hécatombe.

Avec pour chaque entreprise qui défaille, de nouvelles pertes pour les banques, renforçant encore le crédit crunch, et de nouveaux chômeurs sans ressources, déprimant d’autant la demande.

Encore une fois : aucun bilan de Banque Centrale, aucune dette d’Etat ne sont suffisants pour soutenir l’ensemble de l’économie telle qu’elle est organisée aujourd’hui. Bien que le directeur de la Fed de Dallas envisage calmement l’extension du bilan de sa maison mère jusqu’à 3 000 milliards – rien moins que 20% du PIB US – le risque est réel de voir le déréglement massif né de la liquidation généralisée de la dette excéder les capacités d’intervention et se solder par une purge éreintante.

Les refinancements de la Fed, jusqu’où ?

Richard Fisher, directeur de la Fed de Dallas

On peut constater l’ampleur et le rythme des efforts de la Fed pour lutter contre l’effondrement du crédit en observant son livre de compte. Au début de l’année, les actifs au bilan de la fed totalisaient 960 milliards. Aujourd’hui, ils dépassent les 1 900 milliards. Je ne serai pas surpris si le bilan de la Fed atteignait 3 000 milliards – de l’ordre de 20% du PIB – d’ici à la nouvelle année.

China Business : récession sévère

The Anglo-Saxon economies will follow a similar pattern to that which East Asian economies experienced a little over a decade ago, when the Asian financial crisis led to a 70-90% drop in asset prices, and a 5-10% contraction in most East Asian economies. Australia, the UK, and the US could contract by 2-5%, only held up by their large service economies and strong social welfare systems.

A contraction of such magnitude for large developed economies has not occurred since the Second World War. Hence, the term “nuclear winter” to describe the coming economic downturn may not be an exaggeration. (…)

Steve Waldman : des trous noirs à l’inflation ou la déflation

(…)

Once AIG was too big to fail, it cannot fail, no matter how big the black hole grows. Once GM enters the penumbra, very soon now, it also must not fail. Of course, we will not count this terrible loss of policy freedom as a cost.

That cost may be quite large. A commonly held view is that yes, the Fed’s interventions are extraordinarily expansionary, and yes that could lead to inflation sometime far in the future. But for now we have D-leveraging, D-flation, D-pression to worry about. The Fed retains its traditional tools to fight inflation with, when the time comes. It will be able to sell Treasury bonds for cash and « mop up » all this « liquidity » it has « injected » into « the system ».

But wait. The Fed doesn’t hold very many Treasury securities any more (see Kady Liang). It would have to sell off some of the other stuff. Maybe we get lucky, and by the time we need to fight inflation, all those « money good » CDOs turn marketable again. Maybe not, though, and then the Fed will have little choice but to tolerate a great inflation or watch its own balance sheet implode. When the inflation comes, bright investment bankers will have already converted the bonuses we paid them into real property. It will be ordinary savers, and especially workers without bargaining power, who will be stiffed with the bill.

I think either a great inflation or a catastrophic deflation are pretty much unavoidable.

La Fin, ou les mémoires d’un apostat

The era that defined Wall Street is finally, officially over. Michael Lewis, who chronicled its excess in Liar’s Poker, returns to his old haunt to figure out what went wrong.

To this day, the willingness of a Wall Street investment bank to pay me hundreds of thousands of dollars to dispense investment advice to grownups remains a mystery to me. I was 24 years old, with no experience of, or particular interest in, guessing which stocks and bonds would rise and which would fall. The essential function of Wall Street is to allocate capital-to decide who should get it and who should not. Believe me when I tell you that I hadn’t the first clue.

I’d never taken an accounting course, never run a business, never even had savings of my own to manage. I stumbled into a job at Salomon Brothers in 1985 and stumbled out much richer three years later, and even though I wrote a book about the experience, the whole thing still strikes me as preposterous-which is one of the reasons the money was so easy to walk away from. I figured the situation was unsustainable. Sooner rather than later, someone was going to identify me, along with a lot of people more or less like me, as a fraud. (…)