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La crise pourrait mettre à mal le boom des centres commerciaux
22 novembre 2008, 20 h 38 min
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De nombreux clients font leur course le dimanche au centre commercial de Plan de Campagne, près de Marseille, le 21 Janvier 2007 à Les Pennes-Mirabeau.

AFP/BORIS HORVAT

De nombreux clients font leur course le dimanche au centre commercial de Plan de Campagne, près de Marseille, le 21 Janvier 2007 à Les Pennes-Mirabeau

Y a-t-il trop de centres commerciaux ? En Europe, probablement, en France, sûrement et, en tout cas, il y a trop de projets ! C’est la conclusion que l’on peut tirer du 14e Marché international professionnel de l’implantation commerciale (Mapic) qui s’est tenue, à Cannes, du mercredi 19 au vendredi 21 novembre.

Le conseil en immobilier Cushman & Wakefield a recensé, pour l’Europe, pas moins de 15 millions de mètres carrés de centres commerciaux qui auront ouvert au cours de la seule année 2008, et 26 millions de mètres carrés d’ici fin 2009, soit trois fois plus que la moyenne de ces vingt dernières années.

La Russie connaît un véritable boom commercial et l’ouverture de 14 centres géants de plus de 100 000 mètres carrés y est prévue en 2009. L’Ukraine, la Bulgarie ou la Turquie sont atteintes de la même frénésie.

S’il est logique que les nations en voie de développement, sous-équipées, rattrapent leur retard, la fièvre touche aussi des pays déjà largement pourvus.

C’est le cas de la France, où les projets pullulent alors l’on compte déjà 232 mètres carrés de surface de centre commercial pour 1 000 habitants, mais aussi du Royaume Uni (251 m²) ou de l’Espagne (252 m²), tandis que la moyenne européenne s’établit autour de 200 m².

Procos, association de distributeurs et d’enseignes spécialisés (Fnac, Darty, Go Sport…), a, en octobre, dénombré 742 projets sur le territoire français, représentant plus de 8,8 millions de mètres carrés, dont un tiers ont déjà obtenu leur autorisation d’ouverture.

Ce chiffre, en hausse de 20 % par rapport à 2007, démontre au passage, et s’il en était besoin, que les restrictions réglementaires à l’ouverture de nouvelles surfaces commerciales (lois Royer et Raffarin) ont une portée toute relative.

« PARTIE DE POKER MENTEUR »

« Dans le seul département des Yvelines, il y a actuellement 6 ou 7 projets de 30 000 à 40 000 mètres carrés chacun, ce qui est totalement surdimensionné et ruine la cohérence territoriale », estime Jean-Paul Charié, député du Loiret et auteur du rapport sur l’urbanisme commercial, remis le 13 novembre au premier ministre.

« Au Mapic, on a assisté à une véritable partie de poker menteur, où les promoteurs ne voulaient pas avouer aux distributeurs qu’ils n’auraient pas les moyens de mener tous leurs projets à terme, notamment ceux situés en périphérie des villes », raconte Michel Pazoumian, délégué général de Procos. « Environ 40 % de ces projets seront abandonnés et seuls résisteront les équipements de centres-villes ou facilement accessibles par les transports en commun », prédit-il.

Quant aux 477 projets de parcs d’activité commerciale, ou retail parks, sorte d’alignements de « boîtes à vendre » qui, en général, défigurent les entrées de ville et dont la France s’est, hélas, fait une spécialité, ils paraissent condamnés. Beaucoup de ceux qui existent, comme celui de Thiais Village, en région parisienne peinent, en effet, à fonctionner.

Les capitaux, d’abord, manquent cruellement. Cushman & Wakefield constate que les montants investis dans les centres commerciaux d’Europe ont été presque divisés par deux entre 2007 et 2008, passant de 25 à 13 milliards d’euros.

Selon Jones Lang LaSalle, la chute est plus accentuée encore en France, avec 850 millions d’euros investis à fin septembre, soit 71 % de moins qu’en 2007. Même un puissant acteur, comme Klepierre, filiale de BNP Paribas, n’a pu trouver les crédits nécessaires pour acquérir, début octobre, pour 600 millions d’euros, la première foncière scandinave de centres commerciaux, Steen & Strom et a dû procéder à une augmentation de capital de 356 millions d’euros, au grand dam de ses actionnaires et au détriment de son cours de Bourse.

Ensuite, les distributeurs se font désirer pour louer des mètres carrés dans ces nouveaux équipements. « Bien des enseignes se montrent prudentes et revoient à la baisse leurs projets d’ouvertures de magasins, concentrant leurs efforts sur les meilleurs emplacements des centres-villes », observe Christian Dubois, directeur général de Cushman & Wakefield.

L’enseigne de chaussures Bata, par exemple, compte fermer 27 boutiques et 27 autres sont menacées, tandis qu’elle ne programme l’ouverture que d’une vingtaine de magasins, d’ici à 2011. Fait significatif : Zara n’était pas présent au Mapic.

Conséquence de la crise financière, « les franchisés des grandes marques rencontrent les pires difficultés pour obtenir des prêts afin d’ouvrir leurs boutiques », témoigne M. Dubois. Les loyers des commerces n’ont pas encore subi de baisse notable mais leurs locataires retrouvent, désormais, une marge de négociation pour leurs nouveaux emplacements.

Mais ce qui inquiète par dessus tout le secteur, c’est le manque d’appétit des consommateurs eux-mêmes, qui restreignent leur budget, notamment la partie consacrée à l’habillement, à l’électroménager et à l’ameublement. Avec la crainte que l’explosion de la bulle des subprimes fasse éclater celle des centres commerciaux.

Isabelle Rey-Lefebvre
Source : le monde.fr
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