Classé dans : Culture, Libertés, anthropologie, consumérisme, économie | Mots-clefs: capital, cognitif, finance, immateriel, internet, salopards
Le capitalisme mercantile, c’est fait.
Le capitalisme industriel, c’est fait.
La production est en Asie, les esclaves aussi, les usines infectes également.
Et les ressources ont été pillées un peu partout sur la planète. Les occidentaux commencent à se lasser des biens matériels qu’on leur a fait entasser dans leurs maisons toujours plus grandes et toujours plus éloignées. Et d’abord, ils n’ont plus les moyens, puisqu’on leur a piqué les emplois industriels pour leur refiler des emplois de service précaires et mal payés.
Quand ils ont du boulot. Et quand ils ne sont pas obligés de quitter leur maison et de partir sur les routes parce qu’ils ne peuvent plus payer le crédit.
Evidemment.
Faut trouver un moyen de faire du big pognon avec autre chose.
Passons donc au capital immatériel ou à l’économie du savoir
En vlà une idée qu’elle est bonne.
Joe Bageant nous explique ça avec ses mots dans: “Consciousness Capitalism: Corporations Are Now After Our Very Beings“
Publié dans AlterNet, le 1° août 2009.
Economie de la connaissance: c’est nos êtres-mêmes que veulent les capitalistes maintenant
Le capitalisme a violé les ressources de la planète. Actuellement, il ne reste plus aux groupes privés qu’à extraire l’expérience humaine de la vie, puis de nous la relouer.
Il y a quelques années, grâce à l’administration George W. Bush, j’ai bénéficié de cours de réalité politique. Le genre d’études qui vous fait prendre une cuite le soir et hurler et enrager à l’écoute de la moindre info: “Tu vois comment ces salopards de capitalistes se sont fait autant de pognon simplement en tuant des bébés en Irak? Et comment ils nous ont lavé le cerveau et nous ont escroqués pour tous les besoins humains, depuis les soins de santé jusqu’à l”‘eau potable?”, je disais à ma femme, furieux.
“C’est comme ça, pas autrement”, me répondait-elle. ‘”C’est un système”.
Ma chère femme pense souvent que j’ai pété un câble. Mais elle ne dit pas carrément à haute voix que je suis cinglé, parce que, faut dire, la franchise dans le mariage a des limites. En plus, je serais le premier à dire qu’elle a raison.
J’ai pété un câble, et je suis carrément en plein délire, vu à quoi est amarrée aujourd’hui la conscience collective aux Etats-Unis. Peu importe, je suis, comme je l’ai dit, en plein délire.
Quand je ne suis pas profondément déprimé. Ce qui est fréquent. Et c’est toujours, toujours, toujours, à cause de la dernière ignominie qu’a sortie le gouvernement/le capital – ces termes sont devenus ici interchangeables depuis au moins 50 ans, peut-être depuis plus longtemps.
Malgré ses faux-semblants et le consentement fabriqué, notre gouvernement n’est plus aujourd’hui qu’une arnaque d’intérêts privés, et il en sera probablement ainsi désormais.
C’est un truc de blancs, une tradition anglo-européenne. De plus, nous n’avons plus des dictateurs comme Hitler, ou un bon vieux despote implacable comme Idi Amin. Nous avons maintenant des bandes d’escrocs financiers en perruque poudrée ou qui portent des costumes achetés à Savile Row , des cartels de “larrons” de l’industrie et des banquiers racketteurs.
Les arnaques privées des blancs européens, en particulier dans le secteur bancaire, ont un passé vénérable de légitimité qui remonte au moins à l’époque où Guillaume le Conquérant avait accordé aux autorités qui administrent la Cité de Londres le droit de gérer le butin qu’il s’était constitué en Angleterre.
Malgré sa cruauté (il faisait écorcher les gens et pendre leur peau à leurs propres fenêtres, et si ça, c’est pas un signe de barbarie, je ne sais pas ce qui l’est!) Guillaume, exactement comme Allen Greenspan ou Bernie Madoffavit avait compris que la véritable puissance réside dans les temples de la banque et des opérations de change.
Même deux mille ans avant cela cependant, personne un tant soit peu sensé n’aurait osé s’en prendre aux cartels financiers.
Judée, année 26 après JC – “Ponce Pilate à Jésus: “Ecoute voir, tu es, il me semble, un jeune Juif sympa de … d’où ça déjà? Nazareth? Mais va falloir arrêter de faire le con avec les agents de change, parce que je récupère un pourcentage sur ces transactions, tu comprends? Alors, arrête de déconner avec eux. Et d’abord, tu vas renoncer à ce truc de Fils de Dieu, Roi des Juifs. il n’y a qu’un roi dans le coin et tu es pile devant lui. Alors, laisse tomber ces conneries, et on oublie tout ça, toi et moi. Sinon, j’ai deux larrons à crucifier demain, tu peux leur tenir compagnie, si tu veux. A toi de choisir.
Alors, c’est qui ton papa?
Je suis le fils de Dieu.
Prends-toi une croix en sortant”.
Et c’est sans fin. Comme l’a récemment montré le renflouement des banques, même Barack Obama, qui est descendu sur terre depuis Chicago avec 10 séraphins d’or qui lui tenaient les roupettes, ne déconne pas avec les agents de change. Ni avec les groupes bancaires, et pas (Lire la suite…)
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Ce que cette crise nous annonce, écrit Thomas Friedman, c’est que « Mère Nature et le marché » viennent de heurter un mur. L’éditorialiste du New York Times, pourtant jusqu’alors fervent apôtre de la mondialisation, semble transfiguré par cette révélation aveuglante qui l’a frappé sur son chemin de Damas. Ce nouveau – et fort inattendu – converti le clame désormais haut et fort. L’année 2008 sera celle du « Grand Bouleversement », celle où le monde aura pris conscience que le modèle de croissance non soutenable qui est le nôtre doit être radicalement transformé. Bienvenue au club.
Par Thomas Friedman, New York Times, 7 mars 2009
Quittons aujourd’hui le cadre habituel de l’analyse de cette crise économique, pour aborder un questionnement radical : Et si la crise de 2008 représentait quelque chose de beaucoup plus fondamental qu’une grave récession ? Et si elle nous annonçait que l’ensemble du modèle de croissance que nous avons créé au cours des 50 dernières années n’est tout simplement pas viable économiquement et écologiquement, et que l’année 2008 est celle où nous avons heurté un mur – celle où Mère Nature et le marché nous on dit tous deux : « assez. » Nous avons créé un système de croissance qui dépend de la construction de toujours plus de magasins qui vendent de plus en plus de produits fabriqués par de plus en plus d’usines en Chine, alimentées en électricité par de plus en plus de charbon, qui cause de plus en plus de changements climatiques, mais permettent à la Chine de gagner de plus en plus d’argent pour acheter de plus en plus de bons du Trésor US qui permettent aux américains de disposer de plus en plus de fonds pour construire de plus en plus de magasins qui vendent de plus en plus de produits qui dont la (Lire la suite…)
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Crédit photo : www.flickr.com
Il y a de ces êtres humains qui sortent de l’ordinaire. Il y a des ces penseurs qui marquent une époque. Il y a de ces génies qui n’accèdent à la reconnaissance qu’une fois décédés. Trop peu sont ceux qui peuvent être discutés de leur vivant, honorés ou déshonorés pour leurs travaux. Claude Lévi Strauss est de ceux là, il a aujourd’hui 100 ans.
Une vie pour comprendre
Claude Lévi Strauss est avant tout un homme qui aime l’être humain. Un siècle d’existence dont une bonne partie consacrée à l’analyse de ses congénères résidant au fin fond de la forêt amazonienne. Anthropologue de génie, il a apporté aux sciences humaines une vision nouvelle sur ces peuplades du bout du monde trop souvent qualifiées de « barbares » par les explorateurs qui ont pu danser avec l’amazone. « Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » leur répondait-il. De toute manière, ces voyages et ces explorateurs, il les haïssaient, reprise du célèbre incipit de son best seller « Tristes Tropiques » paru en 1955. « Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité ». Une haine de ces voyages qui ne parvenaient qu’à saisir du bout du doigt ces cultures, sans jamais réussir à rentrer en profondeur dans leur constitution et leur fonctionnement. Des explorateurs qui colonisaient plus qu’ils apprenaient. Des explorateurs qui ne pouvaient se détacher de leur culture propre pour comprendre le différent. Le différent, c’était sa raison de vivre, c’était son métier. « L’anthropologie est une discipline dont (Lire la suite…)

