Electronx's Blog


Le capitalisme cognitif – phase trois du grand dessein
18 août 2009, 19 h 08 min
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https://i1.wp.com/jeanzin.fr/images/2008/born.gifLe capitalisme mercantile, c’est fait.
Le capitalisme industriel, c’est fait.
La production est en Asie, les esclaves aussi, les usines infectes également.
Et les ressources ont été pillées un peu partout sur la planète. Les occidentaux commencent à se lasser des biens matériels qu’on leur a fait entasser dans leurs maisons toujours plus grandes et toujours plus éloignées. Et d’abord, ils n’ont plus les moyens, puisqu’on leur a piqué les emplois industriels pour leur refiler des emplois de service précaires et mal payés.
Quand ils ont du boulot. Et quand ils ne sont pas obligés de quitter leur maison et de partir sur les routes parce qu’ils ne peuvent plus payer le crédit.
Evidemment.
Faut trouver un moyen de faire du big pognon avec autre chose.
Passons donc au capital immatériel ou à l’économie du savoir
En vlà une idée qu’elle est bonne.

Joe Bageant nous explique ça avec ses mots dans: « Consciousness Capitalism: Corporations Are Now After Our Very Beings »
Publié dans AlterNet, le 1° août 2009.

Economie de la connaissance: c’est nos êtres-mêmes que veulent les capitalistes maintenant

Le capitalisme a violé les ressources de la planète. Actuellement, il ne reste plus aux groupes privés qu’à extraire l’expérience humaine de la vie, puis de nous la relouer.
Il y a quelques années, grâce à l’administration George W. Bush, j’ai bénéficié de cours de réalité politique. Le genre d’études qui vous fait prendre une cuite le soir et hurler et enrager à l’écoute de la moindre info: « Tu vois comment ces salopards de capitalistes se sont fait autant de pognon simplement en tuant des bébés en Irak? Et comment ils nous ont lavé le cerveau et nous ont escroqués pour tous les besoins humains, depuis les soins de santé jusqu’à l »‘eau potable? », je disais à ma femme, furieux.
« C’est comme ça, pas autrement », me répondait-elle. ‘ »C’est un système ».
Ma chère femme pense souvent que j’ai pété un câble. Mais elle ne dit pas carrément à haute voix que je suis cinglé, parce que, faut dire, la franchise dans le mariage a des limites. En plus, je serais le premier à dire qu’elle a raison.
J’ai pété un câble, et je suis carrément en plein délire, vu à quoi est amarrée aujourd’hui la conscience collective aux Etats-Unis. Peu importe, je suis, comme je l’ai dit, en plein délire.
Quand je ne suis pas profondément déprimé. Ce qui est fréquent. Et c’est toujours, toujours, toujours, à cause de la dernière ignominie qu’a sortie le gouvernement/le capital – ces termes sont devenus ici interchangeables depuis au moins 50 ans, peut-être depuis plus longtemps.
Malgré ses faux-semblants et le consentement fabriqué, notre gouvernement n’est plus aujourd’hui qu’une arnaque d’intérêts privés, et il en sera probablement ainsi désormais.
C’est un truc de blancs, une tradition anglo-européenne. De plus, nous n’avons plus des dictateurs comme Hitler, ou un bon vieux despote implacable comme Idi Amin. Nous avons maintenant des bandes d’escrocs financiers en perruque poudrée ou qui portent des costumes achetés à Savile Row , des cartels de « larrons » de l’industrie et des banquiers racketteurs.
Les arnaques privées des blancs européens, en particulier dans le secteur bancaire, ont un passé vénérable de légitimité qui remonte au moins à l’époque où Guillaume le Conquérant avait accordé aux autorités qui administrent la Cité de Londres le droit de gérer le butin qu’il s’était constitué en Angleterre.
Malgré sa cruauté (il faisait écorcher les gens et pendre leur peau à leurs propres fenêtres, et si ça, c’est pas un signe de barbarie, je ne sais pas ce qui l’est!) Guillaume, exactement comme Allen Greenspan ou Bernie Madoffavit avait compris que la véritable puissance réside dans les temples de la banque et des opérations de change.
Même deux mille ans avant cela cependant, personne un tant soit peu sensé n’aurait osé s’en prendre aux cartels financiers.

Judée, année 26 après JC – « Ponce Pilate à Jésus: « Ecoute voir, tu es, il me semble, un jeune Juif sympa de … d’où ça déjà? Nazareth? Mais va falloir arrêter de faire le con avec les agents de change, parce que je récupère un pourcentage sur ces transactions, tu comprends? Alors, arrête de déconner avec eux. Et d’abord, tu vas renoncer à ce truc de Fils de Dieu, Roi des Juifs. il n’y a qu’un roi dans le coin et tu es pile devant lui. Alors, laisse tomber ces conneries, et on oublie tout ça, toi et moi. Sinon, j’ai deux larrons à crucifier demain, tu peux leur tenir compagnie, si tu veux. A toi de choisir.
Alors, c’est qui ton papa?
Je suis le fils de Dieu.
Prends-toi une croix en sortant ».

Et c’est sans fin. Comme l’a récemment montré le renflouement des banques, même Barack Obama, qui est descendu sur terre depuis Chicago avec 10 séraphins d’or qui lui tenaient les roupettes, ne déconne pas avec les agents de change. Ni avec les groupes bancaires, et pas Lire la suite



Saint Finnian et le Necronomicon du Copyright
14 août 2009, 21 h 53 min
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https://i2.wp.com/www.mysticvoodoo.com/images/Image3.jpg

Il y a quelques temps, je me suis demandé si le droit d’auteur ne rendait pas fou, face à la multiplication d’affaires traduisant un dérapage de la propriété intellectuelle. Le copyright dégénère de plus en plus souvent en copyfraud (revendication abusive de droit), avec les conséquences néfastes que l’on sait pour l’accès au domaine public, à la connaissance et à l’information. Pour essayer de mieux comprendre ce phénomène, je me suis replongé dans l’histoire du droit d’auteur, exercice toujours instructif pour prendre un peu de recul et redonner du sens lors des périodes tourmentées (je vous recommande à cet effet l’ouvrage de Françoise Chaudenson A qui appartient l’oeuvre d’art ?).

Et de fil en aiguille, j’en suis venu à me demander jusqu’où on pouvait rembobiner ainsi l’écheveau du copyright. On fixe traditionnellement le début de l’histoire du droit d’auteur en 1710, avec l’édiction du Statute of Anne en Angleterre, premier texte à reconnaître des droits au profit des auteurs. Mais je voulais aller plus loin et rechercher si possible le tout premier litige en matière de propriété intellectuelle. Qui le premier s’écria “Tu ne copieras point car ceci est à moi !” en cherchant à appuyer ses prétentions sur le droit ? Quel était donc cet Adam qui a voulu garder pour lui seul les fruits de la Création ?

Finalement, c’est en Irlande au 6ème siècle que l’on trouve la trace de cette querelle originelle survenue à propos d’un livre et de sa copie, mettant en scène Saint Colomban, futur fondateur de l’abbaye de Luxeuil, et un certain Saint Finnian de Moville dont l’histoire n’a guère retenu la mémoire mais qui mériterait sans conteste le titre de Saint Patron des Copyfraudeurs ! (Note :  la véracité de cette histoire est mise Lire la suite



Malgré sa censure, les partisans d’Hadopi ne désarment pas
10 juin 2009, 19 h 53 min
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La censure du dispostif de riposte graduée par le Conseil constitutionnel, mercredi 10 juin, est une nouvelle épreuve difficile pour le gouvernement, comme pour les sociétés d’auteurs qui soutenaient le texte. Cette censure « est nette, sans appel, claire et particulièrement motivée. C’est la plus sévère depuis une bonne dizaine d’années », résume Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’université de Montpellier.

https://i1.wp.com/cache.20minutes.fr/img/photos/afp/2009-03/2009-03-10/article_photo_1236701467525-2-0.jpg

Selon lui, « le Conseil constitutionnel offre une motivation particulièrement sévère, puisqu’il accuse le gouvernement, à l’origine de cette loi, d’avoir méconnu à la fois la liberté d’expression, le principe de la séparation des pouvoirs et la présomption d’innocence ». En imposant un juge pour prononcer la coupure de l’accès Internet, le Conseil constitutionnel fait par ailleurs peser un risque d’engorgement de la justice qui pourrait rendre la riposte graduée difficilement applicable.

Mais Christine Albanel, ministre de la culture, a rapidement affirmé qu’elle proposerait un nouveau texte qui tienne compte de la décision des sages, en prévoyant notamment que le pouvoir de sanction reste dans les mains des juges. Par ailleurs, elle a tenu à afficher sa satisfaction en affirmant que « le principe d’un dispositif pédagogique de prévention du piratage a été validé ». Le Conseil a en effet autorisé la future Haute Autorité à envoyer de simples avertissements.

Un point de vue que partage le rapporteur UMP du projet de loi, Franck Riester. Selon lui, cette décision « ne remet Lire la suite



Les Sages valident les pouvoirs étendus des tribunaux pour lutter contre le téléchargement
10 juin 2009, 19 h 48 min
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Le Conseil constitutionnel a partiellement censuré, mercredi 10 juin, les articles 5 et 11 de la loi Hadopi, qui instituaient et définissaient le rôle de la Haute autorité chargée d’avertir puis de sanctionner les internautes téléchargeant des fichiers de manière illégale. Le Conseil avait été saisi par 60 députés de l’opposition, qui avaient déposé un recours visant l’ensemble de la loi, et plus particulièrement les articles 5, 10 et 11.

https://i0.wp.com/www.lefigaro.fr/medias/2009/06/10/5d058446-55d4-11de-a76c-688655dceeb3.jpg

Or, si les sages ont donné raison aux députés de l’opposition sur deux articles, ils ont toutefois estimé que l’article 10 n’était pas contraire à la Constitution. Il prévoit que, confronté à une violation de propriété intellectuelle, un tribunal de grande instance peut ordonner à la demande d’ayants droit « toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte à un droit d’auteur ou un droit voisin, à l’encontre de toute personne susceptible de Lire la suite



Hadopi : le Conseil constitutionnel censure la riposte graduée
10 juin 2009, 19 h 42 min
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Le Conseil constitutionnel a censuré, mercredi 10 juin, la partie sanction de la loi Hadopi – la « riposte graduée » – sur le téléchargement illégal. Considérant qu’« Internet est une composante de la liberté d’expression et de consommation », et qu’« en droit français c’est la présomption d’innocence qui prime », le Conseil rappelle dans sa décision que « c’est à la justice de prononcer une sanction lorsqu’il est établi qu’il y a des téléchargements illégaux ».

Malgré la censure du Conseil constitutionnel, Christine Albanel assure que "les premiers messages d'avertissement seront adressés dès l'automne aux abonnés à Internet".

AFP/BERTRAND GUAY

Le Conseil constitutionnel estime donc que le projet de loi enfreint deux articles de la déclaration des droits de l’homme de 1789, qu’il est également chargé de défendre. D’abord, l’article 11 qui protège « la liberté de communication et d’expression » et qui « fait l’objet d’une constante jurisprudence protectrice » explique les sages. A ce titre le pouvoir de « restreindre l’exercice, par toute personne, de son droit de s’exprimer et de communiquer librement » ne peut « incomber qu’au juge » affirment-ils.

Ensuite l’article 9 de la déclaration qui « pose le principe de présomption d’innocence ». « Seul le titulaire du contrat d’abonnement à Internet pouvait faire l’objet des sanctions instituées » dénonce le Conseil. Or « pour s’exonérer, il lui incombait de produire des éléments de nature à établir que l’atteinte portée au droit d’auteur procède de la fraude d’un tiers », ce qui institue « une présomption de culpabilité » que les Sages jugent inacceptable. « Le rôle de la Haute Autorité (Hadopi) est d’avertir le téléchargeur qu’il a été repéré, mais pas de le sanctionner », conclut le Conseil.

CHRISTINE ALBANEL VEUT AMENDER LE TEXTE

Loin de renoncer, Christine Albanel, ministre de la culture, explique dans un communiqué qu’elle veut « compléter Lire la suite



André Rouillé – Le grand chambardement culturel
31 mai 2009, 6 h 10 min
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Le grand chambardement culturel (# 1)
Deux ans après les élections présidentielles, chacun a évidemment sa façon d’apprécier la situation de la France en fonction de son point de vue et de sa place dans la société, l’économie, et bien sûr la culture.
Mais, qu’on le proclame, qu’on le concède, ou qu’on le taise, de plus en plus nombreux sont au total celles et ceux qui pensent que la «rupture» promise durant la campagne électorale, et survendue comme l’entrée dans une époque et des valeurs nouvelles, s’est transformée en un énorme chambardement, dont  la crise mondiale est moins la cause qu’un des accélérateurs.
Le chambardement n’est pas le changement, bien au contraire. Alors que le changement est généralement porteur d’un projet positif, d’une vision d’avenir, d’une série d’objectifs convergents, d’une élévation de la culture et de la qualité de vie ; alors qu’il est constructif ; le chambardement, lui, vise à tout renverser, à tout saccager, à tout bouleverser de fond en comble.
La «rupture» que beaucoup espéraient porteuse de changements positifs (sans nécessairement s’accorder sur leurs contours) s’est vite transformée en ce spectacle pitoyable d’un chambardement tous azimuts des acquis, des ressorts et des atouts les plus éprouvés et les plus féconds de la France.

Le chambardement qui affecte le pays de toutes parts est à la fois social, économique, politique, et éminemment culturel. C’est en effet la langue française, sa syntaxe et son lexique, qui a été la première touchée par un chef de l’État dont on ne cesse de relever les barbarismes, les fautes de français, et les expressions familières, et mêmes grossières.
Cela dit non pas à partir d’une conception figée de la langue, mais pour souligner et regretter que, dès ses premières prises de paroles, il a été évident que le Président ne serait pas, avec ses amis du «cercle du Fouquet’s», le meilleur défenseur de la qualité de la langue et de la culture françaises. La suite a outrepassé les pronostics les plus pessimistes.

Il est vite apparu que, pour le chef de l’État, la pratique du langage n’était pas qualitative mais quantitative. Beaucoup parler sur tout, monopoliser la parole, saturer les médias. Sans plus d’égards pour la forme que pour le contenu des discours émaillés de promesses solennelles, de faux étonnements, de sollicitude surjouée, qui n’ont pour la plupart guère dépassé le stade des mots.

On sait trop que l’exercice du pouvoir s’accompagne souvent d’une pratique discursive de la «promesse non tenue», de difficultés à raccorder les mots et les choses.
Mais l’actuel chambardement discursif se manifeste par une accentuation inouïe de cette Lire la suite



l’Hadopi ciblera en priorité les récidivistes potentiels !
21 mai 2009, 6 h 12 min
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Numerama a pu prendre connaissance des cahier des clauses administratives particulières (CCAP) et cahier des clauses techniques particulières (CCTP), transmis par le ministère de la Culture aux entreprises candidates à la mise en oeuvre du système d’information de l’HADOPI. Il nous en apprend plus sur le fonctionnement de la riposte graduée, et notamment qu’elle visera en priorité les internautes qui présentent le plus fort risque de récidive.

Numerama a pu prendre connaissance des cahier des clauses administratives particulières (CCAP) et cahier des clauses techniques particulières (CCTP), transmis par le ministère de la Culture aux entreprises candidates à la mise en oeuvre du système d’information de l’HADOPI. Il nous en apprend plus sur le fonctionnement de la riposte graduée, et notamment qu’elle visera en priorité les internautes qui présentent le plus fort risque de récidive.

Le gouvernement veut aller au plus vite dans la mise en oeuvre de l’Hadopi. Sans attendre que la loi Création et Internet soit adoptée, le ministère de la Culture a lancé en début d’année son appel d’offres et transmis aux différents prestataires candidats au marché public de l’Hadopi les documents contractuels qui fixent le cadre technique et administratif du fonctionnement de la Haute Autorité. Ils prévoyaient la notification du marché au 5 juin 2009, et la mise en oeuvre d’un premier prototype de la riposte graduée dès le 1er juillet.

Numerama a ainsi pris connaissance, et publie aujourd’hui l’intégralité du cahier des clauses administratives particulières (CCAP, .pdf) et du cahier des clauses techniques particulières (CCTP, .pdf) portant sur « l’acquisition d’un prototype de gestion de la mission de protection des oeuvres et objets auxquels est attaché un droit d’auteur ou un droit voisin« . Les versions de ces documents ont été réalisées début avril, sur la base du texte sorti en commission mixte paritaire, avant qu’il soit finalement rejeté par les députés en première lecture. Le texte issu de la seconde lecture étant toutefois extrêmement proche de la version de la CMP, on peut considérer ces documents comme les versions quasi définitives.

La vitesse de mise en oeuvre comme premier critère d’octroi du marché public

Selon le calendrier prévisionnel fixé, qui tablait sur une promulgation de la loi courant mai (ça sera plutôt courant juin), il est prévu que la riposte graduée soit mise en oeuvre dès après l’adoption de la loi, avec un calendrier qui échelonnait les étapes du 5 juin (date de notification du marché) au 31 mars 2010 (date où l’ensemble de l’architecture technique de l’Hadopi devait être terminée).

Au départ, l’Hadopi n’enverra que des recommandations écrites, par e-mail, à raison de 100 infractions traitées par jour. Puis lorsque les traitements seront totalement automatisés (en principe en septembre), l’Hadopi passera à un rythme de Lire la suite



Le Parlement Européen prolonge les droits sur la musique à 70 ans
25 avril 2009, 6 h 12 min
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Le domaine public va être encore réduit. Le Parlement Européen a accepté jeudi d’allonger la durée d’exploitation exclusive des maisons de disques et des artistes-interprètes, qui verront leurs droits perdurer 70 ans après la date d’enregistrement.

Alors que toutes les études indépendantes réalisées jusqu’à ce jour s’opposaient à l’idée d’allonger la durée de protection des droits des maisons de disques et des artistes-interprètes, voire proposaient sa réduction, le Parlement Européen a voté jeudi l’allongement des droits voisins. Le compromis a été accepté par 377 voix pour, 178 contre, et 37 abstentions.

Pour convaincre les députés réticents, il a été décidé d’allonger les droits à 70 ans après l’enregistrement, contre 95 ans proposés initialement. Actuellement, les maisons de disques et les artistes-interprètes bénéficient d’un droit exclusif de 50 ans après le jour de l’enregistrement des oeuvres musicales. C’est donc l’ajout d’une génération supplémentaire d’artistes dans le catalogue d’exploitation exclusive des majors, et la réduction d’autant du domaine public, qui va être amputé de 20 ans de musique jusque là libre de droits (à l’exception des mélodies et paroles, si Lire la suite



J’ai oublié de ne pas me souvenir
20 janvier 2009, 7 h 37 min
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Le célèbre icoNetgraphe John Mirlan filmait et enregistrait tous les instants de sa vie. Il s’est donné la mort hier. Il explique son geste en disant : « Je suis victime du développement des capacités de stockage. »

Dès son plus jeune âge, John Mirlan a vécu au rythme de la progression de la capacité de stockage des informations : Mes parents étaient précurseurs, disait-il. Ils avaient une obsession maniaque de la conservation. Ils ont filmé ma naissance et mes premiers pas. On ne regardait jamais ces enregistrements. C’était juste une preuve que cela avait existé. A l’âge de dix ans, John se met à son tour à filmer. Ses parents étaient ravis qu’il continue ce qu’ils avaient commencé, Ils ont mis du temps à comprendre que c’était une façon pour John de leur dire qu’il existait en dehors d’eux.

L’approche de John se démarque pourtant radicalement de celle de ses parents. Ses parents étaient marqués par le coût du stockage et même quand ce problème disparut, ils continuèrent à filmer en priorité les moments marqués du sceau de l’importance. En revanche, le vide qui occupe toute une partie de notre existence, ils l’ignoraient. Je me souviens de leur étonnement lorsque j’ai commencé à m’enregistrer en train de dormir. Cela leur semblait du gâchis !, disait John.

A 14 ans, John garde une caméra frontale en permanence allumée. Au début, ses interlocuteurs étaient gênés et il se moquait d’eux en pensant qu’ils n’étaient pas capables d’assumer leurs mensonges.

A cette époque, John se contente de visionner des séquences au hasard. Il était séduit par la transformation des visages et des corps. Sa compétence intéressa les entreprises de cosmétique, mais la collaboration fut de courte durée, car il ne supportait pas qu’ils oeuvrent pour supprimer les marques du temps. Le temps est la seule réalité qui ne fera jamais son temps, disait-il. La diminution du coût de la mémoire fit évoluer sa manière de faire et d’autant que l’augmentation de stockage s’accompagna du développement de logiciel de traitements de vie : Quand je l’ai installé, j’ai tapé “amour+première fois” et j’ai découvert que toutes les premières fois où j’avais fait l’amour avec une femme, j’avais gardé mes chaussettes ! C’est sans doute que j’avais peur de prendre mon pied, disait John.

John Mirlan revisite alors sa vie et est sidéré par sa constance à la répétition : C’est dur de s’entendre prononcer les mêmes phrases à cinq, dix, vingt ans d’intervalle. C’est comme si ma vie n’était qu’un radotage. J’oubliais pour recommencer toujours la même chose. Il dresse ensuite la liste de tous ses échecs et erreurs et analyse son fonctionnement. A l’issue de ce fastidieux travail, il sombre dans la dépression.

Après six mois de traitement, John reprend goût à la vie et décide de sensibiliser ses compatriotes aux dangers de la mémorisation en créant l’association « Pour l’oubli ». Au cours de nombreuses conférences, il défend ses positions en affirmant : Laissons-nous vivre… Oublions nos erreurs d’hier pour nous autoriser à les renouveler… Ne nous interdisons pas de répéter… La répétition donne de la consistance à nos existences… Laissons notre mémoire faire le tri entre l’important et l’accessoire… Virtualisons notre passé et acceptons que nos plaies se soient refermées.

Tout aurait pu continuer sur cette lancée, s’il n’avait pas reçu un mail-vidéo intitulé “Souvenir d’une promesse” qui comprenait deux enregistrements. Sur le premier, datant de la veille, une femme lui demandait :
- John, est-ce que tu te souviens de moi ? Sa femme raconte qu’il a ri en disant :
- Désolé jolie dame, si l’on se connaît, ma mémoire t’a effacée.

Le deuxième datait d’une trentaine d’années. John se trouvait en haut du montagne et hurlait : – Maeva, je t’aime. Si un jour, je t’oublie, je te jure, je me tue !

Anne-Caroline Paucot

Compléments d’information

– Le point sur l’évolution des capacités de stockage. Fing : Prospective 2010 Mémoire solide, vers l’abondance


- Vers l’état nounou

“D’ici 20 ans, il sera possible d’enregistrer en haute qualité la vidéo d’une vie entière. Ce n’est plus une question de savoir si cela va arriver, c’est en train d’arriver”, affirmait le professeur Nigel Shadbolt, spécialiste d’intelligence artificielle à l’université de Southampton.

La notion de mémoire pour la vie est d’ailleurs l’un des “Grands défis” identifiés dès 2005 par le Comité de recherche en informatique du Royaume-Uni.

Comme le souligne le Daily Telegraph : “La société devrait débattre des implications d’une telle croissance de la puissance informatique et de la masse d’information collectée par les individus. Certains craignent l’arrivée de boîte noires humaines, qui, combinées avec le développement des enregistrements électroniques médicaux ou financiers, pourraient nous conduire à un abandon de toute intimité et au développement sans limite d’un État nounou. D’autres soulignent plutôt les avancées positives dans le domaine de la médecine, de l’éducation, de la prévention criminelle et de la connaissance historique.”

Source :  anticipedia



Des idiots et des anges
16 janvier 2009, 10 h 52 min
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https://i0.wp.com/www.woodstockfilmfestival.com/images/people/staff/Bill_Plympton.jpg

PAR Ingrid Merckx

Ange malgré lui. Tel est le dernier né de Bill Plympton, illustrateur américain emblématique de la School of Visual Arts, connu pour son strip politique « Plympton » et passé au cinéma en 1983 avec Boometown, film d’animation sur les dépenses militaires. Depuis, Bill Plympton multiplie moyens et longs métrages, qu’il dessine seul. Des idiots et des anges prend le parti du crayonné-hachuré légèrement retravaillé et colorisé par ordinateur. Dans un monochrome évoquant blancs et gris teintés, il anime une pantomime burlesque et sombre, traversée de douce poésie. Un homme cupide se voit pousser des ailes de bonté. Quand il tente de les couper, elles repoussent et le Lire la suite