Electronx's Blog


Purin d’ortie et phytosanitaires naturels quasiment interdits !
20 août 2009, 7 h 41 min
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Comment simplifier les procédures d’autorisation de produits phytosanitaires naturels ? Après deux ans et demi de réflexion, le gouvernement a courageusement tranché… en les interdisant (ou presque) ! Exit les purins d’ortie de mémé, vive le Roundup !

PNPP et purin d'orties quasiment interdits en France.

Tout débute en décembre 2005, avec le vote de la loi d’orientation agricole (LOA) qui excluait quasiment la plupart des produits naturels de la liste des phytosanitaires (herbicides, insecticides…) autorisés en France. Exit les purins d’ortie de mémé, vive le Roundup ! L’urgence ordonnée par le gouvernement, le décret était publié à peine deux semaines après le vote du Sénat. La République était en danger, il fallait sévir. Et vite !

Quelques mois plus tard, les inspecteurs de la répression des fraudes perquisitionnaient le domicile d’Eric Petiot, un dangereux horticulteur qui avait commis des livres aux titres aussi sulfureux et subversifs que « Les soins naturels aux arbres« , dans lesquels il refilait ses bons tuyaux sur la confection de décoctions naturelles pour soigner ses carrés de légumes : purin d’ortie, préparations à base de fougères, pissenlits, sureau… Des recettes ancestrales qui font leurs preuves depuis que l’homme a découvert la binette.

Soigner les plantes par les plantes… illégal !

Les remèdes de mémé hors-la-loi ? Scandale ! Devant l’émoi suscité dans la population, sénateurs et députés ont voté dans l’urgence un amendement à la loi sur l’eau de décembre Lire la suite



Hervé Kempf : « Ce que nous vivons n’est pas la crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. »

Ce sont deux livres en forme de constats sans appel, certitude que notre monde est mort et qu’il s’agit d’en construire un nouveau. Deux ouvrages analysant les contradictions sociales et écologiques d’un capitalisme qui, à force d’invoquer la croissance et la consommation, sombre et disparaît. Avec « Comment les riches détruisent la planète » et « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », Hervé Kempf signe la plus belles des épitaphes à un système moribond. Il en parle ici.

« Le capitalisme est le racket légitime organisé par la classe dominante. »
Al Capone, cité par Hervé Kempf.

[1]

Prophète des temps modernes, il écrivait fin 2006 :

« Résumons. Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. Les amorces possibles pourraient s’allumer dans l’économie arrivant à saturation et se heurtant aux limites de la biosphère :

  • Un arrêt de la croissance de l’économie américaine, minée par ses trois déficits géants – de la balance commerciale, du budget, de l’endettement interne. Comme un toxicomane qui ne tient debout qu’à doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, titubent avant l’affaissement ;
  • Un fort freinage de la croissance chinoise – sachant qu’il est impossible qu’elle tienne très durablement à un rythme de croissance annuel très élevé. »

Touché-coulé. Mais si ce n’était que cela, sentir venir le froid de la crise et savoir l’annoncer au détour de quelques pages… Hervé Kempf ne serait qu’un analyste de plus, heureusement tombé juste quand tous se plantaient. Intérêt limité.
L’ambition de l’auteur est heureusement beaucoup plus large. En deux ouvrages incroyablement percutants, viatiques publiés à deux années de différence, l’homme se paye le luxe d’étendre le capitalisme pour le compte, KO debout et laissé pour mort dans un coin du ring. Rien de moins.

Reprenons. L’auteur est spécialiste des questions environnementales, infatigable contempteur des errements environnementaux de notre société depuis la catastrophe de Tchernobyl. Journaliste au Monde et tenancier du site Reporterre, il a publié en janvier 2007 Comment les riches détruisent la planète [2],  livre aussi bref que dense, liant les crises sociales et écologiques pour mieux illustrer l’échec du capitalisme. A grands renforts de chiffres, d’extraits de lecture et d’impressions de voyages et de reportages, il démontre mieux que nul autre l’impasse du système, incapable d’assurer à tous un juste développement comme de garantir la survie des générations futures. Devenu fou, le capitalisme court à sa perte, détruit les citoyens comme il dévore la biosphère, ne profitant qu’à quelques-uns, cette « oligarchie » qui « n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie ». Désastre ? Non : en digne représentant de la mouvance altermondialiste – courant de pensée trop vite enterré et qui revient au pas de charge à la faveur de la crise – , Hervé Kempf chante les alternatives, appelle au sursaut citoyen, veut croire à notre capacité à changer le monde. Et nous aussi.

L’espoir ? Il s’affine dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, paru il y a quelques jours [3].  S’il revient sur le champ de ruine laissé par le capitalisme, monde sans valeurs – sinon celles d’un individu se croyant tellement roi qu’il ne voit plus combien il est seul et sa vie sans intérêt – et sans avenir, s’il réduit à néant le mirage de la croissance verte – cautère sur une jambe de bois qui voudrait nous faire croire qu’on peut sauver le monde sans en bouleverser ses assises – , s’il affirme toujours combien l’urgence de la crise écologique ne nous laisse d’autre choix que de modifier profondément notre rapport à la consommation, Hervé Kempf ne cède ni au catastrophisme ni au pessimisme. Au contraire : il donne à voir combien les prochaines années, celles de la construction des alternatives, seront aussi exaltantes que dangereuses. Un immense enjeu.

« Est-il possible d’aller vers la sobriété sans passer par des secousses violentes ? Pouvons-nous éviter que les gouvernements capitalistes imposent une réponse autoritaire en tentant une ’relance’ aussi dommageable écologiquement qu’inutile ? Je ne sais pas. Face aux sombres perspectives, l’heure des hommes et des femmes de coeur, capables de faire luire les lumières de l’avenir, a sonné. »

Ces deux livres, chacun devrait s’y plonger tant ils sont implacables, efficaces, aussi synthétiques que faciles d’accès. Et puis aussi – tant qu’on y est – , lire cet entretien qu’Hervé Kempf nous a accordé, voici quelques semaines, dans un café de Nation. Hop :

Comment les riches détruisent la planète est sorti en janvier 2007. Avec clairvoyance, vous y annonciez en filigrane la crise à venir. Les faits vous ont donné raison…

Entre autres… Mais je voudrais d’abord revenir sur le mot crise. C’est un terme qui laisse à penser que nous devons passer un mauvais moment avant de retrouver l’équilibre dans le système actuel. Ce n’est pas le cas et il faut essayer de ne pas utiliser ce mot : ce que nous vivons n’est pas qu’une crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. Ce n’est pas la crise financière de 1929, ni celle de 1987 ou de 1998, ni la bulle spéculative de 2000… ces comparaisons laissent penser qu’aujourd’hui aussi, le système, après avoir tangué, se rétablira presqu’inchangé. Mais il faut au contraire considérer la situation que nous vivons comme la manifestation Lire la suite



Constitution pour l’économie : pas d’accord, par Daniel Dresse

En réponse aux prises de positions de Paul Jorion…

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(Paul Jorion)

Constitution pour l’économie : pas d’accord

Je voudrais aborder avec vous la question qui fâche, la seule où je me sens en état d’incompatibilité avec vous : le sens et l’utilité d’une constitution économique.

J’ai beau relire régulièrement les billets dans lesquels vous analysez les raisons qui vous ont amené à formuler tel projet, les débats pointus qu’ils ont déclenchés, et aussi la conclusion de votre dernier livre (ou avant-dernier puisque vous ne nous laissez pas le temps de souffler), je n’arrive pas à me ranger derrière vos arguments.

Vous remettez trop de choses en cause, lesquelles sont charnellement ancrées en moi de par l’éducation et l’instruction que j’ai reçue, de par la culture historique qui m’a pétri et les mythes qui m’ont fait rêver. En un mot, il y a des idées simples qui font partie de ma vie et auxquelles il m’est impossible de renoncer, cela d’autant plus qu’elles participent autant que les vôtres de l’ordre du rationnel.

Celle-ci par exemple : une constitution ne peut être fondée par elle-même, sans quoi elle devient un traité d’expert, ou d’oligarques, totalement coupée de la souveraineté du ou des peuples dont elle va désormais régir d’autorité l’existence (Demandez donc à Etienne Chouard, il vous expliquera cela très bien).

Quand vous parlez de Constitution Mondiale de l’Economie, je ne peux m’empêcher d’évoquer l’image, bien connue, d’une salle de réunion tristement éclairée, dans laquelle trois ou quatre personnes, après avoir longuement débattu entre eux –habilement il est vrai – demande au reste de l’assistance, qui n’a pas très bien tout compris, de voter rapidement (car le concierge menace de couper la lumière) sur une question absconse sortie comme par magie d’un chapeau.

Je ne peux m’empêcher aussi de penser – par analogie – à la procédure qui avait présidé à l’élaboration du Traité Constitutionnel Européen, où une sorte de « comité des sages » avaient décrété dans leur petit coin ce qui allait être bon pour nous tous, peuples européens, en ne nous laissant pour nous exprimer que le choix de dire oui ou non au fruit inextricable de leurs cogitations.

Connaissant le sens profond de votre démarche, je sais ce que vous pourriez me répondre : « Vous n’avez rien pigé, Ô rat d’hôtel velléitaire, vous vous placez dans le champ civilisé du politique, alors que moi, Jorion de la Vega, dit Zorro, je me hisse au niveau du champ économique, lequel n’a précisément pas été encore affecté par ce processus de civilisation ».

Le problème est que cette mystérieuse barrière, qui aurait cloisonné ces deux champs historiques de la civilisation, je ne la vois pas, de tout ce que je connais précisément de l’histoire.

Dans celle-ci je vois au contraire une lente et millénaire ascension du fait économique au sein du fait politique, avec un jeu de renvois dialectiques entre les deux. Par exemple, en 1789, le fait économique des difficultés financières du royaume, a permis le fait politique de la convocation des Etats Généraux, et le bouleversement de l’ordre social qui en a résulté, a ouvert l’espace à une nouvelle série de renvois dialectiques entre le politique et l’économique.

Un bouleversement considérable dans ce mécanisme – un véritable « basculement du monde » selon l’historien Michel Beaud – se serait alors produit il y a une vingtaine d’année, quand il est apparu clairement que l’ordre Lire la suite



Pile à combustible à polymère : on peut se passer du coûteux platine !
16 décembre 2008, 18 h 56 min
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Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Parmi les multiples familles de piles à combustible, qui fabriquent de l’électricité avec de l’hydrogène et de l’oxygène, les modèles à membranes en polymère présentent de nombreux avantages. Robustes, elles conviendraient à de nombreux usages, dont l’automobile. Mais elles coûtent cher à cause du platine qu’elles contiennent. Il suffisait de trouver l’astuce pour s’en passer…

Dans une pile à combustible, un matériau appelé électrolyte sépare les deux électrodes. Du côté de l’une (l’anode, qui émet les électrons) est amené de l’hydrogène tandis que de l’oxygène arrive de l’autre (côté cathode, donc). Entre les deux, l’électrolyte voit transiter les ions (le plus souvent des protons, H+, donc les noyaux d’hydrogène qui ont perdu leurs électrons), le résultat étant une émission d’eau. Autour de ce principe de base existent de multiples variantes, qui diffèrent par à peu près tous les éléments. L’électrolyte, notamment, peut être un liquide, ce qui présente quelques inconvénients.

Les efforts sont nombreux pour réaliser un électrolyte solide, constitué d’un polymère rendu conducteur. Il devient alors une fine membrane séparant les deux électrodes. On sait le faire depuis longtemps avec des membranes faites d’un polymère chimiquement actif, soit acide soit alcalin (ou basique, pourrait dire un chimiste), capable de faire transiter des ions. Le cas le plus étudié est celui des membranes acides, perméables aux ions H+. Un tel produit figure au catalogue de Dupont de Nemours, sous le nom de Nafion. Appelées PEMFC (Proton Exchange Membrane fuel Cell, pile à combustible à membrane échangeuse de protons), ces piles ont par exemple été utilisées dans des missions spatiales depuis les années 1960.


Schéma de la pile à membrane alcaline (cliquer sur l’image pour l’agrandir). Du côté de l’anode (ici en nickel-chrome), l’hydrogène s’oxyde et forme de l’eau en émettant des électrons dans le circuit. Au niveau de la cathode (en argent), l’oxygène est réduit et récupère des électrons. Entre les deux, la membrane, qui constitue l’électrolyte, se laisse traverser par les ions hydroxyles (OH). © Lin Zhuang

Mais elles peinent à sortir de ces prestigieux marchés. La raison est leur coût. Il faut leur ajouter du platine, au niveau des électrodes, qui fait office de catalyseur pour faciliter les réactions chimiques indispensables. On voit mal comment équiper ainsi un parc mondial de voitures électriques…

Prototype prometteur

Pour se passer du platine dans les piles à combustible, les scientifiques imaginent différentes solutions. Une équipe chinoise, de l’université Wuhan, menée par Lin Zhuang, vient d’apporter une réponse, publiée dans la revue Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences). Ces chercheurs ont utilisé une membrane alcaline, qui fait transiter les ions hydroxyles (OH). Il s’agit donc d’une APEFC (alkaline polymer electrolyte fuel cell). Ce principe est connu depuis des lustres et utilisé sur les piles à électrolytes liquides dites AFC (alkaline fuel cell). Ce genre de membrane a déjà été utilisé mais requérait aussi du platine.


De la poudre de sulfone à ammonium quaternaire, à droite le même composé en solution et la membrane obtenue après polymérisation (QAPS, quaternary ammonium polysulphone), bien moins coûteuse que les membranes à échange de protons des actuelles PEFMC. © National Academy of Sciences, Pnas

L’équipe chinoise est parvenue à s’en passer en utilisant un polymère particulier (un polysulfone, quaternary ammonium polysulphone, ou QAPS). La cathode (l’électrode côté oxygène) est en argent. L’anode (côté hydrogène) est en nickel, recouverte de chrome, un traitement qui empêche d’intempestives réactions d’oxydation, expliquent les auteurs, le nickel jouant le rôle de catalyseur.

Le prototype réalisé a fourni 50 milliwatts par centimètre carré de membrane à 60°C, « sans signe de dégradation durant les cent heures de l’essai ». La puissance est faible, les PEMFC actuelles fournissant quatre ou cinq fois plus. Mais cette pile n’est qu’un exercice de laboratoire qui démontre l’intérêt d’une nouvelle voie, où la catalyse est assurée par du nickel plutôt que par du platine. De quoi changer radicalement la donne industrielle et commerciale des piles à combustibles…

Le nickel de l'anode est traité au chrome. La réaction qui transforme l'hydrogène et l'hydroxyle (OH-) en eau est ainsi catalysée. © Lin Zhuang et al./Pnas

Le nickel de l’anode est traité au chrome. La réaction qui transforme l’hydrogène et l’hydroxyle (OH) en eau est ainsi catalysée. © Lin Zhuang et al./Pnas


« Le couple voiture-hypermarché va disparaître »

François Bellanger, animateur du « think tank » Transit City

 Avec son système écologique de transport de personnes, la société Urban-Cab a offert une nouvelle manière de se mouvoir dans la ville.

Léo Ridet

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Sous l’effet de la crise, tout le monde s’affole, les clients m’appellent de partout », sourit François Bellanger. Ce spécialiste des modes de vie urbains est consultant pour des grands groupes français : Renault, PSA, Veolia, la SNCF, Orange, la Caisse des dépôts et consignations… Il anime à Paris le think tank Transit City, consacré à l’avenir de la ville, des transports, du commerce, dont le prochain atelier, vendredi 28 novembre, au Pavillon de l’Arsenal, débattra de la question : « A quoi ressemblera le voyage dans vingt-cinq ans ? »

Que vous demandent vos clients ?

Beaucoup d’industriels commencent à comprendre que leurs modèles sont essoufflés et se demandent comment les renouveler. Le logement n’a pas changé depuis Haussmann, à l’exception de la salle de bains. Les hypermarchés sont totalement dépendants de l’automobile et s’aperçoivent qu’ils ne captent plus les Lire la suite