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Israël 2020 – Les 2 scénarios d’avenir Scénario 1 : Vers la fin de l’état d’Israël / Scénario 2 : Vers un état israélien durable
14 janvier 2009, 13 h 23 min
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Poursuivant son analyse en profondeur des conséquences de la fin de l’ordre mondial hérité de l’après-Seconde Guerre Mondiale, LEAP/E2020 a entamé depuis plusieurs mois une réflexion stratégique concernant l’avenir d’Israël. Dans ce numéro 7 du GlobalEurope Anticipation Bulletin, nos équipes présentent donc les deux grandes options qui, selon nos travaux, s’offrent aux Israéliens quant à l’avenir de leur pays à l’horizon 2020. La crise libano-israélienne de l’été 2006 a en effet permis d’identifier beaucoup précisément les paramètres qui vont désormais définir l’équation régionale du Moyen-Orient.

L’élaboration des deux scénarios intègre donc la transformation souvent radicale de sept paramètres stratégiques. Chacun des deux scénarios résulte ensuite de la nature des réponses des principaux acteurs concernés aux modifications de leur environnement stratégique. Le premier présente les conséquences, dans l’environnement radicalement nouveau qui a émergé de la crise de l’été 2006, de la continuation pour encore une décennie de la politique adoptée par Israël depuis le milieu des années 90. Le second explore le potentiel d’une rupture radicale de la politique israélienne avec celle suivie ces dernières années, afin de s’adapter aux nouvelles contraintes pesant sur le Moyen-Orient.

Sept hypothèses structurantes :

1. Des forces fondatrices désormais épuisées : La création de l’Etat d’Israël est le fruit de deux grandes tendances caractéristiques de l’immédiat après-Deuxième Guerre Mondiale, désormais en voie d’extinction voire complètement éteinte ; à savoir d’une part, le sentiment général de culpabilité de l’Occident face au génocide du peuple juif perpétré par les Nazis ; et d’autre part, le modèle colonial. La première tendance qui s’affaiblit rapidement avec l’éloignement historique croissant de son événement-fondateur est un facteur-clé de la création de l’état d’Israël qui fut en effet considérée par l’Occident comme une tentative de compensation des atrocités commises contre le peuple juif durant les années 1930-1945 en Europe. La seconde tendance, qui a pratiquement disparu suite à la décolonisation, a fondamentalement influencé le choix du lieu de création de l’état d’Israël dans la mesure où elle permis de « découper un morceau de terre » sur des territoires administrés par les Européens sur un mode colonial.

2. La fin de la période de « surpuissance » militaire : La période historique de « surpuissance » israélienne par rapport à l’ensemble de son environnement direct au Moyen-Orient s’est close avec la crise israélo-libanaise de l’été 2006. Cette période s’était ouverte avec la victoire israélienne lors de la Guerre du Kippour en 1973 et reposait en particulier sur deux hypothèses désormais caduques : l’invincibilité de l’armée israélienne et l’omnipotence de l’Allié américain. L’incapacité de l’armée israélienne à atteindre les objectifs qu’elle s’était elle-même fixée à l’origine du conflit de l’été 2006, ainsi que la capacité du Hezbollah à s’opposer efficacement à cette armée israélienne, ont replacé la puissance israélienne dans une certaine normalité régionale [1] . L’incapacité de l’Allié américain à intervenir militairement dans le conflit, comme à bloquer les résolutions de l’ONU appelant à l’interruption précoce de l’offensive israélienne, ont sanctionné l’affaiblissement significatif des Etats-Unis dans la région [2] . Cette situation contribue à diminuer encore plus fortement le concept de la « surpuissance » israélienne puisqu’il était très lié à l’impression d’un soutien total par une puissance américaine elle-même irrésistible.

3. La fin de l’option unilatéraliste : Les choix stratégiques opérés par les dirigeants israéliens depuis l’assassinat d’Itzhak Rabin, et tout particulièrement par la série des Premiers Ministres Netannyahou, Sharon et Olmert, consistant à utiliser cette « surpuissance » pour tenter d’imposer des solutions unilatérales aux problèmes régionaux, ont abouti à accélérer la fin de cette période de « surpuissance ». Il est probable que, comme nombre de dirigeants dans l’Histoire, ces derniers se soient eux-mêmes laissés prendre au piège de « croire à leur propres communiqués de presse » et aient surestimé les capacités de leurs propres forces. Toujours est-il que l’utilisation systématique de l’appareil militaire pour fonder et mettre en œuvre leurs politiques, en lieu et place du dialogue et de la négociation, a créé une situation qui a contribué à affaiblir ce même appareil et à renforcer le désir, chez leurs adversaires, de pouvoir s’y opposer [3].

4. Le renforcement constant de la capacité militaro-stratégique des adversaires : Le monde arabo-musulman dans son ensemble connaît une amélioration constante de sa capacité de lutte contre les stratégies et tactiques militaires américaines, ou directement inspirées de ces dernières (comme cela a été le cas pour l’offensive israélienne de l’été 2006). Depuis plusieurs années maintenant, les conflits en Afghanistan et en Iraq fournissent en effet chaque jour des enseignements en la matière qui sont analysés et diffusés dans l’ensemble du monde arabo-musulman. La supériorité stratégique ou tactique de l’armée israélienne est donc désormais durablement confrontée à un défi particulièrement complexe à relever. La question nucléaire posée par l’Iran en est un exemple plus sophistiqué que la capacité de résistance du Hezbollah ; mais fondamentalement il s’agit de la même tendance. On peut d’ailleurs constater, et ce malgré les oppositions américaine et britannique, que le reste du monde est parvenu à imposer (certes péniblement) à Israël un arrêt de la destruction des infrastructures publiques et privées du Liban. Le potentiel dissuasif de l’arme nucléaire israélienne est donc indirectement posé, car on peut se demander quelles puissances dans le monde soutiendraient la quasi-destruction des principales installations pétrolières mondiales et la stérilisation pour des décennies de zones concentrant d’immenses réserves d’hydrocarbures (en cas de frappes nucléaires sur l’Iran ou une autre puissance du Golfe persique). Là aussi, la puissance militaire potentielle pure ne mesure pas nécessairement la capacité politique réelle.

5. L’incertitude croissante sur la nature du soutien américain de long terme à Israël : Les échecs américains au Moyen-Orient, en particulier l’enlisement en Irak, sur fond d’affaiblissement généralisé des Etats-Unis, sont en train d’alimenter une remise en cause des relations privilégiées entre Israël et les Etats-Unis, alimentée tant par les adversaires d’un soutien inconditionnel américain à Israël [4] que par les avocats de ce même soutien, inquiets de l’incapacité d’Israël à mettre en œuvre les priorités américaines dans la région [5] . En fonction de l’évolution politique et économique aux Etats-Unis, Israël peut même craindre un renversement de tendances très brutal pouvant faire basculer les choix stratégiques américains au Moyen-Orient. Les dirigeants israéliens mentionnés à l’hypothèse 3 ont choisi de privilégier aux Etats-Unis l’alliance avec notamment la droite chrétienne du Parti républicain. Cette alliance de circonstance ne doit pas faire oublier que cette famille politico-religieuse américaine possède une longue tradition anti-sémite et que, étant très liée au pouvoir actuel à Washington, elle sera tentée, en cas de revers en politique intérieure, de « faire porter le chapeau » à un bouc émissaire aux échecs de sa politique au Moyen-Orient. Nul besoin d’être un grand visionnaire pour imaginer quel groupe pourrait bien être ce bouc émissaire ; et les conséquences d’une telle évolution sur les relations stratégiques Israël/Etats-Unis.

6. L’influence croissante et durable de l’Union européenne au Moyen-Orient : On peut considérer comme anecdotique le fait que les Européens reviennent militairement au Moyen-Orient exactement 50 ans après en avoir Lire la suite

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Le protectionnisme et le contrôle des changes conduisent-ils à la guerre?

Par Jacques Sapir

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sapir@msh-paris.fr

Leçons des années 1930 pour comprendre la crise actuelle.

L’ampleur de l’actuelle crise économique et financière n’a d’égale que celle de 1929. Elle affecte l’ensemble du système financier et monétaire international, qui a du faire face entre le 15 septembre 2008 et le début du mois de novembre à une crise des liquidités internationales sans précédant. L’ensemble des systèmes bancaires et financier est touché. Les effets sur les économies nationales se dévoilent aujourd’hui dans toute leur importance.

Si, au contraire de la crise de 1997-1999 les grands pays « émergents » (ceux que l’on appelle les BRIC, soit le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine) resteront capables de performances économiques acceptables (environ 3,5% de croissance en Russie et sans doute 7-8% en Chine), les pays développés sont entrés en récession.

Celle-ci s’annonce particulièrement sévère aux Etats-Unis où le PIB devrait se contracter de -2% à -3% durant 2009 et peut-être une partie de 2010. Les économies européennes seront elles aussi touchées, mais avec des différences significatives. Si la Grande-Bretagne et l’Espagne, qui avaient imité le « modèle américain » d’une économie très ouverte et financiarisée vont elles aussi connaître une récession très sérieuse, avec un recul du PIB certainement supérieur à 2%, la France et l’Italie devraient subir un choc de moindre ampleur. Notons cependant qu’il faut s’attendre à une contraction du PIB proche de 1% pendant la plus grande partie de 2009.

Quant à l’Allemagne, son modèle « neo-mercantiliste », fondé sur une contraction de la demande intérieure et la délocalisation des chaînes de sous-traitance dans les économies à faibles coûts du travail des « nouveaux entrants » de l’UE lui avait assuré jusqu’à présent de bonnes performances en matière de balance commerciale. Mais, on avait tendance à oublier que ce succès s’était payé au prix d’une montée du chômage et d’une baisse de l’investissement. La crise va affecter durablement aussi ce modèle et aura des conséquences importantes outre-Rhin.

La crise aura aussi des conséquences importantes dans les économies qui sont à la périphérie des grandes économies développées touchées par la crise. La récession a déjà transformé les Pays baltes, imprudemment désignés par certains comme les « petits dragons de la Baltique » en pays ne devant leur salut que dans les prêts du FMI. L’effondrement Islandais, un pays qui avait appris par cœur la leçon du néo-libéralisme et avait joué à fond la carte de la financiarisation de son économie, est bien connu. Quant à l’Irlande, que l’on donnait en modèle de la réussite d’un pays européen combinant les réformes structurelles si chères au cœur des néo-libéraux avec une totale ouverture aux marchandises et aux capitaux en oubliant un peu vite l’ampleur des aides européennes reçues, elle était déjà cet été dans une récession de -1,5% du PIB.

Plus dramatique encore est le cas de certains pays du Maghreb ou de l’Amérique Latine. La violence de la contraction de l’activité en Espagne a pour conséquence une explosion du chômage qui touche en premier lieu les immigrés les plus récents. Les effets s’en font sentir au Maroc, mais aussi en Équateur. Le Mexique, dont la croissance était tirée par la consommation américaine va lourdement pâtir de la crise qui s’installe au nord du Rio Grande, sans oublier le fait que ses exportations souffraient déjà de la concurrence asiatique, et Chinoise en particulier.

La crise est bien mondiale.

1.  Une crise de la globalisation.

Cette crise trouve ses origines dans les déséquilibres de fond entre production et consommation qui se sont mis en place à la suite du précédent choc, celui de 1997-1999. Ces déséquilibres sont dans une très large mesure le produit de la libéralisation financière et commerciale, entamée dans les années 1980, et qui a connu son paroxysme dans les années 1990.

1.1. Les conséquences de la crise financière de 1997-1999.

La crise de 1997-1999 a marqué un changement de régime dans l’ordre financier international[2]. La libéralisation de la finance internationale avait fragilisé les systèmes bancaires, conduisant à une instabilité financière de forte amplitude[3]. Sous l’impulsion des Etats-Unis et du FMI[4], de nombreux pays – sauf la Chine – ont du adopter une convertibilité totale de leur monnaie, incluant le compte de capital. Or, une telle convertibilité totale, si elle favorise à l’évidence le développement des services financiers transnationaux, n’a que peu d’intérêt du point de vue du développement réel des pays considérés[5]. Elle accentue en réalité la dichotomie entre la logique financière et la logique du secteur réel des économies.

La crise de 1997-1999 est dans une très large mesure le résultat de la situation créée par la libéralisation financière. Elle a conduit de nombreux pays asiatiques qui avaient été les premières victimes de cette crise, à vouloir se doter de réserves en devises excessives pour se prémunir contre cette instabilité.

La Chine a adopté une politique similaire moins en raison de l’impact immédiat de la crise – la convertibilité limitée du Yuan l’en avait protégé – que parce qu’elle avait du éponger par un déficit commercial accepté vis-à-vis de ses voisins immédiats les conséquences de cette crises. La Chine avait été en 1997-1999 le grand stabilisateur de l’économie asiatique face à l’incurie du FMI qui s’était révélé incapable de gérer cette crise, et face à la pression des Etats-Unis qui avaient empêché la constitution du « Fonds Monétaire Asiatique » que le gouvernement japonais souhaitait mettre en place (avec l’accord implicite de la Chine).

Cette politique fut un succès et les réserves de change accumulées par la Chine et ses voisins immédiats se sont accrues de manière considérable. Cette politique a eu cependant un coût interne non négligeable, qui aurait pu être évité si l’on avait eu un système financier international plus efficace et moins instable[6]. La croissance des pays qui ont eu recours à cette stratégie aurait pu être mieux équilibrée, tant sur le plan social qu’écologique.

Tableau 1 :

Réserves de change au 31 août 2008

Montant en milliards de Dollars

République Populaire de Chine

1884

Hong Kong (*)

158

Taiwan

282

Corée du Sud

240

Singapour

170

Total pays émergents d’Extrême-Orient

2734

Japon

972

Total Extrême-Orient

3706

Inde

286

Brésil

206

Russie

581

Total BRIC

2957

Total Eurozone

555

* Hong Kong est ici comptabilisé séparément de la RPC. Source : FMI.

1.2. La « Déflation salariale » et la responsabilité du Libre-Échange

Mais, il y a eu aussi un coût pour l’ensemble du système qui a directement conduit à la crise actuelle. Pour accumuler les devises dans les quantités voulues, ces pays ont été poussés à développer des politiques prédatrices sur le commerce international. Celles-ci ont été mises en oeuvre par des dévaluations très fortes mais aussi des politiques de déflation compétitive limitant drastiquement la consommation intérieure.

Ces politiques ont eu un effet très puissant en raison du cadre de libre-échange généralisé mis en place par l’OMC. Celui-ci a induit un puissant effet de déflation salariale dans les pays développés. On voit dans la totalité des Lire la suite



Emmanuel Todd : « l’instabilité sociale va s’aggraver »
22 décembre 2008, 12 h 32 min
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« En France, le libre-échange ne profite plus, depuis une dizaine d’années, qu’à une toute petite fraction de la population. L’appauvrissement a gagné une large majorité de citoyens. Or, le système éducatif produit 33 % de bacheliers par an dans une génération. Est en train de se créer une vaste classe moyenne supérieure par l’éducation mais avec des revenus en pleine érosion. Ce sont les jeunes diplômés sacrifiés par le système économique. Cette situation ne peut mener qu’à des troubles sociaux et politiques. »

Frank De Bondt s’entretient avec Emmanuel Todd pour Sud-Ouest, 14 décembre 2008

Dans quel état l’Europe sortira-t-elle d’une crise économique dont chacun pense qu’elle s’aggravera en 2009 ?

Devant la possibilité d’un effondrement des échanges mondiaux, la situation de l’Europe est moins catastrophique que celle des États-Unis ou de la Chine, parce que son commerce extérieur reste relativement équilibré, grâce notamment à la puissance exportatrice de l’Allemagne. À l’inverse, l’économie américaine est massivement déficitaire. Si les échanges s’arrêtaient, le niveau de vie américain chuterait de 20 %. Quant à la Chine, elle ferait un grand bond en arrière. L’Europe est redevenue, depuis l’implosion de l’industrie américaine, le centre de gravité industriel et technologique de la planète. En raison des forces productives dont elle dispose.

L’Europe aurait donc moins besoin d’être protégée que les États-Unis ?

Ce n’est pas ce que je veux dire. Si on pense à l’effet du libre-échange sur les divers pays, il est clair que la première grande victime a été l’économie américaine, qui subit le choc de la concurrence européenne, japonaise et maintenant chinoise. L’industrie européenne n’a pas été détruite, mais le libre-échange a mis la pression sur les salaires, provoqué des délocalisations et tiré le niveau de vie vers le bas. Toutefois, l’Europe est à un stade de Lire la suite



1929 jusqu’au bout?
20 décembre 2008, 6 h 57 min
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l’Enfer, détail du panneau de droite (Der Heuwagen, triptyque antérieur au Jardin des Délices de Jérôme Bosch)

19 décembre 2008 — L’industrie automobile US est au bord de l’effondrement, représentant ainsi une crise sectorielle typique et symbolique de la tragédie économique qui est en train de frapper les USA. Si une aide d’urgence ne lui est pas accordée par l’administration GW Bush, il est possible, sinon probable, que General Motors et Chrysler se déclarent en faillite au début janvier 2009. Même si cette aide est accordée, la situation restera tragique, et le sort funeste repoussé de quelques semaines sans aucune issue garantie. La situation tragique de l’industrie automobile US est décrite dans un texte de WSWS.org, ce 18 décembre.

«Mark Zandi, chief economist at Economy.com, a web site associated with Moody’s, said that a “freefall” bankruptcy at one or more of the Big Three “would throw the broader economy into chaos, costing the economy 2.5 million jobs at its peak impact in summer 2010 and pushing the unemployment rate to a depression-like near 11 percent.” Zandi’s estimate of job losses resulting from a collapse of the auto industry corresponds to an earlier estimate made by the Center for Automotive Research.

»On Friday, Standard and Poor’s predicted that if no bailout is arranged, GM and Chrysler would be forced into bankruptcy by the first week of January, when major payments to part suppliers come due. But even if an “orderly restructuring” for the Big Three based on federal funds takes shape, it will do nothing to resolve the crisis of the auto industry, which is accelerating in the US and internationally.

»Johnson Controls Inc., one of the auto industry’s biggest parts makers, released its 2009 outlook Tuesday, which predicted that only 9.3 million cars and light trucks will be sold in the United States next year, down from 16 million in 2007 and about half of the nearly 18 million cars sold in 1999. Johnson Controls is predicting auto production will fall 25 percent and 32 percent next year in North America and Europe, respectively.

»If US car sales drop to 9 million vehicles next year, it will be the first time—with the exception of the World War II years—that the number of cars sent to the scrap yard will top the number of new cars sold. Economists call this “auto deflation”…»

Cette situation sectorielle est en train de prendre effectivement des dimensions de tragédie nationale, donc de prendre une substance différente, – une sorte d’enjeu central de la crise économique qui se développe avec une rapidité effrayante. De ce fait, les tensions engendrées par cette crise deviennent nationales et politiques. Les perspectives envisagées dépassent désormais largement la seule question à court terme de la possibilité d’une aide Lire la suite



Crise systémique globale : Nouveau point d’inflexion en Mars 2009 ’Quand le monde prend conscience que cette crise est pire que celle des années 1930’
16 décembre 2008, 18 h 36 min
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LEAP/E2020 estime que la crise systémique globale connaîtra en Mars 2009 un nouveau point d’inflexion d’une importance analogue à celui de Septembre 2008. Notre équipe considère en effet que cette période de l’année 2009 va être caractérisée par une prise de conscience générale de l’existence de trois processus déstabilisateurs majeurs de l’économie mondiale, à savoir :

1. la prise de conscience de la longue durée de la crise

2. l’explosion du chômage dans le monde entier

3. le risque d’effondrement brutal de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation

Ce point d’inflexion sera ainsi caractérisé par un ensemble de facteurs psychologiques, à savoir la perception générale par les opinions publiques en Europe, en Amérique et en Asie que la crise en cours a échappé au contrôle de toute autorité publique, nationale ou internationale, qu’elle affecte sévèrement toutes les régions du monde même si certaines sont plus affectées que d’autres (voir GEAB N°28), qu’elle touche directement des centaines de millions de personnes dans le monde ’développé’ et qu’elle ne fait qu’empirer au fur et à mesure où les conséquences se font sentir dans l’économie réelle. Les gouvernements nationaux et les institutions internationales n’ont plus qu’un trimestre pour se préparer à cette situation qui est potentiellement porteuse d’un risque majeur de chaos social. Les pays les moins bien équipés pour gérer socialement la montée rapide du chômage et le risque croissant sur les retraites seront les plus déstabilisés par cette prise de conscience des opinions publiques.

Dans ce GEAB N°30, l’équipe de LEAP/E2020 détaille ces trois processus déstabilisateurs (dont deux sont présentés dans ce communiqué public) et présente ses recommandations pour faire face à cette montée des risques. Par ailleurs, ce numéro est aussi comme chaque année l’occasion d’une évaluation objective de la fiabilité des anticipations de LEAP/E2020, qui permet de préciser également certains aspects méthodologiques du processus d’analyse que nous mettons en œuvre. En 2008, le taux de réussite de LEAP/E2020 est de 80%, avec une pointe à 86% pour les anticipations strictement socio-économiques. Pour une année de bouleversements majeurs, c’est un résultat dont nous sommes fiers.

La crise durera au moins jusqu’à la fin 2010

Comme nous l’avons détaillé dans le GEAB N°28, la crise affectera de manière diversifiée les différentes régions du monde. Cependant, et LEAP/E2020 souhaite être très clair sur ce point, contrairement aux discours actuels des mêmes experts qui niaient l’existence d’une crise en gestation il y a trois ans, qui niaient qu’elle soit globale il y a 2 ans et qui niaient il y a seulement six mois qu’elle soit systémique, nous anticipons une durée minimale de trois ans pour cette phase de décantation de la crise [1]. Elle ne sera ni terminée au printemps 2009, ni à l’été 2009, ni au début 2010. C’est seulement vers la fin 2010 que la situation commencera à se stabiliser et s’améliorer un peu dans certaines régions du monde, à savoir l’Asie et la zone Euro, ainsi que pour les pays producteurs de matières premières énergétiques, minérales ou alimentaires [2]. Ailleurs, elle continuera. En particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et dans les pays les plus liés à ces économies, où elle s’inscrit dans une logique décennale. C’est Lire la suite



Le point Omega de la crise
16 décembre 2008, 18 h 20 min
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Le point Omega de la crise

10 décembre 2008 — Il est temps d’observer qu’il existe un réel courant pour demander une réforme du Pentagone, ce courant nourri de plus en plus fortement par la crise financière et économique. Le rapport entre l’un et l’autre est évident: l’énormité des dépenses militaires est de plus en plus difficile à justifier face aux ravages de la crise, – ou plutôt, nuançons: cette énormité serait de plus en plus difficile à justifier s’il y avait débat là-dessus. Aujourd’hui, ce débat n’existe pas, ou bien faut-il dire: “n’existe pas encore”? Ou bien, encore, faut-il observer que ce débat prend forme et s’impose sans que nul ne l’ait voulu ou n’ait cru réussir à l’imposer? Nous voulons dire par là que le débat semble plutôt se mettre en place de lui-même.

Le fait est que la pression de la crise est si forte qu’une telle neutralité à l’égard des dépenses de défense, ou une telle ignorance de ces dépenses sera, ou serait difficile à maintenir longtemps. Cela le sera d’autant plus que ces énormes dépenses donnent des résultats extraordinairement catastrophiques. Comme on le lit dans le rapport CNP, dont nous parlons par ailleurs aujourd’hui: «U.S. defense spending grew 86 percent over the past eight years, with unclear results.» Le “unclear” est encore plus attachant que le “86%”…

Ce qu’on observe pour alimenter cette idée de la mise en place spontanée d’un débat, c’est que nombre de ceux qui participeraient à ce débat et qui veulent l’empêcher, essentiellement les défenseurs des dépenses du Pentagone, sont conduits à argumenter préventivement contre un tel débat dans une forme qui finit paradoxalement par favoriser la perspective d’un débat. C’est le cas d’une campagne lancée par l’AIA (Aerospace Industries of America), dont le thème est de montrer que cette industrie aérospatiale, principale fournisseuse de ce qu’on nomme “les armements“, participe à sa façon à la lutte contre la crise. Cette campagne a été notamment marquée par le passage d’une page de publicité présentant les arguments de l’AIA, dans le Washington Post du 2 décembre.

Un relais bien connu des intérêts de l’industrie aérospatiale US, Loren B. Thompson, a immédiatement mis en ligne un commentaire destiné à appuyer cette publication, voire à la renforcer, sur le site de son Institut Lexington, le 3 décembre. Il l’assortit aussitôt d’une remarque qui situe l’enjeu, en le plaçant résolument dans le cadre de la crise économique et, pour son compte, de la survie de l’industrie aéronautique; en d’autres termes et par rapport à la question que nous évoquons, Thompson implique que si les commandes du Pentagone devaient être réduites de façon conséquente, le sort même de l’industrie aérospatiale serait en jeu…

«The aerospace industry has begun a campaign to convince the next administration that support of its programs will help bolster the ailing economy. The industry’s trade association paid for a full-page advertisement in the December 2 Washington Post stating that two million middle-class jobs are generated by the aerospace sector, that it is the nation’s leading exporter of manufactured goods, and that its products are essential to national security. Argued against the backdrop of a rapidly deteriorating economy, the pitch looks pretty persuasive.

»However, aerospace is not like other industries. It gets a lot more money from taxpayers in a typical year than the auto industry is going to get from any federal bailout, and much of the aerospace sector would cease to exist in the absence of government support…»

Suivent des arguments qui peuvent nous sembler classiques mais qui sont exceptionnels dans le cas d’une industrie qui a toujours prétendu fonctionner selon les lois du marché plus que selon les lois du secteur public, ou “nationalisé”:

• L’industrie aérospatiale US est la première du monde, ce qui est essentiel pour la sécurité nationale et pour les Lire la suite



L’information au futur I
11 décembre 2008, 12 h 17 min
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La plus grande part des connaissances que nous avons sur le monde, nous les avons reçues à travers des médias. Celle que nous avons acquise au cours d’une expérience directe des choses mêmes ou d’un rapport personnel avec des être humains (nos parents, nos maîtres, nos amis) représente moins que les millions d’images, de discours, d’expériences « de seconde main » dont nous sommes redevables à des dispositifs techniques destinés à enregistrer et transporter jusqu’à nos cerveaux un certain type d’information ordonnées suivant un certain code (telle est la définition que nous donnerions d’un média). Et encore, les premiers ont largement recouru aux seconds (nos professeurs ont employé des livres, nous avons communiqué avec nos amis par téléphone ou courriel, etc..).

Or notre système politique, la démocratie, repose la fiction, d’une opinion rationnelle parfaitement informée transformée par la magie du vote en volonté populaire juste. Tandis que notre culture repose, elle, sur l’idéal d’un individu rationnel, critique, capable de juger en connaissance de cause d’un monde dont il saisit la complexité. Mais nous savons parfaitement que le citoyen/individu n’a ni le temps, ni les capacités, ni les possibilités matérielles d’aller recueillir les informations à la source, de les vérifier, de les analyser… En ce sens les médias s’interposent entre le monde et nous, tout en accroissant les possibilités de nos sens et de notre cerveau d’appréhender ce monde.

Dans ces conditions, il n’y a pas à s’étonner que la « critique des médias » au sens large soit presque aussi vieille que la pensée (du moins que la pensée dont nous avons conservé la trace, donc médiatisée sous forme de manuscrits). Par critique des médias au sens large, nous entendons, par exemple, les prises de position de la plupart des religions sur la question de l’image (est-il ou non licite de représenter le dieu ou l’élément sacré offert à l’adoration des fidèles ?) ou encore les questions que posent les premiers philosophes (à commencer par Platon dont le mythe de la caverne est l’archétype de toute critique des médias des siècles suivants) sur le caractère du théâtre, du livre, des arts pour libérer ou au contraire asservir notre esprit, l’approcher ou l’éloigner de la vérité.

Pour faire simple, nous dirons qu’il est possible de critiquer les médias pour ce qu’ils ne font pas et pour ce qu’ils font.
La première critique repose sur l’image de la perte : les médias ne nous représentent pas bien le monde réel, ils nous Lire la suite