Electronx's Blog


La mémoire Flash sera-t-elle un jour remplacée par le graphène ?
27 novembre 2008, 22 h 01 min
Filed under: science, Tech | Mots-clefs: , , , , ,

Par Jean-Luc Goudet

Un prototype de mémoire permanente réalisé en graphène, ce matériau tiré du graphite et apparenté aux nanotubes de carbone, a montré de prometteurs avantages. Cinq fois plus dense que l’actuelle mémoire Flash, il se révèle solide à l’usage et résistant à la température comme aux rayonnements électromagnétiques.

Depuis des années, l’industrie de l’électronique s’intéresse au graphène, cette couche monoatomique de carbone, bidimensionnelle donc, que l’on peut réaliser à partir du graphite. Cette structure est similaire à celle des nanotubes de carbone, constitués d’un feuillet monoatomique refermé sur lui-même.

Les propriétés conductrices du graphène ont été mises en évidence et la possibilité de maîtriser sa résistance en fait un matériau possible pour réaliser un transistor. En clair, il pourrait remplacer le silicium. Son avantage est une compacité bien plus grande. Alors que les circuits classiques, à force de miniaturisation, finiront par buter sur des limites physiques, nanotubes de carbone et graphène permettent d’aller un cran plus loin grâce à une surprenante stabilité à l’échelle atomique qui, au moment de sa découverte, a donné du fil à retordre aux théoriciens.

Après les premiers travaux sur le graphène en 2004, les électroniciens n’ont pas été longs à s’emparer de ce matériau et à découvrir qu’il peut notamment faire un bon semi-conducteur et même se substituer au cuivre pour conduire le courant entre circuits…

Voilà une nouvelle étape : la mémoire permanente, stockant l’information en dehors de toute alimentation électrique. Actuellement, c’est la mémoire Flash des clés USB et des cartes mémoire qui tient ce rôle. Dans la revue Nature Materials, trois chercheurs de l’université Rice (Etats-Unis), James Tour, Yubao Li et Alexander Sinitskii, annoncent faire mieux avec du graphène. Sur des feuilles de graphite épaisses de 5 à 10 nanomètres (et donc composées de plusieurs couches de graphène), ces physiciens ont obtenu des états bi-stables, autrement dit la possibilité de mémoriser un bit d’information.

Un feuillet monoatomique de graphène. Les atomes de carbone sont distribués sur un plan. © Jannik Meyer

Un feuillet monoatomique de graphène. Les atomes de carbone sont distribués sur un plan. © Jannik Meyer

Cinq fois mieux que le silicium

Chaque petite zone enregistrant cette information mesure 10 nanomètres, à comparer aux 45 nanomètres Lire la suite



Le Conseil supprime l’amendement 138, mais Bruxelles gèle l’Hadopi
27 novembre 2008, 21 h 48 min
Filed under: internet, Libertés, politique | Mots-clefs: , , , , ,

Par Guillaume Champeau

Nicolas Sarkozy a réussi son bras de fer au Conseil de l’Union Européenne. Les ministres en charge des télécommunications ont accepté de supprimer du Paquet Télécom l’amendement qui faisait obstacle au projet français de riposte graduée. Cependant la Commission européenne, de son côté, a fortement critiqué le projet de loi présenté par Christine Albanel, et notamment sur la suspension de l’abonnement à Internet et l’irrespect des droits de la défense. Le texte devra être corrigé avant son adoption, ce qui gèle provisoirement les débats.

Fin du suspense. L’amendement 138 anti-riposte graduée que 88 % des députés du Parlement Européen avaient adopté a été rejeté jeudi par le Conseil des ministres de l’Union Européenne, présidée par la France. Il devrait faire son retour lors de la seconde lecture du texte au Parlement au premier trimestre 2009, mais probablement après le vote de la loi Création et Internet à l’Assemblée Nationale, prévu pour le début de l’année.

« Les citoyens doivent savoir comment fonctionne l’Europe. Ce n’est pas le Parlement européen ni la Commission qui sont éloignés du peuple mais le Conseil qui privilégie les petits arrangements entre amis pour favoriser les intérêts de certains au détriment de l’intérêt général« , regrette le député Guy Bono, à l’origine de l’amendement 138. « Le Conseil, à l’image de Nicolas Sarkozy, donne une piètre image de la démocratie européenne« .

L’eurodéputé souligne « les contradictions de la Présidence française qui dans plusieurs déclarations avait annoncé que cet amendement ne constituait qu’un rappel du droit existant et qui dans le même temps à mis tous les moyens en œuvre pour obtenir sa suppression lors du Conseil« . Guy Bono a prévenu qu’il redéposerait l’amendement en seconde lecture avec Daniel Cohn-Bendit, également engagé dans le combat contre la riposte graduée.

La victoire de Nicolas Sarkozy au niveau européen n’est cependant pas totale. La Commission Européenne, qui Lire la suite



Bon anniversaire Claude Lévi Strauss
27 novembre 2008, 21 h 16 min
Filed under: anthropologie, Culture, histoire | Mots-clefs: , ,

Crédit photo : www.flickr.com

L’anthropologue français Claude Lévi Strauss a 100 ans. A cette occasion, retour sur l’un des plus grands penseurs du XXe siècle, sur un humaniste qui a su apporter les clefs théoriques pour une compréhension de la vie sociale

Il y a de ces êtres humains qui sortent de l’ordinaire. Il y a des ces penseurs qui marquent une époque. Il y a de ces génies qui n’accèdent à la reconnaissance qu’une fois décédés. Trop peu sont ceux qui peuvent être discutés de leur vivant, honorés ou déshonorés pour leurs travaux. Claude Lévi Strauss est de ceux là, il a aujourd’hui 100 ans.

Une vie pour comprendre

Claude Lévi Strauss est avant tout un homme qui aime l’être humain. Un siècle d’existence dont une bonne partie consacrée à l’analyse de ses congénères résidant au fin fond de la forêt amazonienne. Anthropologue de génie, il a apporté aux sciences humaines une vision nouvelle sur ces peuplades du bout du monde trop souvent qualifiées de « barbares » par les explorateurs qui ont pu danser avec l’amazone. « Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » leur répondait-il. De toute manière, ces voyages et ces explorateurs, il les haïssaient, reprise du célèbre incipit de son best seller « Tristes Tropiques » paru en 1955. « Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité ». Une haine de ces voyages qui ne parvenaient qu’à saisir du bout du doigt ces cultures, sans jamais réussir à rentrer en profondeur dans leur constitution et leur fonctionnement. Des explorateurs qui colonisaient plus qu’ils apprenaient. Des explorateurs qui ne pouvaient se détacher de leur culture propre pour comprendre le différent. Le différent, c’était sa raison de vivre, c’était son métier. « L’anthropologie est une discipline dont Lire la suite



« Le couple voiture-hypermarché va disparaître »

François Bellanger, animateur du « think tank » Transit City

 Avec son système écologique de transport de personnes, la société Urban-Cab a offert une nouvelle manière de se mouvoir dans la ville.

Léo Ridet

Avec son système écologique de transport de personnes, la société Urban-Cab a offert une nouvelle manière de se mouvoir dans la ville.

Vos réactions

Sous l’effet de la crise, tout le monde s’affole, les clients m’appellent de partout », sourit François Bellanger. Ce spécialiste des modes de vie urbains est consultant pour des grands groupes français : Renault, PSA, Veolia, la SNCF, Orange, la Caisse des dépôts et consignations… Il anime à Paris le think tank Transit City, consacré à l’avenir de la ville, des transports, du commerce, dont le prochain atelier, vendredi 28 novembre, au Pavillon de l’Arsenal, débattra de la question : « A quoi ressemblera le voyage dans vingt-cinq ans ? »

Que vous demandent vos clients ?

Beaucoup d’industriels commencent à comprendre que leurs modèles sont essoufflés et se demandent comment les renouveler. Le logement n’a pas changé depuis Haussmann, à l’exception de la salle de bains. Les hypermarchés sont totalement dépendants de l’automobile et s’aperçoivent qu’ils ne captent plus les Lire la suite



Idéologie, langage et propagande
27 novembre 2008, 12 h 32 min
Filed under: Infostratégie, politique | Mots-clefs: , , , , ,

Colloque : Le discours du nationalisme en Europe, Mulhouse 27 et 28 Novembre 2008

Information, pouvoir et usage : l’infostratégie

Résumé :
La propagande, sous sa forme « moderne » est à peu près contemporaine de la première guerre mondiale, au moins par l’utilisation systématique de techniques qui se veulent scientifiques et par la mobilisation des mass media. Mais la contre-offensive – le décryptage et la dénonciation – commence dans les décennies qui suivent. Elle est menée par des chercheurs : leur ambition est d’en protéger les citoyens en leur en révélant les ressorts.
Le système de la propagande semble alors se résumer en quelques listes – règles, ressorts psychologiques ou figures du discours – comme le furent leurs ancêtres, les tropes de la rhétorique. Faut-il en déduire que la propagande obéit à des règles fonctionnelles universelles ? et que le contenu (le discours, l’idéologie que veut faire partager propagandiste) ne fait que se glisser dans une « forme » préexistante parce qu’efficace ? L’exposé suggérera au contraire que le choix du vecteur et de la méthode de propagande reflète un système de valeurs et une vision de l’histoire. Au stade de la conquête des esprits ou au moment de leur contrôle et de leur formatage (en particulier via l’imposition d’une langue spécifique, une fois conquis le pouvoir), la propagande fonctionne comme un tout.

Le contenu idéologique implique des voies et moyens licites pour faire partager l’Idée. Parallèlement, les modes de transmission disponibles déterminent ce qui est dicible et montrable pour répandre l’Idée. Une médiologie de la propagande devrait rendre autant justice aux modalités du faire croire qu’au contenu des croyances en expansion.

En guise de captatio benevolentiæ, j’implorerai votre indulgence par l’aveu de mon ignorance du sens exact de nationalisme, terme dont l’usage contemporain est surtout péjoratif. Pour ne donner qu’un exemple Milosevic (dont le parti se nommait pourtant « Parti socialiste serbe » et qui faisait partie de l’Internationale) est toujours été stigmatisé comme « nationaliste serbe », ce qui donne une idée de la gravité de la chose.

Le nationalisme serait, semble-t-il, un objet de croyance, une doctrine orientée soit par une revendication nationale (le projet de former ou d’élargir une nation, de la doter d’un État) soit par la référence à l’intérêt national idéalisé comme critère suprême.
Le Nous du nationalisme serait par conséquent un Nous hypertrophié, prédominant (par comparaison avec le Nous du patriotisme qui, lui, traduirait un attachement relatif, raisonnable, voire noble à son pays). La nation du nationalisme serait donc une communauté réduite aux excès : trop importante, survalorisée, trop identitaire, trop fermée à « l’autre ». Tel est du moins le discours dominant sur le sujet
La distinction nationalisme/ patriotisme, n’est pas sans en évoquer une autre qui n’est ni moins délicate, ni moins récurrente : celle qui sépare la pornographie de l’érotisme.

Comme la pornographie, le nationalisme – toujours suivant la doxa – pécherait par :

-goût de l’exhibition, de l’obscène au sens étymologique – ce qui est au devant de la scène et l’occupe de façon trop visible – car le nationalisme étale son identité nationale, il en est obsédé. Du reste, il aime les spectacles, défilés, cérémonies où l’on redit l’attachement à ce Nous mythifié.
– tendance à l’obsession : comme le sexuel pur prédomine dans la pornographie, le nationalisme dur ne « penserait qu’à ça » ; il jugerait de tout dans ce rapport à la Nation.
– archaïsme : de même que le porno serait le reflet d’un rapport homme/ femme dépassé par la libération de la seconde, le nationalisme serait un héritage du passé condamné par la mondialisation ;
– réduction : de même que le X est accusée de négliger l’amour ou les sentiments individuels en ramenant tout au physiologique, le nationalisme ramènerait tout choix politique à la question nationale, ignorant, par exemple la place de l’Universel ; il naturaliserait la fonction politique, envisagée comme seule relation de l’individu avec sa communauté d’appartenance à l’exclusion de tout autre choix (ou de tout autre déterminant comme la classe).
– violence : de même que le discours féministes voit dans la pornographie une domination symbolique du corps de la femme, donc une violence envers ses droits, de même tout nationalisme est suspect d’agressivité, et décrit comme porteur d’un projet latent d’oppression des autres nations.

Mais la comparaison avec la pornographie nous fournit une piste supplémentaire. Pour qu’il y ait pornographie, il faut qu’il y ait une prostituée (porné) ou une activité digne d’une prostituée, plus un « graphein », une écriture, un dispositif matériel de représentation de l’acte sexuel qui lui permet de toucher et Lire la suite



Idéologie, langage et propagande
27 novembre 2008, 12 h 26 min
Filed under: histoire, Infostratégie | Mots-clefs: , , ,

Colloque : Le discours du nationalisme en Europe, Mulhouse 27 et 28 Novembre 2008

Information, pouvoir et usage : l’infostratégie

Résumé :
La propagande, sous sa forme « moderne » est à peu près contemporaine de la première guerre mondiale, au moins par l’utilisation systématique de techniques qui se veulent scientifiques et par la mobilisation des mass media. Mais la contre-offensive – le décryptage et la dénonciation – commence dans les décennies qui suivent. Elle est menée par des chercheurs : leur ambition est d’en protéger les citoyens en leur en révélant les ressorts.
Le système de la propagande semble alors se résumer en quelques listes – règles, ressorts psychologiques ou figures du discours – comme le furent leurs ancêtres, les tropes de la rhétorique. Faut-il en déduire que la propagande obéit à des règles fonctionnelles universelles ? et que le contenu (le discours, l’idéologie que veut faire partager propagandiste) ne fait que se glisser dans une « forme » préexistante parce qu’efficace ? L’exposé suggérera au contraire que le choix du vecteur et de la méthode de propagande reflète un système de valeurs et une vision de l’histoire. Au stade de la conquête des esprits ou au moment de leur contrôle et de leur formatage (en particulier via l’imposition d’une langue spécifique, une fois conquis le pouvoir), la propagande fonctionne comme un tout.

Le contenu idéologique implique des voies et moyens licites pour faire partager l’Idée. Parallèlement, les modes de transmission disponibles déterminent ce qui est dicible et montrable pour répandre l’Idée. Une médiologie de la propagande devrait rendre autant justice aux modalités du faire croire qu’au contenu des croyances en expansion.

En guise de captatio benevolentiæ, j’implorerai votre indulgence par l’aveu de mon ignorance du sens exact de nationalisme, terme dont l’usage contemporain est surtout péjoratif. Pour ne donner qu’un exemple Milosevic (dont le parti se nommait pourtant « Parti socialiste serbe » et qui faisait partie de l’Internationale) est toujours été stigmatisé comme « nationaliste serbe », ce qui donne une idée de la gravité de la chose.

Le nationalisme serait, semble-t-il, un objet de croyance, une doctrine orientée soit par une revendication nationale (le projet de former ou d’élargir une nation, de la doter d’un État) soit par la référence à l’intérêt national idéalisé comme critère suprême.
Le Nous du nationalisme serait par conséquent un Nous hypertrophié, prédominant (par comparaison avec le Nous du patriotisme qui, lui, traduirait un attachement relatif, raisonnable, voire noble à son pays). La nation du nationalisme serait donc une communauté réduite aux excès : trop importante, survalorisée, trop identitaire, trop fermée à « l’autre ». Tel est du moins le discours dominant sur le sujet
La distinction nationalisme/ patriotisme, n’est pas sans en évoquer une autre qui n’est ni moins délicate, ni moins récurrente : celle qui sépare la pornographie de l’érotisme.

Comme la pornographie, le nationalisme – toujours suivant la doxa – pécherait par :

-goût de l’exhibition, de l’obscène au sens étymologique – ce qui est au devant de la scène et l’occupe de façon trop visible – car le nationalisme étale son identité nationale, il en est obsédé. Du reste, il aime les spectacles, défilés, cérémonies où l’on redit l’attachement à ce Nous mythifié.
– tendance à l’obsession : comme le sexuel pur prédomine dans la pornographie, le nationalisme dur ne « penserait qu’à ça » ; il jugerait de tout dans ce rapport à la Nation.
– archaïsme : de même que le porno serait le reflet d’un rapport homme/ femme dépassé par la libération de la seconde, le nationalisme serait un héritage du passé condamné par la mondialisation ;
– réduction : de même que le X est accusée de négliger l’amour ou les sentiments individuels en ramenant tout au physiologique, le nationalisme ramènerait tout choix politique à la question nationale, ignorant, par exemple la place de l’Universel ; il naturaliserait la fonction politique, envisagée comme seule relation de l’individu avec sa communauté d’appartenance à l’exclusion de tout autre choix (ou de tout autre déterminant comme la classe).
– violence : de même que le discours féministes voit dans la pornographie une domination symbolique du corps de la femme, donc une violence envers ses droits, de même tout nationalisme est suspect d’agressivité, et décrit comme porteur d’un projet latent d’oppression des autres nations.

Mais la comparaison avec la pornographie nous fournit une piste supplémentaire. Pour qu’il y ait pornographie, il faut qu’il y ait une prostituée (porné) ou une activité digne d’une prostituée, plus un « graphein », une écriture, un dispositif matériel de représentation de l’acte sexuel qui lui permet de toucher et Lire la suite



La justice donne raison à l’homme qui accuse la Française des jeux de tricherie
26 novembre 2008, 22 h 21 min
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Selon Robert Riblet, il n'existe qu'un seul "gros lot" par rouleau de 150 tickets à gratter. Une fois ce ticket vendu, les suivants sont perdants à coup sûr, ce qui induit une discrimination entre joueurs.

AFP/LOIC VENANCE

Selon Robert Riblet, il n’existe qu’un seul gros lot par rouleau de 150 tickets à gratter. Une fois ce ticket vendu, les suivants sont perdants à coup sûr.

La Française des jeux (FDJ) a perdu, mercredi 26 novembre, le procès en diffamation qu’elle avait intenté à Robert Riblet, un ingénieur à la retraite qui dénonce le manque d’intégrité des jeux de grattage en France. En quelques années, ce sexagénaire est devenu le cauchemar de la FDJ. Selon lui, l’opérateur n’aurait pas hésité à lui proposer 450 000 euros pour acheter son silence, ce que la FDJ dément. L’histoire est d’autant plus sérieuse pour la FDJ qu’une instruction est en cours à Nanterre pour « escroquerie et abus de confiance », à la suite d’une plainte de M. Riblet.

A Paris, le retraité était poursuivi pour avoir déclaré en février 2006, sur Europe 1 ainsi que dans des entretiens au Journal du dimanche (JDD) et à 20 Minutes, que les joueurs étaient « victimes de discriminations », certains d’entre eux « grattant parfois sans avoir aucune chance de gagner ». A ses yeux, la Française des jeux est responsable d’une « tricherie organisée ». Jugeant ces propos « diffamatoires » et « blessants à l’égard des neuf cents collaborateurs, trente-neuf mille détaillants et vingt-neuf millions de joueurs » de France, la FDJ avait assigné M. Riblet en justice.

UN GROS LOT PAR CARNET DE 150 TICKETS

Mercredi, la 17e chambre correctionnelle a relaxé M. Riblet, tant dans le dossier Europe 1 que dans le dossier JDD et 20 Minutes. Le tribunal lui a accordé le bénéfice de la bonne foi, estimant que le propos, « pour vif qu’il soit, ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d’expression dans une telle controverse ». Le tribunal relève même que l’ensemble des éléments de preuve apportés par M. Riblet « confère un assez large crédit aux faits objectifs » qu’il a relevés.

Selon Robert Riblet, dans chaque carnet de tickets, dont la valeur totale est de 150 euros, il y a environ 50 euros (soit environ un tiers) de petits lots afin de maintenir l’addiction des joueurs, les deux tiers restant étant perdants. M. Riblet reproche ainsi à la FDJ de court-circuiter le hasard en proposant des gains qui n’ont rien d’aléatoire. Lors de l’audience du 22 octobre, deux buralistes ont témoigné avoir constaté que seul un lot significatif était présent par livret. Certains accros du jeu au courant de la faille – voire certains buralistes – augmentaient ainsi leurs chances de gagner en ne piochant que dans les livrets n’ayant pas encore fourni le précieux ticket. A l’inverse, une fois le gros lot du carnet parti, les clients suivants n’auraient plus la moindre chance de toucher un gain important jusqu’à épuisement du rouleau.

En 2007, les jeux de grattage ont représenté 36 % du chiffre d’affaires de la FDJ, soit 3,441 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires global de 9,306 milliards d’euros. Contactée, la Française des jeux n’avait pas encore réagi mercredi en fin d’après-midi.

Source : lemonde.fr