Electronx's Blog


« L’explosion de la dette mondiale ! »
10 février 2015, 6 h 00 min
Filed under: économie, consumérisme, Décryptage, politique | Mots-clefs: , , , , , ,

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Voici une petite photo illustrant comment dire… l’endettement mondial officiel, car il y a également tout ce qui n’est pas comptabilisé ou mis « hors bilan »!!

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Le capitalisme cognitif – phase trois du grand dessein
18 août 2009, 19 h 08 min
Filed under: anthropologie, économie, consumérisme, Culture, Libertés | Mots-clefs: , , , , ,

https://i1.wp.com/jeanzin.fr/images/2008/born.gifLe capitalisme mercantile, c’est fait.
Le capitalisme industriel, c’est fait.
La production est en Asie, les esclaves aussi, les usines infectes également.
Et les ressources ont été pillées un peu partout sur la planète. Les occidentaux commencent à se lasser des biens matériels qu’on leur a fait entasser dans leurs maisons toujours plus grandes et toujours plus éloignées. Et d’abord, ils n’ont plus les moyens, puisqu’on leur a piqué les emplois industriels pour leur refiler des emplois de service précaires et mal payés.
Quand ils ont du boulot. Et quand ils ne sont pas obligés de quitter leur maison et de partir sur les routes parce qu’ils ne peuvent plus payer le crédit.
Evidemment.
Faut trouver un moyen de faire du big pognon avec autre chose.
Passons donc au capital immatériel ou à l’économie du savoir
En vlà une idée qu’elle est bonne.

Joe Bageant nous explique ça avec ses mots dans: « Consciousness Capitalism: Corporations Are Now After Our Very Beings »
Publié dans AlterNet, le 1° août 2009.

Economie de la connaissance: c’est nos êtres-mêmes que veulent les capitalistes maintenant

Le capitalisme a violé les ressources de la planète. Actuellement, il ne reste plus aux groupes privés qu’à extraire l’expérience humaine de la vie, puis de nous la relouer.
Il y a quelques années, grâce à l’administration George W. Bush, j’ai bénéficié de cours de réalité politique. Le genre d’études qui vous fait prendre une cuite le soir et hurler et enrager à l’écoute de la moindre info: « Tu vois comment ces salopards de capitalistes se sont fait autant de pognon simplement en tuant des bébés en Irak? Et comment ils nous ont lavé le cerveau et nous ont escroqués pour tous les besoins humains, depuis les soins de santé jusqu’à l »‘eau potable? », je disais à ma femme, furieux.
« C’est comme ça, pas autrement », me répondait-elle. ‘ »C’est un système ».
Ma chère femme pense souvent que j’ai pété un câble. Mais elle ne dit pas carrément à haute voix que je suis cinglé, parce que, faut dire, la franchise dans le mariage a des limites. En plus, je serais le premier à dire qu’elle a raison.
J’ai pété un câble, et je suis carrément en plein délire, vu à quoi est amarrée aujourd’hui la conscience collective aux Etats-Unis. Peu importe, je suis, comme je l’ai dit, en plein délire.
Quand je ne suis pas profondément déprimé. Ce qui est fréquent. Et c’est toujours, toujours, toujours, à cause de la dernière ignominie qu’a sortie le gouvernement/le capital – ces termes sont devenus ici interchangeables depuis au moins 50 ans, peut-être depuis plus longtemps.
Malgré ses faux-semblants et le consentement fabriqué, notre gouvernement n’est plus aujourd’hui qu’une arnaque d’intérêts privés, et il en sera probablement ainsi désormais.
C’est un truc de blancs, une tradition anglo-européenne. De plus, nous n’avons plus des dictateurs comme Hitler, ou un bon vieux despote implacable comme Idi Amin. Nous avons maintenant des bandes d’escrocs financiers en perruque poudrée ou qui portent des costumes achetés à Savile Row , des cartels de « larrons » de l’industrie et des banquiers racketteurs.
Les arnaques privées des blancs européens, en particulier dans le secteur bancaire, ont un passé vénérable de légitimité qui remonte au moins à l’époque où Guillaume le Conquérant avait accordé aux autorités qui administrent la Cité de Londres le droit de gérer le butin qu’il s’était constitué en Angleterre.
Malgré sa cruauté (il faisait écorcher les gens et pendre leur peau à leurs propres fenêtres, et si ça, c’est pas un signe de barbarie, je ne sais pas ce qui l’est!) Guillaume, exactement comme Allen Greenspan ou Bernie Madoffavit avait compris que la véritable puissance réside dans les temples de la banque et des opérations de change.
Même deux mille ans avant cela cependant, personne un tant soit peu sensé n’aurait osé s’en prendre aux cartels financiers.

Judée, année 26 après JC – « Ponce Pilate à Jésus: « Ecoute voir, tu es, il me semble, un jeune Juif sympa de … d’où ça déjà? Nazareth? Mais va falloir arrêter de faire le con avec les agents de change, parce que je récupère un pourcentage sur ces transactions, tu comprends? Alors, arrête de déconner avec eux. Et d’abord, tu vas renoncer à ce truc de Fils de Dieu, Roi des Juifs. il n’y a qu’un roi dans le coin et tu es pile devant lui. Alors, laisse tomber ces conneries, et on oublie tout ça, toi et moi. Sinon, j’ai deux larrons à crucifier demain, tu peux leur tenir compagnie, si tu veux. A toi de choisir.
Alors, c’est qui ton papa?
Je suis le fils de Dieu.
Prends-toi une croix en sortant ».

Et c’est sans fin. Comme l’a récemment montré le renflouement des banques, même Barack Obama, qui est descendu sur terre depuis Chicago avec 10 séraphins d’or qui lui tenaient les roupettes, ne déconne pas avec les agents de change. Ni avec les groupes bancaires, et pas Lire la suite



La Peste publicitaire
29 mai 2009, 22 h 00 min
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La publicité, propagande de la marchandise, est devenue progressivement la principale instance éducative chargée de façonner le nouveau type d’humain que réclamait le productivisme capitaliste: le consommateur, individu soumis au despotisme insatiable de ses envies du moment et dont l’essence sociale tend à se réduire à son pouvoir d’achat.

https://i0.wp.com/leplancherdesvaches.net/wordpress/wp-content/uploads/2008/02/bebe-marques.jpg

Que la peste publicitaire, dont la pandémie affecte désormais toute la planète, ait atteint aussi l’Ecole, voilà qui ne peut guère surprendre.

Car c’est bien d’un fléau qu’il s’agit, et le terme de peste utilisé ici ne doit pas être entendu comme une simple métaphore. La publicité est effectivement, comme la peste, la lèpre ou le sida, une saloperie, une infection de l’organisme (social en l’occurrence) extrêmement virulente, contagieuse et meurtrière. Elle peut certes avoir des effets physiques, ne serait-ce qu’indirectement, comme c’est le cas par exemple avec les maladies provoquées par l’alcool et le tabac, ou l’obésité des jeunes entraînée par l’abus des sucres et des graisses de la «fast-food», ou la traumatologie lourde liée aux accidents de la pratique sportive, etc. Mais les effets spécifiques de la publicité sont symboliques, c’est-à-dire qu’ils concernent le psychisme humain, le façonnement des structures intellectuelles et affectives de personnalité, l’aptitude des individus à percevoir le réel et à lui donner sens.

La publicité est fille de l’économie capitaliste. C’est une arme forgée dans la concurrence impitoyable des entreprises, et qui n’a jamais eu d’autre finalité que de maximiser ou optimiser la part de profit prélevée sur un marché donné. A l’origine elle était censée diriger les besoins solvables existants vers une offre ponctuelle Lire la suite



La prospérité sans la croissance ? inventer une alternative
29 avril 2009, 21 h 19 min
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Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l’humanité d’accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l’accomplissement des promesses du progrès, s’accompagne aujourd’hui d’une inégalité toujours accrue, d’une énorme demande sociale non satisfaite, et d’une pression croissante sur les conditions d’existence au nom du sacro saint rendement compétitif. Mais rendement de quoi ? Loin de permettre de libérer l’homme, l’intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l’humanité à sa perte. Le système économique – dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait – poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable qui nous rapproche inexorablement de l’épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brulante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l’impasse. Il faut repenser à nouveaux frais nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB. Cela implique-t-il un retour aux privations ? Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu’une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux-tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux USA, le sentiment de bien-être n’augmente plus en relation avec l’accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique en s’appuyant sur les travaux de l’économiste canadien Peter Victor que cela permettrait également de travailler moins. Nous publions ci-dessous la note de lecture de cet ouvrage rédigée par Charles Siegel pour Common Dreams, et fournissons le lien de téléchargement.

Par Charles Siegel, Common Dreams, 28 avril 2009

Quand une commission du gouvernement britannique publie un rapport appelant à mettre un terme à la croissance économique, il semble tout à coup que notre monde soit en pleine mutation. La croissance est l’objectif central pour les économistes depuis le début de la révolution industrielle. Aujourd’hui le professeur Tim Jackson, le Commissaire Economique de la Commission du Développement Durable du Royaume-Uni publie un ouvrage qui résume l’état actuel de nos connaissances sur la croissance économique et montre de façon convaincante qu’il faut y mettre un terme.

Nous avons tous entendu parler des effets de la croissance sur l’environnement, tels que l’épuisement des ressources et le réchauffement de la planète. L’opinion communément admise est que nous pouvons y faire face en adoptant des technologies plus efficace. Mais ce livre affirme qu’il n’existe pas de scénario plausible dans lequel le progrès technologique pourrait à lui seul réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre si la croissance se poursuit à son rythme actuel. « La taille de l’économie mondiale est presque cinq fois supérieure à ce qu’elle était il y a un demi-siècle. Si elle continue à croître au même rythme, ce chiffre sera de 80 en 2100. » Les efforts déployés pour utiliser au mieux la technologie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre seront vraisemblablement submergés par ce rythme rapide de croissance.

Si nous voulons sérieusement éviter les pires effets du réchauffement de la planète, nous devons aller au-delà de ce genre de solutions technologiques et repenser la croissance économique elle-même.

Mettre un terme à la croissance économique n’implique pas pour autant faire des sacrifices. Les données montrent Lire la suite



Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale
2 mars 2009, 20 h 51 min
Filed under: économie, consumérisme, europe | Mots-clefs: , , , , ,

– Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) –

Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d’accélération, d’impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu’à aujourd’hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l’incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d’un an à en traiter les conséquences au lieu de s’attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale.

Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :
1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l’ensemble de la planète
2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

B. Deux séquences parallèles :
1. La décomposition rapide de l’ensemble du système international actuel
2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les Lire la suite



J’ai oublié de ne pas me souvenir
20 janvier 2009, 7 h 37 min
Filed under: consumérisme, Culture, internet, Libertés | Mots-clefs: , ,

Le célèbre icoNetgraphe John Mirlan filmait et enregistrait tous les instants de sa vie. Il s’est donné la mort hier. Il explique son geste en disant : « Je suis victime du développement des capacités de stockage. »

Dès son plus jeune âge, John Mirlan a vécu au rythme de la progression de la capacité de stockage des informations : Mes parents étaient précurseurs, disait-il. Ils avaient une obsession maniaque de la conservation. Ils ont filmé ma naissance et mes premiers pas. On ne regardait jamais ces enregistrements. C’était juste une preuve que cela avait existé. A l’âge de dix ans, John se met à son tour à filmer. Ses parents étaient ravis qu’il continue ce qu’ils avaient commencé, Ils ont mis du temps à comprendre que c’était une façon pour John de leur dire qu’il existait en dehors d’eux.

L’approche de John se démarque pourtant radicalement de celle de ses parents. Ses parents étaient marqués par le coût du stockage et même quand ce problème disparut, ils continuèrent à filmer en priorité les moments marqués du sceau de l’importance. En revanche, le vide qui occupe toute une partie de notre existence, ils l’ignoraient. Je me souviens de leur étonnement lorsque j’ai commencé à m’enregistrer en train de dormir. Cela leur semblait du gâchis !, disait John.

A 14 ans, John garde une caméra frontale en permanence allumée. Au début, ses interlocuteurs étaient gênés et il se moquait d’eux en pensant qu’ils n’étaient pas capables d’assumer leurs mensonges.

A cette époque, John se contente de visionner des séquences au hasard. Il était séduit par la transformation des visages et des corps. Sa compétence intéressa les entreprises de cosmétique, mais la collaboration fut de courte durée, car il ne supportait pas qu’ils oeuvrent pour supprimer les marques du temps. Le temps est la seule réalité qui ne fera jamais son temps, disait-il. La diminution du coût de la mémoire fit évoluer sa manière de faire et d’autant que l’augmentation de stockage s’accompagna du développement de logiciel de traitements de vie : Quand je l’ai installé, j’ai tapé “amour+première fois” et j’ai découvert que toutes les premières fois où j’avais fait l’amour avec une femme, j’avais gardé mes chaussettes ! C’est sans doute que j’avais peur de prendre mon pied, disait John.

John Mirlan revisite alors sa vie et est sidéré par sa constance à la répétition : C’est dur de s’entendre prononcer les mêmes phrases à cinq, dix, vingt ans d’intervalle. C’est comme si ma vie n’était qu’un radotage. J’oubliais pour recommencer toujours la même chose. Il dresse ensuite la liste de tous ses échecs et erreurs et analyse son fonctionnement. A l’issue de ce fastidieux travail, il sombre dans la dépression.

Après six mois de traitement, John reprend goût à la vie et décide de sensibiliser ses compatriotes aux dangers de la mémorisation en créant l’association « Pour l’oubli ». Au cours de nombreuses conférences, il défend ses positions en affirmant : Laissons-nous vivre… Oublions nos erreurs d’hier pour nous autoriser à les renouveler… Ne nous interdisons pas de répéter… La répétition donne de la consistance à nos existences… Laissons notre mémoire faire le tri entre l’important et l’accessoire… Virtualisons notre passé et acceptons que nos plaies se soient refermées.

Tout aurait pu continuer sur cette lancée, s’il n’avait pas reçu un mail-vidéo intitulé “Souvenir d’une promesse” qui comprenait deux enregistrements. Sur le premier, datant de la veille, une femme lui demandait :
- John, est-ce que tu te souviens de moi ? Sa femme raconte qu’il a ri en disant :
- Désolé jolie dame, si l’on se connaît, ma mémoire t’a effacée.

Le deuxième datait d’une trentaine d’années. John se trouvait en haut du montagne et hurlait : – Maeva, je t’aime. Si un jour, je t’oublie, je te jure, je me tue !

Anne-Caroline Paucot

Compléments d’information

– Le point sur l’évolution des capacités de stockage. Fing : Prospective 2010 Mémoire solide, vers l’abondance


- Vers l’état nounou

“D’ici 20 ans, il sera possible d’enregistrer en haute qualité la vidéo d’une vie entière. Ce n’est plus une question de savoir si cela va arriver, c’est en train d’arriver”, affirmait le professeur Nigel Shadbolt, spécialiste d’intelligence artificielle à l’université de Southampton.

La notion de mémoire pour la vie est d’ailleurs l’un des “Grands défis” identifiés dès 2005 par le Comité de recherche en informatique du Royaume-Uni.

Comme le souligne le Daily Telegraph : “La société devrait débattre des implications d’une telle croissance de la puissance informatique et de la masse d’information collectée par les individus. Certains craignent l’arrivée de boîte noires humaines, qui, combinées avec le développement des enregistrements électroniques médicaux ou financiers, pourraient nous conduire à un abandon de toute intimité et au développement sans limite d’un État nounou. D’autres soulignent plutôt les avancées positives dans le domaine de la médecine, de l’éducation, de la prévention criminelle et de la connaissance historique.”

Source :  anticipedia



Hervé Kempf : « Ce que nous vivons n’est pas la crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. »

Ce sont deux livres en forme de constats sans appel, certitude que notre monde est mort et qu’il s’agit d’en construire un nouveau. Deux ouvrages analysant les contradictions sociales et écologiques d’un capitalisme qui, à force d’invoquer la croissance et la consommation, sombre et disparaît. Avec « Comment les riches détruisent la planète » et « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », Hervé Kempf signe la plus belles des épitaphes à un système moribond. Il en parle ici.

« Le capitalisme est le racket légitime organisé par la classe dominante. »
Al Capone, cité par Hervé Kempf.

[1]

Prophète des temps modernes, il écrivait fin 2006 :

« Résumons. Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. Les amorces possibles pourraient s’allumer dans l’économie arrivant à saturation et se heurtant aux limites de la biosphère :

  • Un arrêt de la croissance de l’économie américaine, minée par ses trois déficits géants – de la balance commerciale, du budget, de l’endettement interne. Comme un toxicomane qui ne tient debout qu’à doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, titubent avant l’affaissement ;
  • Un fort freinage de la croissance chinoise – sachant qu’il est impossible qu’elle tienne très durablement à un rythme de croissance annuel très élevé. »

Touché-coulé. Mais si ce n’était que cela, sentir venir le froid de la crise et savoir l’annoncer au détour de quelques pages… Hervé Kempf ne serait qu’un analyste de plus, heureusement tombé juste quand tous se plantaient. Intérêt limité.
L’ambition de l’auteur est heureusement beaucoup plus large. En deux ouvrages incroyablement percutants, viatiques publiés à deux années de différence, l’homme se paye le luxe d’étendre le capitalisme pour le compte, KO debout et laissé pour mort dans un coin du ring. Rien de moins.

Reprenons. L’auteur est spécialiste des questions environnementales, infatigable contempteur des errements environnementaux de notre société depuis la catastrophe de Tchernobyl. Journaliste au Monde et tenancier du site Reporterre, il a publié en janvier 2007 Comment les riches détruisent la planète [2],  livre aussi bref que dense, liant les crises sociales et écologiques pour mieux illustrer l’échec du capitalisme. A grands renforts de chiffres, d’extraits de lecture et d’impressions de voyages et de reportages, il démontre mieux que nul autre l’impasse du système, incapable d’assurer à tous un juste développement comme de garantir la survie des générations futures. Devenu fou, le capitalisme court à sa perte, détruit les citoyens comme il dévore la biosphère, ne profitant qu’à quelques-uns, cette « oligarchie » qui « n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie ». Désastre ? Non : en digne représentant de la mouvance altermondialiste – courant de pensée trop vite enterré et qui revient au pas de charge à la faveur de la crise – , Hervé Kempf chante les alternatives, appelle au sursaut citoyen, veut croire à notre capacité à changer le monde. Et nous aussi.

L’espoir ? Il s’affine dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, paru il y a quelques jours [3].  S’il revient sur le champ de ruine laissé par le capitalisme, monde sans valeurs – sinon celles d’un individu se croyant tellement roi qu’il ne voit plus combien il est seul et sa vie sans intérêt – et sans avenir, s’il réduit à néant le mirage de la croissance verte – cautère sur une jambe de bois qui voudrait nous faire croire qu’on peut sauver le monde sans en bouleverser ses assises – , s’il affirme toujours combien l’urgence de la crise écologique ne nous laisse d’autre choix que de modifier profondément notre rapport à la consommation, Hervé Kempf ne cède ni au catastrophisme ni au pessimisme. Au contraire : il donne à voir combien les prochaines années, celles de la construction des alternatives, seront aussi exaltantes que dangereuses. Un immense enjeu.

« Est-il possible d’aller vers la sobriété sans passer par des secousses violentes ? Pouvons-nous éviter que les gouvernements capitalistes imposent une réponse autoritaire en tentant une ’relance’ aussi dommageable écologiquement qu’inutile ? Je ne sais pas. Face aux sombres perspectives, l’heure des hommes et des femmes de coeur, capables de faire luire les lumières de l’avenir, a sonné. »

Ces deux livres, chacun devrait s’y plonger tant ils sont implacables, efficaces, aussi synthétiques que faciles d’accès. Et puis aussi – tant qu’on y est – , lire cet entretien qu’Hervé Kempf nous a accordé, voici quelques semaines, dans un café de Nation. Hop :

Comment les riches détruisent la planète est sorti en janvier 2007. Avec clairvoyance, vous y annonciez en filigrane la crise à venir. Les faits vous ont donné raison…

Entre autres… Mais je voudrais d’abord revenir sur le mot crise. C’est un terme qui laisse à penser que nous devons passer un mauvais moment avant de retrouver l’équilibre dans le système actuel. Ce n’est pas le cas et il faut essayer de ne pas utiliser ce mot : ce que nous vivons n’est pas qu’une crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. Ce n’est pas la crise financière de 1929, ni celle de 1987 ou de 1998, ni la bulle spéculative de 2000… ces comparaisons laissent penser qu’aujourd’hui aussi, le système, après avoir tangué, se rétablira presqu’inchangé. Mais il faut au contraire considérer la situation que nous vivons comme la manifestation Lire la suite